I/HINDOUSTAN
nente; elles sont ordinairement organisées en ré^irnenls ?» un balnilon- Leur effectif est évalué à 300,000 hommes environ.
Les troupes anglaises comptent 72,500 hommes; les troupes natives régulières, 26,100 officiers anglais et 123,000 indigènes (1891). 11 y a, en outre, un corps de police de 1!!0,000 hommes, en partie commandés pin1 des officiers anglais.
Les princes de l'Inde consacrent une grande partie de leurs revenus à. l'entretien des troupes qui rehaussent le prestige de leur puissance. Aux anciennes armes défectueuses se substituent peu à peu des armes de nouveaux modèles; le* bandes iiTépilieres sont remplacées par des corps miens équipés, et quelques-uns sont pourvus de réserve'.
A quel rôle peuvent être appelées ces troupes, aujourd'hui que les guerres intérieures d'État à Étal sont éteintes et que les Anglais ont assumé ie soin de maintenir la tranquillité dans toutes les Indes? La plupart de ces princes, malgré leurs protestations de fidélité, supportent mal la tutelle anglaise et uni îles rêves d'indépendance. Quelle serait leur altitude le juin où les Anglais auraient iérieusenient à faire face a une attaque des Itusses?
I. On estime que les princes rajpoutes peuvent mettre sur pied 71,01111 hommes. L'armée ilu rajah d'Hydcrahad est évaluée a. 3S.OO0 Cautions et g, «00 cavaliers.
Le maharaja de Gwalior a une petite armée de 16,000 fpintnssins et
■ i.ins. Il ii apijli(|in.' dans ses Mats le système des réserves des Vint» européennes et, sur une [nipiihilimi de 3 millions d'urnes, il pourrait lever plus de l>0,000 hommes, la plupart instruits et disciplinés.
L'État d'indore a une armée de 10,001} hommes. L'Etat de Daroda dispose de 20,000 hommes environ. Lr maharaja de Kachmir entretient une troupe de 20,000 fantassins. 11 «ttrau de fournir un contingent armé lorsqu'il eu est requis.
Mu l'armée du Népaul est sur un pied très respectable : 21 régiments datante rie, armés et équipés a l'anglaise, et 2,<)00 artilleurs. LeNépaul
Ire [dus ili: liiii, Iininmes en carupairiie. Il a une noniliivusi.'
artillerie, une. manufacture d'urines, et une fonderie de canons.
Urinée anglo- indienne est alourdie dans une proportion effrayante
IWln tourbe des non-combattants {Camp-followers). — Un bataillon de
&Wpe« natives est suivi par une centaine de serviteurs et par un convoi
•1*300 mules conduit par nue centaine de muletiers.— L'n régiment de ca-
*»lprif indigène-, qui compte CDU chevaux, traîne i'i sa suite -it'ui serviteurs,
portant le fourrage, 2j0 mules, une centaine de muletiers.—
Mil de cavalerie anglaise, a 400 chevaux, s'allonge de 300 ani-
bil et de prés de B00 non-combattants. — Il faut ajouter a ces
■ iiurmes convois : éléphant?, chameaux, liO'uls, i.'ous. Dans la ■ d'Afghaniatan (1870), la colonne du général uiildulpli, forte de
■ battants, employa environ 60,000 betes de somme.
i EUROPÉENNE
L'empire des Indes serait si fortement ébranlé que la puissance même de l'Angleterre en serait alleinte.
Les Indes, dans les conditions économiques actuelles, sont devenues nécessaires à la vie de l'Angleterre. Cette immense colonie, exploitée par environ 100,000 négociants ou fonctionnaires, gardée par 72,000 soldats anglais et dont le budget dépasse 2 milliards de francs (1892), est un grand marché d'absorption pour les produits des manufactures anglaises, et l'on peut dire que la question indienne est le pivot principal de la politique extérieure de la Grande-Bretagne.
11 faut que les Anglais aient la liberté et la sécurité de leurs communications entre la métropole et l'Empire indien. De là, le soin jaloux avec lequel ils veillent sur la route maritime des Indes, les précautions avec lesquelles ils gardent les positions de Gibraltar, de Malte, d'Aden; de là aussi la nécessité pour l'Angleterre de dominer le canal de Suez de manière à ce qu'aucun bâtiment ne puisse y passer sans son agrément et qu'elle soit toujours maîtresse d'y faire circuler les siens.
