EXP. EUR
L'EXPANSION ECROPKENNE
Soudan français.
aoui ipale
Les territoires du haut Sénégal et du haut Niger ont été séparés de la colonie du Sénégal pour former, sous le nom de Soudan français, une colonie distincte (décret du 27 août 1892).
La résidence du gouverneur est à Bakel.
Son autorité s'étend : au nord, jusqu'à Nioro, ville princi du Kaarta, et jusqu'à Timbouctou sur le Niger; au sud, jusqu'à la haute Gambie et au Foula- Djallon, postes de Din<juira<j, près du Tankisso, et de Kouraussa, sur le Niger; au delà du Niger, jusqu'aux territoires que surveillent les postes de Kankan, de Sanankoro, et de Kêrouane, sur la rivière Milo. Il est chargé des relations avec les Etats amis de la rive droite du Niger1.
Kita, point de convergence des communications entre le Sénégal et le Niger, paraît devoir devenir le centre le plus important du Soudan français occidental. Le climat est sain, supportable pour les Européens ; la population indigène s'augmente depuis que la paix est rétablie ; la culture se développe, et un commencement de commerce s'établit3.
Bammako, Siguiri, et Ségou, sur le Niger, sont les bases d'opérations des colonnes expéditionnaires et des missions pacifiques d'exploration qui, plus fructueuses que les expéditions militaires, étendent l'influence française chez les populations commerçantes de l'intérieur.
Les plus importantes de ces missions ont été celles du capitaine Bingcr et du commandant Monteil, qui ont, les premi fait connaître le nom français dans ces pays.
s États «aïeul ci
de Tiéba, dont la capitale est Sikasso. " " parait animé des mêmes disposi-
Tïéba est mort < lions favorables
!. En 1831, un commerçant français, établi à Kita, a pu faire venir ■lu tonnes de marchandises europëeuaes; on comptait, en 189Î, sur un '!■ l.iit .!■■ 2!)« tenues. L' achèvement du chemin de fer ne pourra qu'améliorer ces conditions.
Mission Binger. — Le capitaine Binger, parti de Bammako (1" juillet 1887), se rendit à Sikasso; malgré la guerre qui troublait les contrées de la rive droite du Niger, il put heureusement arriver à Kong, où il trouva un accueil sympathique. Kong est le centre principal d'une population musulmane, paisible, commerçante, et intelligente, avec laquelle il établit de très bonnes relations. Il en repartit se dirigeant vera le nord pour explorer le Mossi ; il entra à Ouaghadougou, qui eu est la capitale; il revint par Salaga, qui est le principal marcha du bassin de la Volta.
Salaga avait été déjà antérieurement visité par plusieurs Européens, entre autres par le capitaine allemand von François, parti du pays de Togo.
Le capitaine Binger rentra à Kong et revint parla côte de Guinée, qu'il atteignit à Grand-Bassani (20 mars 1889), en descendant la vallée de l'Akba ou Comoé.
Si les explorateurs qui suivront les traces du capilaîne Binger, suivent aussi les exemples de prudence, de modération et de sugesse qu'il leur a donnés, et, comme lui, savent voyager sans escorte el sans armes, on peut espérer attirer progressivement les échanges vers nos comptoirs de la côte.
Le caprlaine Binger est retourné h Kong eu 1892; il a retrouvé !e même amical accueil, et déjà, sur ses conseils, on avait commencé l'ouverture de routes pour faciliter les relations avec la côte.
Mission Monteil. — Le capitaine Monteil partit de Ségou (1890) '; il passa par Sikasso. par Lanfiera, capitale du Dallna (13 avril 1831) ; Ouaghadougou, capitale du Mossi (21 avril; ; DoH, entrepôt du comaierce (sel principalement) avec Timbouctou; Suy (19 juillet), sans grand mouvement commercial, parce que les rapides de Boussang empêchent son débouché vers la mer.
Après avoir traversé le Niger (fin août), il passa par Argouihy>u, capitale du Kebbi, assez grande ville; Sokoto, grande ville ruinée par la peste bovine et la guerre2 et entra à Kano (2j décembre), marché très important, aux rues larges el propres, où. arrivent des caravanes sahariennes qui apportent de l'Algérie, de la Tunisie, et de la Tripoli t ni ne, une certaine quantité do marchandises européennes. 11
1. Nommé commandant au cours de sou voyage. — I.e commandant Monteil était accompagné île l'tnljiiriiiiit lindairo ; il vuyagea saint diasi muler sa qualité, sans i??(jùrtc nruiéi.', ;iï« îiin; piLtoiille d'échange.
