LA MONGOLIE
On donne le nom de Mougolie aux vastes espaces qui s'étendent depuis la Grande -Muraille jusqu'aux frontières de la Sibérie au nord, et aux provinces desTien-chanà l'ouest. Une population d'environ 2 raillions de nomades crie sur ce territoire, dont la superficie est évaluée a 3,300,000 k. c. et qui mesure 5,000 kil. do l'est à l'ouest, une largeur de S00 à 1,200 kil. La plus grande partie est un it:-i'[| sablonneux ou pierreux, battu par des vents violents, et dont la température esl extrême, les écarts dans une même journée allant pulbù de — 18° à + 20° (Prjewalski).
L'idtitude de ces déserts, qui sont un fond de mer desséchée, est d'environ 1,000 m. Celle de? montagnes bordiéres atteint 3,400 m. dans l'Altaï ; près do 3,000 m. dans les Khin-gao à l'est; elle dépasse 6,000 m. dans la chaîne des Nan-ehan et dans l'AUyn-tagh, qui les ^parent du Tibet.
On n'y rencontre aucun cours d'eau sur des espaces de 1,000 à I.jM k., à peine quelques marais salés, et, sur les routes des cara- 'anes, des citernes alimentées par les pluies d'orages.
La Mongolie se divise eu provinces, Lilianats ou gouvernements. Ceui qui sont voisins de la Chine sont administrés d'après les formes chinoises; mais la Mongolie, pays pauvre, de pasteurs nomades, est incapable de payer tribut. Son administration est, au contraire, une cause de dépenses. Les Mongols doivent a l'empettur de Chine un contingent évalué à. 280,000 cavaliers, dont il *rail, sans doute, difficile de réunir la dixième partie. Les gouvernements de la Mongolie sont, eu allant du sud au nord' : Alachan, près de la grande muraille; Qjuactou, ch.-l. Ouliassoutul; Kobdo, au pied des Tien-ciian; Bfin-noîn;
T*i bagataï, ch.-l. Tchougoutchak ; Tnchern, cb.-I. Ourga.
LsMribus obéissent a un grand nombre de chefs, plus ou moins nés les uns aux autres, et groupés en aïmaîis, sortes de «mmandeinenls militaires.
'• "'après l'almanach de Gotha (1892).
Pour nous y reconnaître, nous diviserons* le pays en :
1° Mongolie orientale, ou purs des Khalkhas, au nord du Pe- Ichi-li, comprise entre la frontière de Mnndehourie et la chaîne des monts Khingan. — Elle a pour ville principale la-hol (ou Tcheng-té), à 180 kil. de Pékin, avec env. 250,000 hab., ancienne résidence impériale jusqu'en 17!K>, centre des grands pays de chasse des empereurs. En 1860, lors de l'invasion franco-anglaise, l'empereur s'y réfugia. C'est un pays tempéré, qui produit, outre les fruits d'Europe, de grandes quantités de colon. Le Mongol pasteur y cède, peu à peu, le terrain devant le Chinois agriculteur.
2" Mongolie centrale, entre la Sihérie au nord et la Grande-Muraille au sud. — Dans la partie septentrionale s'étend un grand plaleau, ou plutôt un immense bassin de 200 lieues de largo, du nord au sud, dépourvu d'arbres, » une prairie sans fin, appelée par les Chinois Tsao-tai, la terre des herbes », sauf dans le désert pierreux du Cliarao mongol. L'altitude est de 800 à 900 m. au centre, et d'environ 1,200 m. sur les bord;;. Il est habile par les tribus des Tsakkars au sud, des EMlkhas au nord; ces tribus possèdent de nombreux troupeau* de chameaux, de bœufs, et de moutons ; sur la lisière sud, elles cèdent aussi progressivement la place à l'envahissement des Chinois.
A la Mongolie centrale, correspondent les provinces d'Alachan, de Sain-nom, de Tsetsen, de Tuchetu, de Djasactou. Elle est traversée par une route de caravane de Khalgan (Grande-Muraille), par Ourga, à Maimalchin (frontière russe).
Ouliassoutaï, dans la province de Djasactou, ville fortifiée, est la résidence du gouverneur chinois de la Mongolie du nord, et le principal entrepûl de commerce où les Mongols s'approvisionnent des marchandises chinoises, surtout du thé en briques, dont ils font une grande consommation.
3" Mongolie occidentale du Sud. — Sous ce nom, on peut comprendre :
a) les plateaux du Kou-kou-nor, entre la muraille septentrionale du Tibet, et les chaînes de l'Allrn-tagh et des Nan-chan, sur lesquels se trouvent les grands lacs du Kou-hou-nOT, du TMiiInm. du JSaryn-nor, et les sources du Hoang-ho et du Yan-lse-kiang. Vers le centre de ce pays, le Djin-ri s'élève à 6,500 m. C'est un désert do sables profonds, que seuls les chameaux peuvent traverser.