‹ L'expansion européenneChapitre 78 sur 160 · Capitaine Vincent dans l'Adrar, enseigne de vaisseau Booi · texte numérisé non relu

Capitaine Vincent dans l'Adrar, enseigne de vaisseau Booi

les Maures Brabna, sous-lieutenants Pascal et Lambert dans le Foula Djallon, etc.

L'AFRIQUE C1ÎNTH

du docteur Quintîn auprès d'el-Hâdj (18Ô3). Par suite de la mort d'el-IIùdj et des troubles qui la suivirent, ils furent retenus deui. ans par Ahmadou, (ils et successeur d'el-Hàdj. Ils en rapportèrent cependant un traité.

Les événements de 1870 détournèrent, pendant plusieurs années, l'attention de la France des questions coloniales. Les projets du généra) Faidherbe furent repris par le colonel Brière de l'Isle, en 1878, et bientôt étendus. — Ou se proposa d'atteindre le Muer et on ébaueha, a cette époque, le rêve de relier l'Algérie au Sénégal par une voie ferrée, Le port de Saint-Louis étant souvent inaccessible, on agrandit les installations île Dakar et l'on cummciira une. ligue ferrée de Dakar a Saint-Louis (263 kil.)1.

Comme le Sénégal esl navigable jusqu'au* Kayes, ppndant une partie de l'année, la construction de !a section de Saint-Louis aux Kayes fut ajournée, et l'on s'occupa, -de suite, de I établissement d'une voie au delà des Kayes. Dans ce but, un fort fut créé à Bafoulabé, et une mission (capitaine Galîiéni; - envoyée a Ségou près il'Ahmadou. La mission arriva sans encombre aKilu, mais elle tomba dans une embuscade au village de Bio (40 kil. nord-ouest de Bammako). Le convoi fut pillé; la mission put, néanmoins, atteindre lifimmako. Le capitaine Galliêni passa !e Niger et se dirigea sur Ségou, mais il fut arrêté et retenu pendant 8 mois au village de JViinqo (40 kil. sud de Ségou). Inquiet >\<- l'approche d'une expédition militaire commandée par le colonel Borgnis-Desbordes, qui consliuisit un fort à Kila et enleva, de vive force, la citadelle de Goulimilin, Ahmadou conseutit en fin au départ du capitaine Galbent et signa un traité qui, d'ailleurs, ne devait guère le gêner.

Depuis cette époque, chaque année, pendant la saison sèche (novembre à avril), une expédition fut dirigée vers la région du haut Sénégal et du Niger, afin d'en achever ia prise de possession et de ravitailler les postes. Un marabout de race maliuké, Samory, avait réuni des forces imposantes, dominait le pays par la terreur, et le ravageait.

1881-1882. — Le colonel Borguis-Uesbordes traversa le Niger, brûla son camp, et dispersa ses troupes à Kùniâra {43 kil. r. d.). — Construction des forts de Bafbutabé et de BuduumW.

). La ligne fut inaugurer le tî juillet 1835.

2. Le capitaine Gallium et. lit ac.i^.nipii^iiL' des lieutenants Valliere L des docteurs Toutoin et Bayol, et de 3Q tirailleurs.

1882-1883. — (Colonel Borgnis-Desbordes) : construction du fort do Bammako sur le Niger et du fort de Koundou. On transporte sur le Niger une canonnière démontée.

1884-1885. — (Commandant Combes) : construction des forts de Routi-hoTû el de Niagassola.

1885-1886. — (Colonel Frey) ; la colonne du haut fleuve bat, à plusieurs reprises, les troupes de Samory et lui impose un traité de pacification; mais, à la même époque, un marabout Loucouleur, Mabmadoii Lamine, insurgeait le pays au sud de Bakel. Le colonel Krey le refoula sur la Gambie.

1886-1887. — (Colonel Galliéni): opérations contre Mahmadou

1887-1888. — (Colonel Galliéni) : Mahmadou Lamine est tué à Toubakouta, et lo pays définitivement pacifié. Conslruclion des forts de Siguiri, sur le haut Niger, el de Tfyamina, en amont de Ségou.

Pendant ce temps, la canonnière lo Niger (lieutenant de vaisseau Caron) descendait, pour la première fois, le fleuve jusqu'à Koriomé, port de Timbouclou, nuis n'entrait pas en relations aveclapopulation, qui se montrait hostile (1887).

Le capitaine Audeoud se rendit de Siguiri à Ttmbo, cli.-I. du Fouta- Djallon, et rejoignit la cote à Benty.

1888-1889. — (Commandant Archinard) : les hostilités sont reprises contre Samory, tandis que des relations amicales s'établissent avec son rival Tiéba, dont les États s'étendent plus au nord. Prise de Koundian (r. d. du Niger, à 100 kil. sud-est de Siguiri) ; création du poste de Kouroussa.

1890-1891. — (Lieutenanl-colonel Archinard) : campagne contre Ahmadou, roi de Séguu; occupation de Urgoit; prise d'Oiuisebougou (r. g. du Niger, à 100 kil. ouest de Ségou); création du poste de Kouniukari. au nord desKayes.— Le 1er j an v. 1801, prise de vive force de Nioro, la deuxième capitale d'Ahmadou, dont la puissance esl dès lors ruinée. Mais Samory rentre en campagne ; le coloutl Archinard se porte contre lui, s'emparede Bissandougou (1S0 kil. sud de Siguiri) et de Ktrnkan (10 avril), où un poste fut créé.

