e Toukousor, uoui du t'onta Sénégalais (î
Snrranokts. Ils peuplent le pays entre le Sénégal et le Niger, et s'élendent au delà du Niger supérieur, jusqu'au pays du Kong.
Sauf les Soninkés, ils sort, en général, commerçants, cullivateurs, ou artisans (tisserands, cordonniers, forgerons) et, par suite, sédentaires.
Les Bandés-dtouta sont, pour la plupart, plus laids, plus grossiers et plus dégradés que les autres noirs; ils sont, en général, musulmans et de caractère pacifique.
Les Bambaras ont la peau couleur bronze -ronge à tre et les cheveux laineux; ils sont sobres et économes'. Ils se distinguent encore par leur répugnance à se soumettre aux lois de l'islam et leur haine contre les Ton couleurs.
Les Malinkés, Soninkis, cl Sarracokts sont de haute taille, guerriers, presque tous musulmans.
Les Soninkis vivent disséminés et sont commerçants, muletiers. laptots3, conducteurs de caravanes.
Les Sanacolets sont des musulmans dévots.
Les Ouolofs habitent le bas Sénégal et la région comprise entre le Sénégal et la Gambie. Ils sont remarquables par leur heauté et leur force; leur taille est élevée, leur complexion robuste, leur teint très noir. Ils sont musulmans, assez facilement assimilables et deviennent bons ouvriers, excellents auxiliaires, et serviteurs dévoués.
La densilé de la population est très variable; assez nombreuse dans les pays riches, tranquilles, et commerçants (Foula-Djallon, Kong), la population est très rare, nulle môme, dans les pays pauvres ou dévastés par la guerre.
COles de Guinée orientale.
On comprend, sous le nom de Guinée orientale, la zone côtière qui s'étend depuis la frontière orientale de la colonie anglaise de Sierra-Leone j usqu'à. la baie de Biat'ra (estuaire de Cameroun).
Elle a été distinguée en Cale des Graines, Côte de l'Inoin, Côte des Esclaves, Côte de l'Huile, anciens noms qui indiquaientles principaux objets de traite. Elle est bordée de cordons littoraux, qui enferment de grandes lagunes, sur les rives
desquelles la population est dense, la navigation et le commerce très actifs. Ces cordons littoraux sont percés par des graus qui, à marée haute, donnent passage à l'eau de mer1.
Les principaux cours d'eau de cette cote sont:
LeCavally, qui tombe à l'est du cap des Palmes;
Le San-Pedro, le Sassandra [Saint-André), le Grand Laliou, dans les estuaires desquels se fait un assez actif commerce, mais dont le cours est encore peu connu.
I.'âkba, ou Comoé, navigable pour les petits vapeurs jusqu'à Alepé (4Skil. de la cote), et, pendant plusieurs jours, parles barques. Ses sources sont à 15 jours démarche à l'est de Bammako. Elle traverse le pays de Kong, passant entre la ville de Kong et le pic de K«mono{i,bhOm.), et tombe dans la lagune d'Êbriê. Sa vallée, explorée parle capitaine Binger, oiFre la route la plus facile pour les relations entre la côte et le pays de Kong.
La rivière de Krinjabo el le Tanoé (navigables pendant une trentaine de kilomètres), se jettent dans la lagune d'Assinie. Le Tanoé marque une partie de la frontière an glo- française.
LePrah, qui vient du pays des Acbanlis, traverse le territoire anglais et conduit vers Koumassi.
La Volta est formée par la réunion de trois grandes rivières, Voila blanchi; rouge, et noire, qui descendent du Mossi (pic de Naouri (1,800 m.). La Voila blanche passe près de Stilaga, un des principaux marchés de l'intérieur. La Volta n'oiïre qu'une voie de péné-
1. La Cote de l'Or et la Cote des Esclaves, soumises au phénomène de la haive, sont difficilement abordables.
Un courant sous-mariu très violent, partant tic l'Atlantique, vient se briser sur les caps des Palmes et des Trois-l'ointes. Les vents du sudouest, qui régnent pendant 9 mois dans le gollc de Guinée, poussent le /loi vers l'est, soulevant des lames hautes d'une quinzaine de mètres. ces lames, en se rapprochant de la cûte, sont arrêtées h leur hase par le Peu de profondeur du fend, mais leur partie supérieure, obéissaut & l'impulsion, se roule en énormes volutes.
