‹ L'expansion européenneChapitre 62 sur 160 · tb.2 ô ë o o o 6 5 ^ 3 «6 » © o g P « fl · texte numérisé non relu

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En allant du nord au sud, on trouve d'abord le gouvernement de Tchili [1) avec la capitale Pékin ; sa population est la moilié de celle des Iles-Britanniques, sur une superficie presque égale. C'est une des provinces les plus pauvres.

I.e gouvernement de Chan-tuuivj jll), de superficie moilié moindre que le précédent, a une population un quart plus forte. C'est une des provinces les plus riches.

Le gouverneur de Nankin (III) a sous son autorité trois provinces, dont la population est presque le double de celle des Iles-Britanniques, sur une superficie d'un quart plus grande.

Le gouverneur de Fou-lcMou (IV) commande une population double de celle de l'Espagne, sur une superficie moilié moindre.

Les provinces de Hou-peh et de Hùti-nan forment un gouvernement dont la capilale Ou-tchan», avec les villes contîgues de Ilan-keou et Han-yang, comptaient, il y a 40 ans, 8 millions d'habilants. Ruinée par la révolte des Tai-ping, cette agglomération a encore environ 1,500,000 hab. Ce gouvernement a une population presque double de celle de l'Italie sur une superficie à peu près égale.

Le gouvernement du Ho-nan (VI) a une population moitié moindre que celle de l'Empire allemand, sur une superficie qui en est le tiers.

Le gouvernement de Chan-si (VII), dont l'étendue est supérieure 1 celle du précédent, a une population moitié moindre.

Le Chen-si et le Kan-sou (VIII), qui englobe une partie du désert te Gobi, forment on gouvernement aussi vaste que la France, mais *'ecune population de moitié.

n (IX) renferme une population presque égale à celle 'le l'Empire allemand, sur une superficie semblahle.

UHHM-/1I est le chef-lieu d'un gouvernement (X) formé de deux provins montagneuses; sa population est un peu moins dense 9°8 telle de l'Espagne et du Portugal, sur une superficie un peu ■ooinrtrc.

' j* deux provinces de Kouang (XI) : Kouang-si et Kouang-toung,

littnptes du Tonkin, avec Canton comme capitale, ont une popu-

i superficie comparables à celles de l'Allemagne.

ÏXPANN10N Ei:R01-'liENNE

Les pays des Ticii-chan.

Au pied du Pamir, encadré par les chaînes Jes Ticn-chan (monts Célestes) au nord, par celles du Kouen-lun, de l'Allyn-lagh, el des Nan-chan, au sud, est un vaste territoire que les Chinois appellent Sift-tàhmij (le nouveau leniloire'i; il forme un gouvernement administré directement par les fonctionnaires chinois, comme les autres gouvernements de l'Empire.

Les géographes ont donné à ce pays différents noms. On l'a appelé Turkeslan oriental ou Tarlarie chinoise, parce qu'il est habité par des populalions turcomaues, pour la plupart musulmanes. Plus récemment, on a donné le nom île Kaehguiie, du nom de Kacbgar, sa ville principale, h la pailie la plus occidentale. C'était, dans l'antiquité et au moyen âge, le passage des caravanes qui apportaient les soies de la Chine.

Au ["siècle de l'ère chrétienne, les Chinois en étaient déjà maîtres. Vers le vin" siècle, l'islamisme s'y introduisit. Plus tard, les Mongols y dominèrent avec liengis-khau el ses descendants. Les Chinois y revinrent; ils ouvrirent des roules, administrèrent habilement le pays et en développèrent les richesses. En 1760, on y comptait six grandes villes, d'où le nom d'AUlchar, ou pays des sii villes : Kachgar, Varkand, Iihotau, ïanghissar, Aksou, Outc-h.

De 1823 à 1831, des insurrections musulmanes troublèrent la contrée; les Chinois rétablirent leur autorité; mais, en 1802, la guerre sainte fut, de nouveau, pr6ch.ee, et les garnisons chinoises massacrées. Les musulmans appelèrent, pour le mettre a leur tête, un ancien prince du pays, Bouzourouk-khan, qui vivait à Kokan. Celui-ci amena avec lui un chef du nom de Yakoub-beg, homme de basse origine, mais qui avait acquis un certain renom de bravoure et de capacité dans la guerre contre les Russes.

Yakoub prit le commandement et réduisit les dernières garnisons chinoises restées dans le pays; peu dt> lemps après, pour se débarrasser de son souverain Bouzourouk-khan, il le fil partir pour un pèlerinage à la Mecque et lit reconnaître partout sa propre autorité. Puis, il envoya une ambassade au sullan de Conslanlinople, qui lui conféra une sorte d'investiture religieuse et politique sur tous les musulmans de l'Asie orientale.

Les Anglais, qui avaient facilité le voyage de cette ambassade par les Indes et Bombay, essayèrent d'établir des rapports avec le uou-

L'EMPIRE CHINOIS

veau khan ; une mission conduite par sir Douglas Forsyth se rendit à Kaehgar. Partie de Kaebmir, elle traversa, au prix de fort grandes difficultés, les remparts de l'Himalaya, el du Kara-korum (la passe du Kara-korum esta 5,560 m. d'altitude)1; elle fut accueillie avec grands égards par Yakoub-beg, que cette démarche enorgueillissait, mais elle ne put que constater l'impossibilité d'ouvrir une route commerciale dans celte direction.

