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LE BASSIN DU CONGO

La zone équatoriale de l'Afrique centrale, comprise enlre env. 6" de lat. N. et 10° de lat. S., est constituée par des terres élevées, que soutiennent, à l'est et a l'ouest, de puissants remparts de montagnes; de hauts plateaux où les eaux des grandes pluies s'accumulent en lacs et en vastes marais temporaires, séparent : au nord, le bassin du Congo de ceux du Nil et du lac Tchad; au sud, le bassin du Congo de celui du Zambèze.

Le 30" méridien de long. 0. indique sensiblement la séparation entre le versant de l'océan Indien, quia environ 7° de largeur, c'est-à-dire env. 800 kil. de pente, et le versant de l'Atlantique, qui s'étend sur une largeur de 20", c'est-à-dire de plus de 2,000 kil.

Presque toutes les eaux de ce dernier versant se réunissent dans le lit du Congo, et descendent vers l'Océan, par une série de biels naturels, séparés par des rapides.

La largeur du bassin du Congo est d'env. 1,800 kil. du nord au sud, depuis le pays des Niam-Niam jusqu'aux monts Lochinga.

Le fleuve Congo. — Le fleuve que l'on a coutume d'appeler Congo, par extension d'un nom anciennement, donné à la bande cotière voisine de son embouchure, est l"ormë près du 5° de lat. S., à. la sortie du lac Landji, par trois courants qui sont les déversoirs des nombreux lacs de l'intérieur. Ce sont :

le Loukouga, encore inexploré cL dont le lit est encombré de végétation; il paraît être le déversoir intermittent du lac Tan- ■ganyika(8!8 m.);

le Louapoula, qui vient du sud; il amène les eaux des lacs Eangouéolo (1,300 m.), Moëro (8îi0 m.); — le Tchamhézi , qui est le principal tributaire du lac liangouéolo, a été parfois considéré comme l'origine du cours du Congo;

le Loualaba, qui vient du sud-ouest; i! draine les eaux d'un chapelet de lacs, en traversant les pays de Kalanga et de Kasongo.

A sa sortie du !ac Landji, le Congo (Loualaba) coule vers le nord, par Jiyangoui (900 m. de large) et Ritiu-Riba. Près de l'Equateur, les ïtttaracles de Stanley (Slanlry i'ull*; interrompent la navigation. Le fleuve décrit alors vers l'ouest et le sud-ouest une grande courhe. Eu aval du confluent de l'Arouwimi (r. d.), son lit est encombré d'Iles et atteint une largeur de 10 à -40 kil. ; il se rétrécit de nouveau vers l'embouchure de la Koua {r. g.) (Kassaï inférieur), pour s'épanouir, à 200 kil. en aval, en un vaste lac, le Stanley Pool.

En aval de Léopoldville, i! traverse les murailles qui forment la limite occidenlale du plateau africain. Son cours eatalors coupé, sur une longueur de 300 kil. env., par 32 rapides ou cataractes, qui empêchent complètement la navigation. La ditTérence d'altitude entre Matadi et Léopoldville est de 260 m. Un chemin de fer est actuellement en construction (r. g.) entre ces deui points, pour tourner les cataractes.

L'estuaire du Congo commence -à M borna, à 100 kil. de la mer (largeur 1,800 m.), et s'élargit bientôt pour atteindre 23 kil. à l'embouchure, où le débit est évalué à 70,000 mètres cubes à la minute. Le courant, de 7 a 0 kil. à l'heure, se fait sentir à 300 milles au large et gène l'accès du port de Banana.

Le Congo, comme la plupart des fleuves africains, se divise en plusieurs biefs : bief inférieur, de son embouchure à Matadi (150 kil. env.), navigable pour des bâtiments calant 4 a 5 m.; — bief moyen, de Stanley Pool aux Stanley Falls (2,000 kil. environ), navigable pour les embarcations calant de 1 m. à ia, 50 ; —bief supérieur, des Stanley Falls ou lac Landji, coupé de nombreux rapides, qui déterminent toute une série de biefs secondaires, navigables pour des pirogues pendant la saison des pluies. On peut cependant considérer comme navigable en tout temps le bief compris entre les Stanley Falls et Kasonyo (100 kil. eu amont de Nyangoué).

En amont du lac Landji, le Loualaba et le Louapoula sont coupés de nombreux rapides et paraissent n'offrir qu'une navigation très incertaine, mérae pour les harques.

Affluents. — Les principaux affluents de droite sont :

Le Lefini, dont les sources sont voisines de celles du Kouilou ;

L'Alima, navigable pour les barques jusqu'à Diétê, à 120 kil. de Franceville, tète do navigation de l'OgÛoué;

La Li&ouala, au cours très étendu et incomplètement connu, qui vientdu nord-ouest;

Lu Massa-Sangha, navigable jusqu'à Bania (700 kil. environ de

l'embouchure) pendant les hautes eaux. C'est la voie naturelle de pénétration vers l'Adamaoua1.

L'Oubanghi-Ouellé est le principal affluent de droite (1,80° ni. a son embouchure). 11 prolonge le cours de l'Onellé, dont l'origine est voisine de Ouadeiaï, sur le Nil, et qui coule de l'est à l'ouest.

La saison des pluies de la zone tropicale du nord correspondant à la saison sèche de la zone tropicale du sud, il en résulte que les crues de l'Ouhanghi alternent avec celles des aftl. de gauche du Congo. C'est pour celle raison que le débit du Congo est à peu près constant 2.

L'Ouhanghi est coupé par de nombreux rapides, notamment à Zongo (600 kil. en amont de son embouchure) et, en remontant sou cours, a Mohai, à Hohouangvu, etc.

Il reçoit lui-même de très nombreux affluenls; la Kémo (r. d.) (poste français) a été la voie de pénétration des plus récentes explorations vers la Tchad.

L'affluent le plus important est le Mbomou (r. d.); il recueille un* quanti té considérable de rivières, qui ruissellent des terrasses de* Niam-Niara. Ces rivières, dont les sources sont très voisines det celles des nombreux tributaires du Bahre! Chazal, permettront peutêtre, quelque jour, d'établir une communication du Congo au Nil.

L'Itimbiri (r. d.), navigable jusqu'aux chutes de Louli; son afll. de dr., ie Kiliitti, ouvre une route vers l'Ouellé.

L'Arouwimi (Itouri dans son cours supérieur), alimenté par de nombreux affluents, qui naissent à peu de distance du lac Albert, traverse la forât équatorialo; navigable jusqu'à Yambovya*.

Le principal affluent de gaucbo du Congo est le Kassaï :

Le Kassaï (Koua dans son cours inférieur) sort du dédale de lacs et de marécages qui couvrent le plateau du lac Dilolo; il recueille les eaux de nombreuses rivières, dont les plus importantes sont :

le Kouango (r. g.), navigable jusqu'aux rapides do Kingouncki; il reçoit lui-même le Eouilou (r. d.) ;

le Mlini (r. d.), émissaire du lac Léopold II, qui reçoit le Lonkenyé et communique, par sa rive septentrionale, avec le lac Mataumha, qui se déverse lui-mùmc dans le Congo;

i. Voir lis résumé des explorations dan? le Congo français, p. 331 et 336.

S. Sur l'équateur il y a deux puisons de pluies au moment ilu passage du soleil .lu zénith. Lu saison rtrs jïr.-isulcs pluies dure septembre, octobre, novembre ; celle îles petites pluies, avril et mai.

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