2. Deux chefs noirs, Tiéba notre ami ut Samory uotre adversuire, luttaient, depuis plusieurs années, l'uu contre l'autre, et leurs guerres ont dévasté ce paya.
L'EXPANSION EUROPÉENNE fut bien accueilli à Kouka, ville principale du Bornou, d'où venait, au contraire, d'Être éconduite une mission anglaise armée, envoyée du bas Niger. 11 conclut sur son passage d'amicales conventions, auxquelles on ne saurait, cependant, sans exagération, donner le nom de traités de commerce ou de proleclorat, mais qui n'en sont pas moins d'utiles jalons d'avenir pour l' influence française. Il revint par Kaouar, Mourzouk, et Tripoli, en suivant la route de caravanes déjà connue par les voyages de liarlîi, de Holilfs, de Nachligal.
Guinée française et dépendances.
Les établissements de la cote de Guinée, situés entre les possessions portugaises de Bissao au nord, et les possessions anglaises de Lagos au sud-est, forment trois colonies distinctes, ayant une autonomie complète, et administrées chacune par un gouverneur particulier (décret du 10 mars i893).
Ces trois colonies sont ainsi constituées :
Guinée française proprement dite, qui comprend les estuaires des Rivières du Sud, et à laquelle est rattaché le protectorat du Fouta- Djallon ;
Èlablisseme nts de la Cùte de l'Ivoire, avec le protectorat du pays de Kong et des territoires de la boucle du Niger;
Établissements du golfe de Bénin.
Guinée française (Rivières du Sud) et Fouta-Djallon. — Les comptoirs de la liuinée française, dont la nomenclature est donnée plus haut, ont un commerce très actif, consislant surtout dans l'exportation des huiles de palme, du Leurre de karité, du caoutchouc, etc.
La résidence du gouverneur est à Konaknj.
Le Fouta-Djallon a été, jusqu'à présent, peu abordé par les entreprises commerciales. La population (SOO à fiuu.OO" âmes) se divise en Peuhts, conquérants venus il y a un siècle environ, et DiaUoni •■ représentants de la race primitive. Leur eivilisatkiri '.';t rclativenii*nl développée ; ils sont musulmans, mais sans fanatisme.
Le pays forme une sorte de république fédéralive de plusieurs petits États. Le pouvoir exécutif appartient à un chef politique 61 religieux (almamy), élu alternativement dans chacune des deux plus grandes familles du pays. La capitale est Timbo à 300 kit. dfl la cote. Le Fouta-Djallon fut visité, en 1880, par le dooleui B M. Noirot; l'almamy conclut, a cette époque, des conventions, qui
furent renouvelées en 1887. La France a le droit d'avoir un reprêsentantàTimbo.
Quelques missionnaires se sont établis dans le pays.
Établissements de la Gâte de l'Ivoire. — En 18i3, la France avait placé des postes à Grand-Bassam et h Assinie. Itetirés en 1870, ces postes ont été rétablis en 1883.
Les principaux comptoirs sont : Grand- Bassam, Assinie, Grand- Lahou, Petit-Lahou. Jackville, etc. '.
Grand-Bassam est situé a l'entrée de la lagune i'Ébrié. Aui environs, nombreux villages, dont la population est évaluée à 80,000 hab. (les Jacks, principale tribu limitrophe).
Assinie est également à l'entrée d'une lagune dont la portion occidentale porte le nom de lagune à'Aby. On a signalé, dans les environs, des sables aurifères, mais les tentatives européennes d'exploitation sont restées infructueuses.
Il n'existe à proximité des Établissements de ia Cote de l'Ivoire, aucun chef prépondérant.
Le mouvement commercial est en progrès (commerce total s'élevant 6 5,531,000 fr. en 1891, dont 3,000,000 fr. environ à l'exportation). On exporte l'huile de palme, l'acajou, le café, etc. Le développement des relations avec le paya de Kong accroîtra, sans doute, le commerce sur la Côte de l'Ivoire, qui en est le débouché naturel.
On a songé également, en 1801, à rechercher des voies de communication avec le haut Niger, par ses affluents de droite. Plusieurs officiers ont été chargés do celle mission, mais aucun n'a réussi &, percer le rideau des forêts qui s'étend à peu de distance de la cûte!.
