SHERARD-OSBORN. — MAC-CLINTOCK. — PULLEN
1852. Inglefield. Nord-ouest.
Expédition organisée par lady Franklin. C’est dans le cours de
cette expédition que périt notre compatriote Bellot, mort victime de son noble dévouement.
1853. Rae.
Voyage par terre. Il retrouve quelques traces de Franklin, et reçoit la prime promise ; l’expédition se faisait aux frais de la Compagnie de la baie d’Hudson.
1853-55. K ANE. Nord-ouest.
Expédition américaine entreprise aux frais de deux généreux ar-
mateurs, Grinnell et Peabody.
L’intendant Morton voit la mer libre do haut du cap Constitution, Kane hiverne deux fuis, par 78 degrés de latitude, dans la baie Peabody, vers le milieu du détroit de Smith, on endurant des souffrances inouies.
185/i. JENKINS. Nord-ouest.
1855. Ringgold. Détroit de Behring.
1855. Hartstene. Nord-ouest.
Ces deux expéditions, dans deux directions différentes, sont entreprises par la marine nationale dos États-Unis.
1855. Anderson. — Stexvars.
Entreprise exécutée aux frais de la Compagnie de la baie 4’iiudson, par terre. On retruove de nouveaux débris de l’expédition de Franklin.
1857. Mac-Cltotock. Nord-ouest.
Expédition organisée par lady Franklin. On retrouve les débris des deux bdlimenls, et des cadavres, dont quelques-uns portaient la trace d’actes de cannibalisine.
1861. Hayes. Nord-ouest.
Expédition effectuée an moyen d’une souscription publique, sur l’incilaltoo de nom1)renses Sociétés scientifiques des Éiats-ünis.
Voyage scichtinque remarquable; Invernagc dans un lieu voisin de celui où Kane avait passé deux ans, au port Foulque, prés de l’entrée du détroit de Smith.
Le docteur Hayes a pu dire avec un juste orgueil que si Parry a déployé le pavillon d’Angleterre au poiitt le plus nord où les hommes soient parvenus par mer, lui, Hayes, a planté la bannière améri-
caine sur le point de la terre le plus rapproché du p4le; il a été jusqu’à 82 degrés, et il a vu la mer libre.
Dans cette rapide énumération, nécessairement sèche et concise, on doit remarquer : le nombre total des tentatives, soit par le nord-ouest, soit par le nord-est, soit parle détroit de Behring, en tournant à l’est ou à l’ouest; — le caractère de chaque expédition, tantôt d’initiative royale, sans dédaigner le lucre, tantôt d'action nationale, tantôt d’initiative de compagnies de marchands ou de particuliers; — le mobile qui poussait à l’entreprise, le plus souvent la recherche d’un passage commercial pour abréger la route des Indes, l’appât des métaux précieux, or et cuivre, la colonisation lointaine ; — puis le but scientifique. Trèspeu d’expéditions ont uniquement en vue l’accès même du pôle Nord. A dater de 1845, toutes les campagnes sont effectuées exclusivement pour trouver les traces de Franklin.
C’est un grand honneur pour l’Angleterre, pour ses citoyens, pour quelques Américains généreux, et surtout pour l’admirable veuve de l’amiral Franklin, que cette ténacité à la poursuite d’un noble but. Ces voyages à la recherche de Franklin ont donné, il est vrai, de notables résultats scientifiques ; mais ils ont surtout donné^une nonvélle preuve de la puissance de solidarité qui nnit tous les membres de la nation britannique. La Grande-Bretagne n’a pas à regretter les 25 millions qu’elle a dépensés pour tenter de sauver un seul de ses enfants; ce sera pour elle un éternel souvenir de véritable gloire.
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§ 3. — PROJETS DE SHERARD OSBORN ET DE AüGüSTUS PETERMANN.
Depuis ces tentatives énergiques et réitérées, eflectuées en vue de retrouver les débris de l’expédition de Franklin, tout nouveau projet d’exploration boréale paraissait abandonné. A mon retour en Europe, je croyais être le seul à être préoccupé par ce grand sujet, et cet isolement me paraissait ajouter une difficulté écrasante de plus à toutes celles que|j’entrevoyais.
Puis, à ma très-vive satisfaction, j’appris que la question d’accès du pôle Nord avait été l’objet de débats longs et animés dans les diverses sociétés géographiques du continent, à la suite de l’initiative du capitaine de vaisseau Sherard Osborn, de la marine royale britannique, et du docteur Augustus Petermann, de Gotha, dont le nom a tant d’autorité en géographie.
Pour être bien certain de vous faire connaître exactement les diverses raisons invoquées de part et d’autre, j’ai cherché à vous présenter un compte rendu analytique, très-concis, mais fidèle, des quatre séances de la Société de géographie de Londres, où les promoteurs des deux projets ont exposé leurs vues, en les soumettant ainsi à un débat contradictoire, souvent très-vif.
Ce débat s’agitait précisément à l’époque où je battais la mer pour remonter à la source des enseignements, et où j’établissais ma conviction personnelle, de visu, sur les lieux mêmes, dans la mer Arctique, au nord du détroit de Behring, par un examen consciencieux et approfondi.
Séance du 23 Janvier 1865.