Pour trad. exacte, sig. 3°» Gkos
2. Lettre au ministre des Affaires étrangères, à bord du Primait guet ^ 8 janvier i858.^
Canton pour aller à Boca Tigris, auprès des deux vaisseaux. le Calcutta elle Sans-pareil.
Le 5 janvier les Plénipotentiaires se rendirent au quartier général; ils se rendirent compte ainsi que lesCommanclanl? des ditBcultés qu'on rencontrerait aussi bien de la part des mandarins subalternes que du peuple si les Alliés tentaient d'administrer Canton sans le concours du Gouverneur de la Province, Pi-Kouci. Celui-ci, après avoir refusé avec colère les propositions qui lut étaient faites par les Allies, se ravisa le lendemain, mercredi, 6 janvier :
Nous avons fait faire à nos prisonniers, écrit le Baron Gros au Ministre des Affaires étrangères, le 8 janvier '. des proposilion.s qu'ils ont rejetées presque avec colère le premier jour et qu'il» ont acceptées sans la moindre objection le lendemain lorsque nous avons assuré à Pi-Kouei que nous le verrions avec plaisir nommé Vice-Roi de Canton h la place de Yé, et que si rÊmpcreur lui donnait les pleins pouvoirs nécessaires pour traiter avec nous les questions politiques du moment, nous l'accepterions pour collègue. Je n'ai pas besoin de dire à V. E. qu'en lui tenant ce langage nous répondions aux demandes que nous avait ndrcssées le Gouverneur du Kouang-Toung, dont l'ambition personnelle peut le rendre un utile Instrument entre nos mains.
Pi-Kouei nous a demandé encore si dans !e cas où les rclii'llcs attaqueraient la ville nous la défendrions? Il lui a été répondu que cela ne pouvait pas être autrement et que nous étions résolus à la garder pour la rendre à l'Empereur dès que nous aurionii obtenu de la Cour de l'e-King la solution des dilTérends cjul nous ont forcés à prendre les armes contre le Vice-Roi. Pi-Kouei a toujours été, à Canton, le rival et presque l'ennemi de \é. hiini qu'il fût sous ses ordres... Son influence est grande dans la ville et l'on nous assure que. même sous la surveillance des forces alliées, il pourra y maintenir l'ordre et y faire administrer la justice. Tous les fonctionnaires subalternes lui obéiront malgré sa soumission aux barbares et j'avoue à V. E. que cet étal di' choses, que je serais heureux de voir s'établir et se consolldci ,
t. Cf. lettre de lord Elgln k lord CUrcndon, Ç) janv. i858. — ///'ir>
a 36 CAPTURE DE YÉ
me paraît presque impossible à croire tant il est contraire à toutes les notions que j*ai pu acquérir sur les mœurs chinoises depuis mon arrivée dans ces contrées. Voici des faits, cependant, et devant eux il faut s'incliner.
Pi-Kouei, rétabli dans son Yamen (son palais, situé au centre de la ville) sera entouré d'une garde d'honneur franco-anglaise et il consent, de là, à gouverner la province et la ville sous le contrôle des Commandants des forces^ alliées maîtresses absolues de Canton .
Deux tribunaux seront établis dans son Yamen, Tun composé d'autorités chinoises, qui ne connaîtra que des délits et des crimes "commis entre indigènes, l'autre d'officiers français et anglais qui jugeront tous les délits commis entre étrangers ou Chinois ou entre les étrangers entre eux, mais qui n'agira que comme juge d'instruction dans les affaires criminelles dont la connaissance appartiendra aux conseils de guerre nommés ad hoc par les commandants de la ville, nécessairement en état de siège.
Pi-Kouei ne pourra publier aucune proclamation sans la soumettre auparavant au contrôle des Commandants en Chef, et sans qu'elle ne soit revêtue de leur timbre.
Le Général Tartare sera mis en liberté sur parole, ses soldats, presque tous pères de famille et établis dans la ville, seront autorisés à y rester, mais après avoir déposé leurs armes et en s'engageant à ne jamais se réunir.
EnGn, Pi-Kouei et le Général Tartare publieront une proclamation aux habitants de Canton pour leur faire connaître les dispositions prises pour maintenir l'ordre dans la ville, et samedi prochain, les Plénipotentiaires et les Commandants en Chef se réuniront dans le yamen où Pi-Kouei viendra recevoir de leurs mains l'investiture des pouvoirs qu'ils confient à sa probité et à son patriotisme.
PI-KOUEI, CHARGÉ DE l'aDMINISTATION DE CANTON,
9 JANVIER l858.
Le 9 janvier^, eut lieu la cérémonie par laquelle les Plénipotentiaires conférèrent à leur prisonnier Pi-Kouei l'administration de la province de Canton :
I. Lettre du B®" Gros au ministre des Affaires étr., Canton, i3 janvier