Elles forment ainsi trois lignes de brisants, dont ta plus éloignée est a 300 qj dll riTagC. \\ (iluit p0m. aéhanpier, franchir la burre sur des bar- 1ues iudigènes, dirigées par d'excellents marins, II1 s nègres Krou, de Lî- '"-'l'i.i ; aiuis les naufrages, rendus plus périlleux par la préscuce des rc- Qui*>s, sont fréquents. Un s'esi décidé, pour l'expédition du Dahomey, a J°!'s bruire, a Kotonou, un warf d'env. MU m. dont l'extrémité dépasse les " '*uiiis. Les débarquements peuvent alors se taire eu eau relativement
embouchure e
tratiou précaire, même aux hautes e
dangereuse et son cours est barré par des rapides.
La rivière Halio tombe dans la lagune Avon, près du comptoir allemand de Togo.
I.e Mono, navigable jusqu'à Tngodo (60 kil. env.), coule sur territoire français et finit dans une lagune inférieure, en face de Grand- Popo.
L'Ouémé tombe dans la lngune Denliam. Il est navigable pour les canonnières, pendant les hautes eaux, jusqu'à Agouy (130 kil. de l'embouchure). Cette rivière a été utilisée pour les transports de la colonne expéditionnaire du Dahomey (1892).
La lagune Denham se continue par celle de Porto-.Novo et ne communique avec la mer que par un canal, qui est sur le territoire anglais de Lagos '.
L'Adjara forme la limite entre le territoire de Porto-Kovo et le territoire anglais de Lagos.
L'Ogoun vient d' Alrfocouta, grande Tille de 100, 000 hab., du pays des Egbas, el finit à Ikoradou, en face de Lagos.
L'Ochoun traverse le pays des Jebou, et finit dans les lagunes à l'est de Lagos.
C'est la dernière rivière notable avant les bouches du Niger.
Le climat des cotes de la Guinée orientale est chaud, humide, et malsain; mais l'intérieur est salubre. On distingue quatre saisons :
Grande saison des pluies, du 13 mars au 15 juillet; petite saison sèche, du 15 juillet au 15 septembre; petite saison des pluies, du 15 septembre au 13 décembre; grandesaison sèche, du 15 décembre au 15 mars. Les deux saisons sèches el la petite saison des pluies sont favorables aux expéditions militaires.
Le sol, formé, en grande partie, d'alluvions et largement arrosé, est très fertile. D'immenses forêts, où poussent le manglier, le Uaritë (arbre à beurre), et le palmier à huile, forment, à peu de distance du rivage, une zone difficile à traverser.
i. On avait rétabli, prés de Kolonou, un anrien canal naturel, & travers la langue de terre qui eépnre la lacune Denham de la mer; mais l'iuli'i'iUii-linu de l'eau île iiiit ;i fil il mourir des milliers de poisson?, cautn ri empuiï nullement et île ruioe pour les pêcheurs riverains. Ou a laissé le Ilot refermer le chenal.
A l'est du Niger, clans l'estuaire du Vieux-Calahar, tombe, h,Crcek~ inwn, le Cross River, navigable jusqu'aux rapides appelés Chutes d'Ethiopie.
L'estuaire du Rio del Rey, qui marque la limite anglo-allemande, ne reçoit aucun cours d'eau.
Côtes de Guinée mëi-îdionnle et Congo français.
Sous le nom de eûtes de Guinée méridionale, nous comprentfr-ons les eûtes depuis le fond do golfe de Biafra jusqu'au 5"* degré de lat. sud, limite du Congo français.
l.e fond du golfe de Riafra est dominé par la grande pyramide
v*> Icanique du mont Cameroun (-1,000 m. env.), au pied duquel se
"cr*^use l'estuaire de Cameroun, large de 30 kil., qui ouvre une voie
n*A"vigabIe pendant env. HO kil. pour les navires de moyen tonnage.