Le tracé de la limite avec les Établissements anglais de la Côte de l'Or (convention du 26 juin 1891) donne lieu, encore, à quelques
1. On donne le nom de côte de Krou à la partie de la côte voisine du «p de» Palmes. Les indigènes sont réputés comme d'excellents batelier» el employée sur toute la cote de Guinée.
2. En 1891,1e capitaine Brossclard -Faidherbe fut chargé d'explorer le pays entre la côte et le haut Niger ; il partit de Benty, passa à Phartnoréa (Mellacorée), traversa le massif montagneux du Tamisso, conclut des conventions avec les chefs d'Ouassou et de Sambeia, mais fut arrêté k Si ma u gare a par les contingenta de Samory.
Plusieurs officiers, MM. Armand, de Tsvernost, Arago, Quiquerez, de Seetc., s'orTrirciit pour compléter les explorations de la Côte de l'Ivoire. Le comité de l'Afrique française leur prêta son appui, ils remontèrent quelques-unes des rivières de la côte, le Sassaudré, le San-Pedro, le rio Cavally, et conclurent plusieurs traités avec les chefs du^ villages (1831;.
L'ËXPANSroN ECnOPKO-NE
difficultés'. A l'ouest, la France réclame le rio Cavally com limite avec la république de Libéria.
Établissements du golfe de Bénin. — En 1863, le r Kovo signait avec la France un traité d'alliance et de protectors
Eu 1858 (19 mai), la France se faisait céder, par le roi du Dal mey, Kolonou et 12 liil. de territoire sur la cûte.
En 1885, la France étendit son protectorat sur Grand-Popo, Petit- Popo, Porto-Seguro* et Agoué.
Ces possessions confinent, à l'est, au territoire anglais de Lagos (convention du 10 août 1889) a, et, àFouest, au territoire allemand de Togo (convention du 24 décembre 1885).
Kotonou, résidence du lieutenant-gouverneur, est sur le cordon littoral qui ferme la grande lagune de Denham, dont l'entrée navigable est sur le territoire anglais de Lagos. La construction d'un warf qui dépasse la barre, permet d'éviter de passer par le territoire anglais.
Le pays est aussi fertile et donne les mêmes produits que la Cote de l'Ivoire, mais le climat est malsain. Le commerce est en progrés; commerce total (importation et exportation!, 9 millions et demi en 1890 et 13 millions et demi en 1891.
Le territoire de Porto-Novo (rectangle de 40 b. 45 kil. de ( comprend environ 200,000 habitants, dont 20,000 dans la ville.
Dahomey. — Jusqu'en 1892, le royaume du Dahomey formait un Élat indépendant, soumis à un despotisme sanguinaire. Il avait accès sur la cûte par le port de Whydah (20 à 23,000 hab.) '.
1. La limite arrêtée par la convention suit la rivière Tanoé jusqu'à Nougoua, te B" longitude ouest, passe au sud de Bondoukou, qui est laissé a la France, suit la Volta Noire jusque vers le 9° latitude. Les missions françaises et anglaises, chargées de la délimitation sur le terrain, n'ont pu se mettre à 'ace ord.
2. Petit-Popo et Porto- Seguro furent ultérieurement cédées à l'Allemagne.
3. La limite est formée par le prolongement du méridien qui passe par la crique d'Adjarra.
4. A l'époque des fêtes annuelles, appelées coutumes, le roi de Dahomey faisait massacrer des centaines d'esclaves, qu'il se procurait par d'effroyables razzias exercées sur les pays voisina.
Les Portugais, qui possèdent des comptoirs a Whydah, avaient d'abord déclaré leur protectorat sur ce port ; ils y ont ensuite renoncé, par crainte, eaus doute, de difficultés avec les Dahoméens (notification du 26 décembre 1887). — Le mot Whydah est une corruption du mot portugais adjuda (Dieu aide!).
A&omey {IBOkil. de la côte) est la capitale; AUada est la ville principale, et Cana la ville sainte.
En 1887, le roi du Dahomey (GU;glè) déclarait ne plus vouloir reconnaître les traités relatifs à la cession de Kotonou.
En mars 1889, il attaquait le lerritolre de Porto-Novo, dont le roi et les habitants se réfugiaient sur le territoire anglais de Lagos. On s'efforça d'abord de résoudre diplomatiquement le conflit (mission Bayol, An de 1889), mais les pourparlers n'aboutirent pas.