Mais il ne faut même pas que la frontière de l'Inde puisse être menacée; l'Angleterre est donc impérieusement obligée d'assurer son influence et au besoin de porter ses armes audelà des montagnes de l'Afghanistan.
ChemînH dater. — Outre leur importance économique, les chemins de fer sont un des éléments principaux de la. défense des Indes. Une grande ligne remonte la vallée du Gange. Elle se prolonge par Lahore sur Peshawer, en face des passes du Kaboulistan.
A Lahore s'embranche une ligne qui descend la vallée de l'Indus, jusqu'au port de Kurrachee.
Sur cette ligne s'embranche, à Shikarpour, la ligne du Beloulclustan, qui conduit dans la direction de Kandahar.
Bombay est relié a Allahabad par une ligne directe qui se raccorde avec la ligne du Gange. Une deuxième ligne conduit de Bombay à Madras, Pondichéry, et Tuticorin. Le réseau de l'intérieur se complète progressivement.
Bombay est, non seulement, la principale ville de c l'Inde, son principal port d'échange avec l'Europe, c'est aus position militaire capitale du pays. Les navires peuvent fai irajet de Plymouth à Bombay en 23 jours.
L'AFGHANISTAN'
L'Afghanistan, qui est interposé entre les frontières russes et anglaises, serait pour les Indes une protection efficace, si les Anglais pouvaient, tout en affirmant son indépendance, donner à ce pays une organisation régulière, un système de défense sérieux, et une armée respectable. Malheureusement, l'étal de désagrégation de l'Afghanistan, les rivalités des princes, les révoltes des sujets, sont des causes multiples qui le préparent à subir l'infiltration dangereuse de l'influence de ia Russie, si l'Angleterre elle-même ne la devance pas. C'est bien ce qu'elle s'efforce de faire, ou plutôt ce qu'elle se résigne à faire, car elle rapproche ainsi le moment où ses propres troupes seront en face des troupes russes, et c'est là surtout ce qu'il faudrait éviter.
On comprend ordinairement sous le nom d'Afghanistan le territoire qui s'étend depuis l'Amou-daria jusqu'aux frontières de l'Inde anglaise ; au sud, il confine au Beloutcbistan ; à l'ouest, à la Perse ; ces dernières limites, encore fort mal définies, ont été l'objet de contestations fréquentes qui ont appelé, maintes fois, l'intervention etl'arbitrage de l'Angleterre. Sa superficie égale celle de la France; mais sa population, les documents russes, ne dépasse pas 8 millions d'habitants. Il se partage en un certain nombre de khanats ou de provinces dont les gouverneurs sont plus ou moins indépendants et ne reconnaissent guère la suprématie du khan de Kaboul que lorsque son autorité s'impose par la force.
L'Afghanistan est couvert parles ramifications du l'Uindou-koucli. Uaiis son ensemble, on peut lo comparer h une immense pyramide ™Mle sommet serait àl'ouest de Kaboul, auIioukh-i-Haba(;i,2uum.), M tonl les faces correspondraient au bassin de l'Indus à l'est, au
•i OnuoRerla carte Caucase H Pamir, Allas général.
AFGHANISTAN
bassin de l'Amou-daria au nord, à celui du lac Hamoun1 auaud-oueat, et à celui des steppes Turkmènes au nord-ouest.
Vers le centre de la région, dans le Koukh-i-Baba, se trouve Bataîart, une des clefs de l'Afghanistan, d'où l'on descend vers l'Amoudvta par le Sourkhab, vers Kaboul par le col d'Hadji-kaksk, vers Kandahar par l'Helmund.
Le versant du nord, c'est l'ancienne Boctriane. La ville de Balkh, construite sur l'emplacement de Bactres, était, il y a peu d'années ore, la ville nolable de cette région ; elle est aujourd'hui déchue, ruinée, et presque abandonnée par sa population, qui s'est groupée autour de Mazar-i-Cherif (le tombeau d'Ali), sorte de chef-lieu administra tif.
.es autres petits khanats du nord sont ceux de Badakchan avec la ville principale de Faïzabad {(0,000 h.) ; de Houndouz, dans une région malsaine; de Khoulm; d'Ankoi (i'i,(Kl(> h.) et de Meiméne. Meïmène est une ancienne forteresse quia été ruinée en 1874 par un siège dans lequel les Afghans firent périr 18,000 personnes.