La rivière Campa s<
î les territoires allemand et français.
i San-Benito, est exploite par une Compagnie fran-
■Ç^ïse.
L'estuaire du rio Mouny s'ouvre au sud du cap San-Jt i petites lies d'Elobey et de Corisco, à l'Espagne. I -"estuaire du Gabon, prés de l'équateur, présente une grande *"»<Ie de 28 milles de long sur 8 à 1 0 milles de large.
t>e la Serra do Cristal (i,500 m. env.), descendent dans l'estuaire
* Como et leRemboué.
La France a pris possession du Gabon, en 1842, et a fondé Libre-
ir y installer les esclaves libérés.
iu sud, se trouve l'embouchure de l'Ogùoué, qui forme un ^sio delta de 190 k. de chaque calé du cap Lopez, depuis Saga- '""ju au nord jusqu'au cap Saiiih'-Culhrrine nu sud. I.'Ogôoué'aenv.
* âo kil. de cours; il est navigable pendant 2o0 kil. jusqu'aux rapi- *es de Njolé; il peut Être ensuite remonté par les bateaux calant
^ 1. Commencée en 1836 par l'tuddu Cl.tiil/u. l'exploration du l'Ogôoué a * continuée par le miMt-ein île mari ne du Wetfn.y et le lieutenant de vais- *U Serval; puis par les Anglais BitrJon et flentfe(l86î), Wallier (l$6(i),lç -"tenant de Vaisseau Ai/m.:< (1Sii7;. Elle fut compliHéc par 1rs Français
* "Wfcftï et Com/nri/nf :'!N"J-lS"ij et achevée parle lieutenant de vnisseau '■«« hi-azza, qui eut l'honneur d'établir In souveraineté de la France sur ,e Congo français (1875-1886).
L' EXPANSION EUROPÉENNE 1 m. jusqu'à une distance de 1180 kil. de son embouchure, et par les pirogues jusqu'à Franca :ille (675 k.).
Un portage de 120 kil. sépare l'Ogôoué de la rivière navigalilf l'Alima, tributaire du Congo.
Au nord du port de L-iango, qui est devenu la station maritime principale du Congo François, débouche le Niari ou Eouilou, dont le cours est embarrassé par des rapides, mais qui offre, cependant, une voie plus facile que celle du bas Congo pour pénétrer dans l'intérieur. Sa voilée est jalonnée par des postes et ouvre la route ordinairement suivie pour se rendre à Brazzaville.
Le vaste territoire dont les eaux sont drainées par le no Mounv, l'Ogûoué, le Kouilou, et les aftluents de droite du Congo : Alima, Licona, Sangba, etc., forme le Congo français. Depuis la côte jusqu'aux régions élevées d'où sortent ces rivières s' 61 a yen l une succession de montagnes boisées, difficilement praticables et encore
Les populations se divisent en tribus de races diverses, qu'il n'est pas encore possible de classer; elles n'ont aucun lien social ni politique; quelques-unes sont fort arriérées cl, dit-on, anthropophages; on les distingue en Pahouins ou Fans, Mfans, Osvébas, Adoumas (r. d. de l'Ogoouë), Oubanghis, Batékés, Afourous (région de l'Alima), Okandas (r. g. de l'Ogooué).
Quelques centaines d'Européens sont disséminés dans les comptoirs do la côte et de l'intérieur.
Dans le golfe de Guinée, sont l'Ile de Fernando-Po, à l'Espagne; L'Ile do Principe, au Portugal ; l.'ile Saô-Thomé, au Portugal; L'Ile Annobon, à l'Espagne-
POSSESSIONS FRANÇAISES Colonie du Sénégal.
Sénégal est la plus vieille colonie de la France. Df des marins dieppois abordèrent dans la baie de Dakar; ils établirent une série de comptoirs, depuis le cap Vert jusqu'au fond du golfe de Guinée'.
