RÉVOLTE DU CAIRE
Mais pendant que les Français taillaient en pièces Tarmée qu’ils avaient devant eux, Nassif-Pacha entra dans le Caire avec dix mille cavaliers turcs, et, proclamant que les Français avaient été détruits, il n’eut pas de peine à soulever la population.
Kléber n’avait laissé que deux mille hommes dans cette capitale. Réduits à un si petit nombre les Français ne pouvaient rien faire contre la révolte, mais, comme ils occupaient la citadelle et les forts, ils étaient eux-mêmes à l’abri d’un coup de main.^ D’ailleurs Kléber leur envoya des renforts dans la nuit qui suivit la bataille, et quatre jours après il arriva lui-même avec le gros de son armée, après avoir poursuivi les Turcs bien loin du côté de la Syrie.
Kléber montra ici autant de prudence qu’il avait montré d’énergie sur le champ de bataille. Il gagna du temps^ et laissa l’insurrection se fatiguer elle-même. Il bloqua toutes les issues par lesquelles la ville communiquait avec le dehors. Puis, choisissant le moment favorable, il attaqua les insurgés tantôt dans un quartier tantôt^ dans un autre, et après une série de combats heureux, il chassa les Turcs et fit rentrer la population dans l’ordre.
Plusieurs villes égyptiennes avaient suivi l’exemple du Caire. La révolte fut partout réprimée avec la même vigueur et la même sagesse.
Kléber usa modérément de sa victoire. Au lieu de
l’expédition en Égypte
faire tomber des centaines de têtes, suivant la coutume des Turcs, il se contenta de frapper une contribution sur^ les villes rebelles.