BATAILLE DU MONT THABOR
Kléber^ avec sa division, avait débouché dans les plaines qui s’étendent au pied du mont Thabor, non :o loin du village de Fouli. Il avait eu l’idée de surprendre le camp turc pendant la nuit, mais il était arrivé trop tard pour y réussir. Le 21 germinal (10 avril) au matin, il trouva toute l’armée turque en bataille.^ Quinze mille fantassins occupaient le vil- 15 lage de Fouli, plus de douze mille cavaliers se déployaient dans la plaine. Kléber avait à peine trois mille fantassins en carré.^ Toute cette cavalerie s’ébranla et fondit sur nos carrés. Jamais les Français n’avaient vu tant de cavaliers caracoler,^ charger, 20 se mouvoir dans tous les sens.^ Ils conservèrent leur sang-froid accoutumé, et, les recevant à bout portant par un feu terrible ils en abattirent à chaque charge un nombre considérable. Bientôt ils eurent formé autour d’eux un rempart d’hommes et de chevaux, et, 25 abrités par cet horrible abattis,® ils purent résister six heures de suite à toute la furie de leurs adversaires. Dans le moment Bonaparte débouchait du mont Thabor avec la division Bon. Il vit la plaine couverte de