Les désastres de la guerre de Cent ans et les guerres civiles arrêtèrent celte prospérité naissante ; les Portugais et les Hollandais occupèrent les comptoirs abandonnés par les Dieppois. Les Français reparurent à la lin du xvi0 siècle. Sous le patronage de Richelieu (1026), trois Compagnies privilégiées s'organisèrent (1033 à 1635) pour exploiter le Sénégal et les côtes de Guinée3; la ville de Saint-Louis fut fondée.
Pendant la guerre de Sept ans, les Anglais s'emparèrent de Gorée et de Saint-Louis (1738). Le traité de Versailles (1783) nous rendit !e Sénégal, qui s'augmenta de l'acquisition de Dakar (1787).
En 1809, les Anglais réoccupérent la colonie; elle nous fut restituée par le traité de Paris (1814).
Les établissements français languirent jusqu'en 1834, harcelés par les chefs maures qui voulaient s'établir sur la rive gauche du fleuve; une Compagnie commerciale s'y ruina. ^"fln, le gouvernement, cédant aux pétitions des commer- Stfcnts de Bordeaux et du Sénégal, adopta un plan de réformes énergiques, dont il confia l'exécution au commandant du gé- ":«2 Fmdherbe (1854).
l«e commandant Faidherbe sut concilier les exigences du régime
* . Le port de Dieppe était devenu l'entrepôt de l'ivoire. C'est de cette 't»Oc|ue que date, dons celte ville, l'industrie de l'ivoire sculpté, fioris- ,l,r>l' encore aujourd'hui.
2. Richelieu avait prescrit, dans les chartes de concession, l'anoblissement île urtalna&uoolés, ta participation de la noblesse sans dérogation, le Concours pécuniaire de la cour, etc.
militaire et les nécessités des transactions commerciales. Il refoula les Maures suc la rive droite et leur imposa des traités, qui ont été respectés depuis. Les forts de Podor, Soldé, Slalom, fureot construits pour défendre la rive gauche contre de nouvelles incursions. Les coulumes' furent supprimées, etc. Cette période fut une ère de rapide développement.
Mais bientôt un sérieux danger allait menacer celte prospérité renaisssante. Vers 1830, un marabout toucouleur, el-HAdj Omar', forma le projet de fonder un vaste empire musulman du Niger à la cote de l'Atlantique, et prêcha la guerre sainte.
Après avoir dévasté le haut Niger et le haut Sénégal, il vint, ■en 1857, attaquer avec 20,000 h. le poste de Mèdine, qui avait été fondé l'année précédente, sur le Sénégal, à 923 kil. de Saint-Louis. La garnison, forte de 64 hommes, dont M Européens, était commandée par un officier indigène énergique, Paul Holl.
Trois assauts furent repousses; el-Hûdj renonça à prendre le poste de vive force et en entreprit le blocus. La baisse des eaux du Sénégal empêchait de secourir Médine. Mais une crue accidentelle permit heureusement au colonel Faidherbe d'arriver encore à temps. Les vivres étaient épuisés; le siège avait duré trois mois3.
L'année suivante, el-Hàdj demanda la paix (1800). il mourut en 1804. Son empire se partagea entre quatre de ses fils; le plus puissant fut Ahmadou, roi du Kaarta (pays entre Niger et Sénégal).
La domination française s'étendit alors cnln; le S>?ni"'g;i.I et la Gambie (Fouta, Cayor, Toro, Dampa, Saloum), par des annexions ou des traités d'alliance et de protectorat. Plusieurs nouveaux postes furent créés entre Médine et Saint-Louis (Malam en 1857, Salde en 1859, etc.), le port de Dakar fut fondé (1863), des routes et des lignes télégraphiques construites, etc.
En même temps, les missions de reconnaissances se multipliaient'.
La plus importante fut celle du lieutenant de vaisseau Mage et
i. Redevances annuelles payées au* chefs indigènes par le gouvernement et par les commerçants.
2. Omar suriiomimt el-llù<lj (le pèlerin), parce qu'il venait d'accomplir le pî;lci'ina^e de la Mecque.
3. Quelques milliers de noire, échappée aux massacres d'el-HAuj, n'étaient réfugiés sous le canon du fort. Ils y avaient construit un village et un lata (citadelle en pierres et en pisé) qui formait nuvraac avnnci-.