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LA CORÉE

La presqu'île montagneuse, encore presque inexplorée', mfime en ce qui concerne ses eûtes, à laquelle nous donnons le nom de Corée, forme un État dont la superficie représente les deux cinquièmes de la France. La Corne exerce sur ce pays une certaine suzeraineté, et, plusieurs fois, elle a envoyé des troupes pour affirmer ses droits. De son côté, le Japon a des prétentions semblables, et les maintient par la présence de quelques forces.

La capitale, Séoul (ou Han-yang), a 200,000 hab. env.

De tous les États de l'Orient, la Corée a été le plus rebelle à la pénétration étrangère. Quelques missionnaires seuls, bravant les persécutions, avaient réussi à s'y maintenir.

En 1866, deux évoques français et neuf prêtres catholiques, dont sept européens, avaient été juridiquement condamnes et misa mort. Le chargé d'affaires de France à Pékin invita l'amiral Itoze, qui commandait dans les mers de Chine, à se rendre à Séoul pour en tirer satisfaction. Au mois de septembre 1866, plusieurs navires français se présentèrent à l'embouchure de la rivière de Séoul, s'emparèrent de l'île de Kang-hoa et remontèrent jusqu'à la capitale. Un détachement fut débarqué, mais il fut arrêté par un des forts qui protègent la ville et perdit rapidement une trentaine d'hommes blessés, dont cinq officiers. L'hiver approchait, la navigation pouvait devenir difficile; l'amiral se résigna à quitter les côtes de la Corée sans obtenir satisfaction et sans pouvoir venger l'échec qu'il avait subi.

Cet incident eut un contre-coup grave ; à Pékin, la joie fut universelle ; les Français avaient été, disait-on, honteusement battus ;lM passions se surexcitèrent dans toute la Chine contre les Européens ^ et, peu de temps après, cette explosion de haine devait se manifeste; x-

1. Lea côtes de Corée, bordées par des Iles innomtiratilF.s, n'ont pas fe\,« relevées, dans toutes leurs parties, avec une esactitude suffisante. Qutkj^ & l'intérieur, il n'est connu que par quelques rapporta de missiouna-ir^

LA COKÊE

par les massacres de Français, qui se trouvaient a Tien-lsîn. Ces crimes restèrent impunis.

Cependant, le gouvernement de Corie, en présence des tentatives réilërées des Européens, sollicita les conseils de son suzerain; ce fut Li-hung-!i?hang qui futcliaryé de lui répondre, et voici la consultation qu'il adressa à Séoul:

ii II eiiste en Europe un royaume qui s'appelle la Belgique ; il esl peu étendu et faible, mais entouré de puissants voisins dont aucun ne le menace, parce qu'aussitôt les autres se ligueraient contre ce dernier; dans ces conditions, la Belgique est librement ouverte à tous. Lorsque nous, Chinois, nous avons voulu résister aux Anglais, qui voulaient pénétrer chez nous contre notre volonté, ils se sont unis avec une autre nation, et des traités nous ont été violemment imposés.

« Depuis lors, l'Empire est ouvert au commerce du monde ; les invasions nouvelles sont impossibles par la diversité des intérêts que poursuit chaque puissance ; notre sécurilé ne court plus aucun danger. Ouvrez donc la Corée ; c'est le seul moyen de la soustraire aux coups de main de l'étranger... Cependant, ajoute le conseiller chinois, ayez soin de stipuler dans les traités que vous ne consente ni à l'introduction des missionnaires, ni au commerce de l'o-

Cette note caractérise Lien la politique de la Chine. C'est, en effet, sur les rivalités et les conflits des puissances européennes que comptent les Orientaux pour nous résister.

Les traités de 1878 ont ouvert au commerce étranger Iiïs trois ports de Cldmoulpo, Fousan, et Ge-nsan; mais la Francu n'a pu encore obtenir, en faveur des missionnaires, les garanties qu'elle réclame comme protectrice traditionnelle des intérêts Chrétiens dans l'Extrême Orient.

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