D'autre part, les Russes envoyèrent aussi des officiers en Kachgarie, mais plutôt pour surveiller ïakoub que pour appuyer son pouvoir. Du coté du nord-ouest, existent, d'ailleurs, des passades plus praticables : la route do Kokan à Kaehgar a été, en effet, fréquentée à toutes les époques; elle est jalonnée par les villes de Martjkelan. Andidjan, Q<:h, Cuv.Ucha, <4 le col de Tet'fk-itiivim (3,730 m.), dans les Tien-clian, et il leur était plus facile qu'aux Anglais d'exercer une pression politique sur le chef hardi que l'on appelait déjà le Bonaparte de l'Asie. Dès ce moment aussi, leurs officiers et leurs voyageurs explorèrent avec soin les pays limitrophes, l'Alai, le plateau de Pamir, et les passes de l'Hindou-kouch.

Cependant, les Chinois, avec cette persévérance et cette lenteur qui sont un des caractères saillants de leur race, reformaieot leurs armées sur les confins du désert, et, bientôt, Us allaient attaquer sérieusement la Kachgarie.

L'armée chinoise du nord-ouest avait été réorganisée par Tsotonng-tang, gouverneur du Kan-sou et du Chen-sî. M disposait de 25,000 hommes, pourvus d'armes européennes et de quelques canons, avec lesquels il traversa le désert de liubi. 11 prit successivement Aksou, Outch, puis Kachgar (déc. 1877).

Le royaume de Yacoub s'évanouit; lui-même fut tué dans un combat ou périt assassiné, et la domination chinoise fut rétablie iut tout le Turkestan oriental. Cette intervention armée n'avait pas été vue défavorablement par les Russes, qui facilitèrent le ravitaillement des troupes chinoises par la frontière de la Sibérie3. Mais, celle question réglée, la Chine réclama de la Hussie l'exécution de ses promesses au sujet de l'évacuation du territoire de Kouldja. Il lui était, en effet, nécessaire de rentrer en possession de ce pays, par lequel passe la route qui fait communiquer la Kuehgarie et la Dzoungarie. De son cûté, comme nous l'avons dît plus haut, la Rus-

1. 1,000 bétesde somme et 5,500 coolies furent employés au transport de i., mlMiong. Bnpportdu colonel i'rjewalski, 1871.

L'EXPANSION RUROrKlîNNK

sis ne voulait pa3 renoncer à l'espoir qu'elle avait caressé de le conserver; mais la Chine paraissait disposée à faire soutenir ses réclamations par l'armée bien organisée qui venait de reprendre la Kachgarie. Un premier traité fut signé à Livadia, en 1870, entre l'empereur de Russie et un ambassadeur chinois. La Russie devait conserver une portion assez étendue de territoire, et recevoir une indemnité de 5 millions de roubles. Ce traité fut désavoué par la cour de Pékin, et !e négociateur condamné à mort.

La guerre paraissait imminente, mais le tsar consentit à un nouvel arrangement '.

C'est depuis celte époque qu'a été constitué le nouveau territoire (Sin-tsiang). Il se divise en pays au nord des Tien-chan (Tienchan-Pe-lu), et pays au sud des Tien-chan (Tk-n-ehan-Nan-lu).

Entre les deux est le territoire de ['l\i[Kouldja}, de l'orme triangulaire, encadré de montagnes, el creusé par les vallées du Kousch, du Jionugez, et du Tekes, dont la réunion forme le fleuve Ili, tributaire principal du lac Ifalkhach.

Le ch.-l. du gouvernement de ces régions est à Ouroumtsi, ville de 20,000 hab. (!) env., importante surtout par sa situation prés du défilé de montagnes, par lequel passe la route de la Kachgarie par Karachar, et celle de Chine par Turfan el Khamit.

De l'oasis de Khamil, part, vers le nord, une autre route qui traverse les montagnes à un col de 2,700 m. environ el conduit à Ouroumtsi par liarkul.

Le pays des Tien-chan-Pe-lu se compose d'une série de bassins fermés au fond desquels sont de nombreux lacs d'étendue variable.

Le pays des Ticn-chan-Nan-lu correspond plus particulièrement à la Kachgarie. Il comprend le bassin du fleuve Tarim, qui se perd dans une dépression marécageuse, le Lob-nor*.

Le Tarim est le canal collecteur des eau* qui descendent de l'amphithéâtre des grandes montagnes des Tien-chan, du Pamir, et du Kara-korum. Les principales rivières sûnleelles dVUsou, de Kaçhgar, d'Yurkand, de Khotan el, beaucoup plus à l'est, celle de Teh Une route réunit ces dill'érenljs ailles, dont la plus importante est Yarkand, résidence du gouverneur chinois de la province.

1. Nous nv on.- di'j.l rapprii'ti!' pi,''.:ril',Hiiiir;nt cas iuriilr'iilr. Ynir p. IIJ.

■2. En 18S0-90, M. Bonvalot et le prince Henri d'Orléans ont tr.ivr.fi"- celte ri'gion. Partie de Kouldja, île out longé le Tarim, mit traversé les-J moutnguea désertes de r.Utyn-ln-li, se ilinjioiuil sur Lhaf'a, oiï il ne leurfut pas permis d'entrer, et fia reviurcut par le Yun-nan et lo Tonkia.

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