La monde Gléglé et l'avènement de son successeur Behauzin, très hostile à la France, précipitèrcntles événements.
En mars 1890, les Dahoméens tentèrent, sur Kotonou, une attaque qui fut brillamment repoussée par deux compagnies de tirailleurs, débarquées quelques jours auparavant. Le blocus delà côte fut alors établi pour empêcher Behaïuin de recevoir des armes'. Des renforts permirent au commandant Terrillon d'obliger l'ennemi à évacuer le territoire de Porto-Novo. Quelques obus furent lancés sur Whjdah.
Le gouvernement français, désireux d'éviter de nouvelles expéditions coloniales, chargea l'amiral de Cuverville « de chercher, par tous les moyens possibles, à conclure un arrangement pacifique a.
Les négociations (mission du Père Dorgère) aboutirent à la convention du 3 octobre 1890 ; Behanzin s'engageait à respecter le protectorat français du royaume de Porto-Novo, reconnaissait les droits de la Fiance sur Kotonou ; il obtenait , de son coté, une rente annuelle de 20,000 francs et la levée du blocus de Whydah s.
Expédition du Dahomey (1892). — Behanzin profila de la levée du blocus pour se procurer des armes et des munitions. Au mois de mars 1892, il envahit de nouveau le territoire de Porto-Novo et ses gens liraient sur une canonnière française, qui remontait l'Ouémé, avec le lieutenant-gouverneur.
). Ces armes lui étaient fournies parles comptoirs allemands de Whydtth. Il est triste de constater l'appui ainsi donné par des maisons de commerce européennes a la plus effroyable barbarie. On a eu la preuve que Ici paycineuts se faisaient, en réalité, en esclaves qui étaient transportés au Congo beige et dans la colonie allemande de Cameroun.
'2. La chambre de* députée refusa de ralîiler cet arrangement par une loi. Toutefois, pour éviter la reprise des hostilités, elle laissa au gouvernement le soin « de douner a cet acte la sanction la plus conforme « aux intérêts de la France » (28 nov. 91).
Le traité fut ratifié par décret.
l'expansion el-ropéenniï:
On résolut d'en finir, et, en attendant l'arrivée des renforts, le blocus fut déclaré sur la côte du Dahomey (18 juin} ; Whydah et Godoraey furent bombardés (9 et 10 août).
Concentré à Porto-Novo, sous les ordres du colonel Dodds (milieu d'août), le corps expéditionnaire (environ 2,000 boni, de troupes i-i'„"ilii-[v-s, (.l'.inl i, :.;'"! K,i|i'i'i"-'.-iis -i [i;il!i-rii.'S il'' iur>Li!.;inne cl. I dû
mitrailleuses) a remonté la rive gauche de l'Ouémé, accompagné par une tlottille portant les approvisionnements.
Après un violent combat à Doijba (19 sept.), il a passé l'Oucmé vers Tohoué (3 oct.) et s'est dirigé sur Abomey, tournant ainsi, par le nord, les marais de Co et de Tjibé. qui sont au sud-est de la ville.
Après une série d'en gage m en! s prés de Tohoué (4 oct.), h Pogtuaa (6 oct.) et vers Akpa (12 au 15 oct.), etc., le corps uspéiiitiorinaire est arrivé devant Cana, où il s'est heurté à une résistance des plus vigoureuses, organisée et dirigée par des aventuriers européens.
On s'arrêta quelques jours pour évacuer les blessés et compléter les approvisionnements. Les transports ne pouvant se faire qu'à dos d'homme, la marche de la colonne était naturellement fort lente.
Après avoir repoussé une attaque furieuse des Dahoméens à Akpa (20 et 21 oct.), on enleva une série de lignes fortifiées à Eatopa (26 et 21 oct.) et autour de Cana, qui fut pris le 6 nov. Un nouveau temps d'arrêt fut imposé par les nécessilés du ravitaillement et des évacuations. Lorsque la marche fut reprise, Bebanzin abandon!» Abomey, qui fut occupé sans coup férir (17 nov.). Les forces dahoméennes dispersées se retirèrent dans le nord, où. l'on ne jugea opportun de les poursuivre.
Celte expédition, prudemment et vigoureusement conduite blît, de fait, la souveraineté de la France sur le Dahomey, j co: Whydah et les autres comptoirs de la cote. Fin 1893, Bebanzin, l'influence était ruinée et les ressources épuisées, a dû se rendi discrétion an général Dodds. Il a été interné à la MarLiniqi
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