1891-1892. — (Lieutenant-colonel Humbert) : campagne contre Samory. L'n poste fut créé à Bùsandougou. La colonne poussa jusqu'à Saiumkoro et Kt'rouane, où dos postes furent installés, et détruisit, à Toukoro, les approvisionnements d'armes et de vivres de Samory (Ufêv.).

L"AFMQL'E CENTRALE

1892-1893. — Le lieutenant-colonel Combes, parti de Kankan, pousse jusqu'à Guêti'iia, et bouscule Samory, qui se retire vers l'est en ravageant le pays, dont il massacre les habitants.

1893-1894. — Tandis que les canonnières descendent le Niger, le lieutenant-colonel ISomier, suivant la route de terre (r. d. du fleuve), arrive à Timbouctou, qu'il occupe sans résistance ; quelques jours après, à son retour, son camp ayant été surpris la nuit par les Touareg, il est Lue avec la majeure partie de son détachement; mais l'arrivée de renforls permet de maintenir l'occupation de Timbouctou. Ces expéditions ont mis en relief le dévouement des troupes françaises et la valeur des troupes indigènes. Entre las officiers se manifeste une généreuse rivalité pour étendre la conquête. Des combats meurtriers furent livrés, mais les pertes occasionnées par le climat et la fatigue furent de beaucoup supérieures à celles causées par le feu de l'ennemi. Dans certaines campagnes, les deux tiers de l'effectif européen succombèrent; et si l'on songe à la situation des petits postes, abandonnés à eux-mêmes pendant de longs mois, Lors Je portée de tout secours, au milieu de populations guerrières que des comptoirs anglais de la cote pourvoient d'armes perfectionnées, on rendra un juste hommage à l'abnégation et à la force inorale de ces hommes obscurs dont l'histoire ne dira jamais les noms.

L'organisation des colonnes a lieu aux Kaycs, limite de la navigation du Sénégal; on y transporte, pendant l'hivernage, lo matériel et les vivres; les troupes arrivent au commencement de la saison sèche, el c'est pendant les six. mois suivants qu'on ravitaille les .postes, qu'on en relire les garnisons, et qu'on essaye de planter plus en avant un jalon de la roule de pénétration.

On avait justement pensé que la construction d'un chemin de fer entre Kayes et le Niger diminuerait les fatigues et activerait les Tuouvements des troupes; mais la direction des travaux, confiée à •nie entreprise civile, fut si défectueuse qu'en 1882 on n'avait construitque 40 kil. de voie et dépensé une vingtaine de millions. — Le parlement voulut suspendre les crédits; ils furent cependant continués. En 1800, la voie atteignait Bafuulabè (132 kil.)

Les études préliminaires jusqu'au Niger (400 kil.) et le Iracé de la voie sur une longueur de 200 kil. ont été terminés, pendant la campagne de 1891-1892, par une mission militaire '. On peut espérer

i. Commandant Marinier, i officiers, 20 sous-officicra et caporaux du S' régiment (lu génie (2 officiera et 1 hommes morts de maladie).

que les travail* en seront désormais activés. Ce chemin de fer offrira peut-être un trafic rémunérateur, lorsque la pacification aura ramené les populations dispersées et permis l'exploitation du sol; mais on doit le considérer surtout comme un outil de guerre et de civilisation. Il est indispensable pour assurer l'occupation définitive du Soudan, et l'on ne saurait, quant à présent, se borner à en discuter l'utilité au seul point de vue économique.

Organisation administrative. — La colonie du Sénégal1 comprend le territoire entre la eùte, (du Sahara à l'enclave .portugaise de Bissao) jusqu'à Hakel ; ce dernier poste (ville et escale) étant rattaché au Soudan, qui forme, depuis 189a, une colonie distincte a.

Le chef-lieu de la colonie du Sénégal est Saint-Louis. On distingue les communes de plein exercice (Saint-Louis, Dakar, flufisque, Gorée}; — les pays possédés ; — les pays annexés; — les pays protégés.

Les communes de plein exercice sont réparties entre deux arrondissements : Saint-Louis et Dakar.

Les pays possédée sont directement administrés parle gouverneur du Sénégal (lies d'Argum, Portendik, Mpal, etc.).

Les pays annexés conservent leurs coutumes, mais les chefs de canton sont nommés par le gouverneur (Toro, Guoy, etc.). Les postes sont pays annexés dans la limite de la portée du canon.

Depuis le 1" janvier 1890, la presque totalité des territoires du Sénégal, jusque-là annexés, ont été déclarés désannexés et placés sous le régime du protectorat, afin d'en simplifier l'administration.

Les pays protégés conservent leur autonomie; les chefs doivent être agréés par le gouverneur.

Une partie du Toula sénégalais, le Firdou, le Baof, etc., sont pays

i. Convention île ili'-liniitiiM'iii avec l'Espa^ii';, nu cap M lime, en 1S91 ; — avec 1'Augletene pour le Len'ilmrede la ^amitié, en 1S89; — avec le Portugal, pour les territoires de Bissao, en 18B6.

Page 1