Sur le versant de l'est, descendent les vallées de Gomoul, de Kou~ fWim et de ia rivière de Kaboul, qui sont tributaires de l'Indus, et ouvrent les roules de l'Hindoustan; les deux premières sont peu peuplées.
Le Kaboulistan {vallée de Kaboul) est considéré comme le centre politique de l'Afghanistan, et on lui attribue 4,300,000 hab., c'est- .i-iiiic environ la moitié de la population totale de ce pays. Kaboul lait. 1 MO m.), 60,000 hab. env.
La vallée du Kaboul, qui conduit dans les Indes, est barrée par une cluse que défend, à l'ouest, la ville de Jelalabad, à l'est le fort li'Mi-Mir.gid; la route traverse les délites du Knyber-pass, et aboutit à Pcshtiwer, tête du chemin de fer.
La rivière de Kaboul reçoit, sur sa rive gauche, le JtamarfTcliitral), qui descend des montagnes du Kaiirlstan, dont les centres principaux sont Uastoudj et Tchitrat1 {3,000 hab., ait. 2,140 m). Ce pays 1res difficile est habité par des populations indépendantes de fait, Bont pas musulmanes (d'où leur nom de kafir, infidèles).
I. llamoun, lac, mot persan. Les marais, ou hamoun, dans lesquels se ■ ■■:-. eaux de l'Helmund, sont actuellement transformés en belles finiries; dnns la partie du nord, il y a eacore de l'eau et des joncs.
t. Le Tchitral a etf traversa par les voyageurs français Bonvalot, Pépin, et Camus, dans leur voyage du Turkestan aux ludes par le Pamir
Le versant du sud-ouest envoie ses eaux dans le bassin du lac Hamoun.
Les vallées supérieures des rivières de ce versant sont encore peu connues; les principales d'entre elles sont, en allant de l'ouest à l'est :
L'Haroud, qui passe à Sabzaouar;
La rivière de Farrah, qui passe à Fmrah, ville ruinée, et à Lnck, importante ville afghane du Seistan, sur la frontière de Perse;
La rivière de Khach.
L'Helmund réunit les eaux de la région de Kandahar. La roule d'Hérat le traverse à GirieMc , seul endroit où il soit guéable; sa largeur est très variable; on a mesuré en ce point 90 métrés, au commencement do mai, et -1,000 mètres à la fin du même mois, après la fonte des neiges. La vallée de l'IIelmund est intéressante, parce qu'elle est suivie par la route qui conduit dans le Seistan, et que c'est la seule direction par laquelle on puisse traverser les steppes du sud de l'Afghanistan.
L'aflluenlle plus notable de l'IIelinund est TArgandab (r. g.), qui lui-même reçoit un grand nombre de cours d'eau. En aval du confluent de l'Argandab, l'Helmoimd devient navigable.
Le Tarnak, affluent de l'Argandab, coule dans une longue vallée qui conduit de kandahar à Kaboul, par Ghazni.
Kandahar [Mcxandria ad Parapomisum) (1,145 m., 40,000 hab.) est sur la croupe qui sépare l'Argandab du Tarnak.
Entre les versants de Kaboul et de Kandahar, se trouve le bassin fermé du lac salé d'Istada, et, dans le voisinage, la ville forte de Ghazni, ancienne capitale des sultans ghaznévides, qui conquirent l'Inde (2,850m. d'alt. 15,000 liab.).
Le versant des steppes turkmènes est drainé par le Hourghal) (.Vru'i/ifs) et par l'Héri-roud (AWus) ou rivière d'Hérat.
Eèrat (45,000 hab.) {Alexandrin Ariorum) est une des positions les plus importantes de l'Asie centrale, à égale distance de la Caspienne et de l'Iiidus, de la mer d'Aral et du golfe Pcrsique, au débouché des montagnes du Khorussan. Les Persans ont maintes fois tenté de s'en emparer. Nadir-Scbah disait que le Khorassan est le sabre de la Perse, et que celui qui possèdo Ilérat en tient la poignée.
Construite sur un terrain dominant, la ville est entourée de hautes murailles ; elle est commandée par une citadelle. Des ingénieurs
L'AFGHANISTAN
anglais ont récemment complété et réparé les défenses de celte place, qui est le centre de routes importantes :
d'Hérat à McchUhed, ressources en vivres et en fourrages 350 kil.
de MechbhedàAslerabad sur la Caspienne 480 —
Total d'Hérat à la Caspienne, env 830 kil.
