MESURES A PRENDRE
pas le nombre des agents français et ne répugne pas aux liabitants qui prélcrcnt avoir affaire aux Français qu'aux Annamites.
Après avoir ainsi réglé la forme de notre administration, il sera nécessaire d'en simplifier le fond et de la modifier profondément. Son application sera confiée, en elTet, à des indigènes n'ayant point fait d'études spéciales et à des officiers français peu familiarisés avec les questions administratives. Il est donc prudent de leur mettre dans la main un instrument solide et facile à manier. De profondes modifications sont nécessaires parce que les lois annamites actuellement en vigueur sont mal appropriées aux besoins du pavs. C'est une législation à revoir complètement ; nous y reviendrons dans le chapitre suivant.
Le régime que nous voulons créer doit être privilégié. Nous devons faire aux habitants des hautes régions une situation meilleure que celle de nos autres protégés et leur éviter tout sujet de mécontentement habituel si nous voulons les attacher à notre cause par le seul sentiment véritablement puissant et tenace chez l'homme, quelles que soient sa race et sa couleur ; celui de son intérêt.
Un impôt très modéré et soigneusement réparti mais rieioureusement exi^é, des corvées réduites au mininum et toujours appliquées sur place à des travaux d'utilité publique, le service militaire régional emplové exclusivement à la garde du pays. Très large tolérance douanière, facilités de transactions, encouragement des cultures riches par la diminution ou la suppression des taxes, instruction dans les villa2:es, crédit auricole :
Autant de questions dont il faut poursuivre l'étude et activer la solution pour arriver à doter les provinces frontières d'une vie propre, en les faisant profiter directe-
mcnl de toiilcs les charges qu'on leur Impose. Donnonsleur en outre un gouvernement soucieux de leurs intérêts, accessible à tous, toujours prêt à écouter les doléances, à faire droit aux justes réclamations, à aider les villages, à les déc^réver en cas de besoin. Xe deniandons en échange aux populations que de s'attacher à l'ordre nouveau, de vivre en paix, de défendre leurs champs et leurs villages, de repeupler et de faire progresser
le pays par leur travail.
Le protectorat n'a rien à v perdre. Les revenus qu'il pourrait tirer actuellement des provinces hautes, en les écrasant, sont insignifiants. — Le bénétice qui sera la conséquence nécessaire de cette conduite, au point de vue de la sécurité de la colonie et de la pacification générale, est considérable.