Pour trad. exacte, (sig.) B"" Gros
Lettre du baron cftos a l'amiral rigault de genouilly 267
vice-roi de Canton, le Commissaire Impérial Yé, pris dans la ville môme par les forces alliées.
Dans Tentretien que j'ai eu à ce sujet avec Lord Elgin, et pendant lequel il a été convenu qu'il m'écrirait la dépêche dont il est question, il a bien voulu me communiquer, comme il le fait souvent, avec obligeance, les informations qu'il reçoit, de temps en temps, de M. l'Amiral Seymour. du général Van Straubenzee et de M. Parkes, sur Tétat des choses dans Canton depuis le jour où la ville a été occupée par les forces alliées, et il résulte de ces renseignements qu'il serait prudent, à mon avis, comme à celui de mon collègue d'Angleterre, d'éloigner de la ville et du pays un homme dont le nom est encore un espoir pour quelques-uns et une crainte pour bien d'autres. Il est à peu près sur en effet que plusieurs mandarins et quelques notables, n'osent pas encore rentrer dans Canton, parce qu'ils ont peur que Yé, quHls savent dans le voisinage, n'y revienne bientôt, et ne les punisse de leur soumission aux alliés. Vous m'avez dit un jour qu'une tentative de séduction avait été faite auprès de l'un des hommes de Vinflexible, et M. l'Amiral Seymour m'a confirmé ce fait.
J'ai répondu à Lord Elginque Yé étant le prisonnier des Commandants en Chef, je devais, avant de répondre à sa note, vous la faire connaître, pour avoir votre avis, et vous exprimer le désir que nous avions, l'un et l'autre, d'éloigner de la ville toute cause d'inquiétude ou d'embarras. Quant à ce qui me concerne, je lui ai dit que je trouvais la mesure nécessaire, et qu'il y avait urgence à la mettre à exécution le plus tôt possible.
Singapore ne nous paraît pas être une résidence convenable pour Yé, la nombreuse colonie chinoise qui s'y trouve serait un danger, ou pour la tranquillité locale, ou pour la personne même de Yé, contre lequel tant de familles chinoises ont des vengeances à exercer.
Le Cap ou Maurice sont trop loin et trop européens ; et, si je ne me trompe, Calcutta sera le lieu où Yé séjournera jusqu'au moment où la paix rétablie lui permettra de revenir dans son pays. H sera prévenu de cette disposition dans la crainte qu'il n'attentât à ses jours, si un exil perpétuel semblait le menacer.
Veuillez, je vous prie, M. l'Amiral, me faire connaître si je puis répondre k Lord Elgin que votre opinion est d'accord avec la mienne, sur la question qu'il veut bien me soumettre, ou si j'ai quelques observations à lui présenter de votre part.
Recevez, etc.
(Sig.) Baron Gros.
Cor HIER. — Expcd. de Chine 1 857-58. i-y