C'esl la distance de Paris à Marseille.
d'Hérat à Merv, par la vallée du Hourghab. 380 kil.
d'Hérat à Kandahar, bonne route, peu de ressources 480 kii.
de Kandahar, à Kaboul par Ghazni 400 —
Total d'Hérat à Kaboul, env 040 kil.
La route directe d'Hérat a Kaboul par la vallée de l'Hëri-roud est 1res difficile et peu suivie. Si l'on veut éviter Kandahar, on doit remonter au nord par lleimène, Ualkh, Kboulm, et Koundouz.
La roule de Klioulm à Kaboul, par Ramian (120 kil.), est une des routes historiques des invasions mongoles; et la direction ordinaire «les caravanes entre le Turkeslan et l'Inde. On franchit l'ilindoukouch à la passe de Hadji-kaksk (;i,700 ni.). Le col est libre de neiges pendant sept mois ; l'artillerie de campagne passerait sans trop grande difficulté.
Le chemin de Koundouz passe au col de Seratang (4,575 m.), et deKend sur Tckarikar, qui occupe l'emplacement d:une ville fondée . far Alexandre.
Routes entre l'Hindoustan et l'Afghanistan. — Les routes sont nombreuses entre l'Afghanistan et les Indes; elles franchissent les montagnes dans de longs défilés.
Kaboul, Ghazni, et Kandahar sont les trois points de départ principaux.
deKaboulàPeshawer par leKhyber-pass 309 kil.
C'est la route directe. A l'est du défilé est le fort d'Ati-Mitzgid; a l'ouest se trouve la ville de Jelalabad.
ilf Kaboul à Kohal, par le col de Schntur-gardan, le col de Pei-
war, la vallée du Kouroum, le fort de Thull. Ce chemiu est infesté
; çt rarement suivi par les caravanes ;
de Ghazni, par la passe de Gomoul, à Déra-Ismaïl-Khan, 490 kil.,
■ii.uk'mps encombré du nei^e et si étroit en certains endroits,
que les chameaux chargés y passent difficilement ;
■" .ndahar à Shikarpour, par le Bolan-pass 300 kil.
Celte dernière est une des principales voies commerciales de l'Inde; elle passe par Quetta, où les Anglais ont des approvisionnements de guerre, el franchit les chaînes de la r. d. du Lora, soit au col de Khodjak (2,280 m.), soit à celui de Gwadja, moins ordinairement fréquenté, mais plus bas. Un chemin de fer, qui part de Shikarpour, passe au nord du Bnlan-pass; terminé jusqu'à Chamao, au delà du col de Khodjak, il doit être prolongé dans la direction de Kandahar.
Un ennemi qui se proposerait d'envahir les Indes par le nord, aurait à se rendre maître successivement d'Hérat el de Kandaliar, mais il n'a pas d'avantage à suivre la route du Bolan-pass, qui conduit soit vers la mer, soit vers la partie la plus pauvre de la vallée de l'Indus. De Kandahar, il doit remooter par Ghazni sur Kaboul et prendre la route du Khyher-pass, qui conduit dans le Punjab, et de là, vers la vallée du Gange, c'est-à-dire vers les parties les plus peuplées et les plus riches. C'est celte direction qu'ont suivie tous les conquérants, depuis Alexandre jusqu'à Nadir- Se h ah.
Ueloutchlslaiu
Les Anglais ont imposé, depuis 1831, leur proctectorat au khan béloulchi de Kélat; ils ont un résident auprès de lui, lui donnent des subsides et ont, à plusieurs reprises, envoyé des troupes rétablir l'ordre dans ses États; ils ont mis garnison à Quetta. Depuis )883, ils ont formellement annexé le nord du Beloutchistan {districts de Pischin, Sibi, Tal, Chotiali).
La population (lu lîeloutchislan est musulmane; elle n'est évaluée qu'à 330,000 hah. envirou, dont 20,000 à Kélat.
L'AFGHANISTAN
Les Anglais en Afghanistan.
Les Anglais considèrent l'Afghanistan comme un rempart de protection pour les Indes. Ils s'efforcent d'y maintenir leur influence et d'organiser ce pays en marche militaire on avant de leurs frontières.
Les Afghans sont un peuple vigoureux, rude, musulman, guerrier, impatient de la domination étrangère, capable de résister longtemps dans ses montagnes; son absorption soit parles Russes, soit par les Anglais, présentera de fort grandes difficultés et ne sera sans doule pas réalisée d'ici longtemps. L'histoire des dernières années est instructive à cet égard. Elle montre les péripéties de la lutte d'influence de la politique anglaise et de la politique russe.
En 1B37, les Persans, qui paraissaient encouragés par les Russes, «siégèrent Bërat ; un officier anglais réussit à pénétrer dans la place el en dirigea la défense, qui dura dix mois (sept. 1838).
Craignant que ces entreprises ne se renouvelassent, les Anglais résolurent d'occuper l'Afghanistan.
Campagne de 1839-1842. — Au mois de février 1839, sir John hua entra par le Bolan-pass avec 6,000 Anglais et 12,000 natives. 11 s'empara de Kandahar (2!> avril) sans coup férir.
Ghazni, qui était réputée la meilleure place du pays, fut enlevée [H juillet) après un combat de 3 heures et avec une perte minime (tï lues et 165 blessés). Quelques jours après (7 août), l'armée «glaise arrivait à Kaboul, où elle était ralliée (3 sept.) par une deuxième colonne qui avait franchi !e Kliyber-pass.
Le khan de Kaboul, Dost-Mohammed, se rendit à discrétion. Une garnison anglaise et un résident furent laissés a Kaboul.
Hais, peu après, une insurrection éclata; le résident et plusieurs officiers anglais furent massacrés, et la garnison dut consentir une capitulation humiliante qui l'autorisait à repasser la frontière.
Au mois de janvier 1842, une colonne de 4,500 soldats el 12,000 îrmanls, sans compter les femmes el les enfants, reprit le chemin i1 n Indes, La misère, le froid, la faim, en firent périr un grand nombre, puis la colonne entière, cernée dans les défilés par les mon-
l-agnards, y fut massacrée. — Un seul officier, le docteur Bridon, put s'échapper et apporta la nouvelle du désastre a Jelalabad,
Les Anglais en tirèrent vengeance. Au mois de juillet, ils réoccupèrent Ghazni et Kaboul; ils en firent sauter les remparts, mais ils se retirèrent ensuite définitivement au delà de I'Indus.
Le souvenir de ce malheur pesa longtemps sur la politique du gouvernement des Indes; tout en maintenant de bonnes relations avec Dost-Mohammed, il adopta une attitude d'inactivité passive. En 1834, il signa un traité avec le khan; il lui fournit un subside pendant une guerre contre la Perse, et celui-ci resta iidéle à celte alliance pendant l'insurrection de 1836.
Il mourut en 1863 et fut remplacé par son fils Schir-Ali, qui eut à lutter contre plusieurs compétiteurs. Schir-Ali fil, à plusieurs reprises, des ouvertures au gouvernement deslndes, qui les accueillit froide m ment, se bornant à déclarer qu'il reconnaîtrait loul pouvoir de fait établi dans l'Afghanistan'.
Schir-Ali aurait voulu conclure un traité qui lui garanllt l'intégrité de ses États. Ce résultat n'ayant pas été obtenu, il se jeta du côlé des ltusses. Il interdit le passage sur ses États à une mission anglaise qui revenait de Kacligar; il maintint dans une sorte de captivité le fonctionnaire indien qui représentait le vice-roi à Kaboul, et refusa les subsides qui lui étaient offerts ; il accueillit, au contrai», avec grands égards (1877) une mission russe (général Stoliélof).
Ces événements se passaient au moment de la guerre turco-russe de 1877-1878.
L'Angleterre, pour arrêter les progr&s des Russes eu Asi.\ en ce moment le projet de réunir, dans une action commune, la Turquie, la Perse, et l'Afghanistan; ses agents devaient s'efforcer dVxciter les inquiétudes du sehah de Perse, dont ils s'assurèrent, en effet, le concours éventuel ; ils devaient chercher à organiser h'S Turkmènes et, même, fomenter une insurrection dans le Turkestan russe, D'autre part, le Sultan fut chargé de faire des ouvertures au khan de Kaboul. Schir-Ali, d'ailleurs, ne les accepta pas'; il réfuta de
t. Le colonel Rawlinsoa, un des officiers le mieux nu courant i tiona asiatiques, a formellement critiqua cette immobilité i ■■■ pi celte masteriy inacltuit;/. « qui ;i clirui^i eu ennemi un nomme dont on aurait pu se faire un allié utile et lidéle. »