LE BARON GROS A LORD ELGIN
En conséquence Yé fut expédié à Calcutta ; il ne devait pas revoir sa patrie ; il mourut dans son lieu d'exil avant le règlement définitif des affaires.
Nous avons vu que le baron Gros croyait, qu'après avoir organisé un gouvernement à Canton et y avoir assuré Tordre, les Plénipotentiaires devaient s'adresser à Pe-King en tenant encore un langage conciliant et, en écrivant au premier ministre, lui envoyer une copie de la correspondance qu'ils avaient échangée avec Yé ; il pensait encore qu'il fallait faire connaître l'état de choses actuel aux Plénipotentiaires de Russie et des Etats-Unis en leur demandant de se réunir à eux s'ils le jugeaient convenable pour donner plus de poids aux demandes amicales qu'ils allaient présenter à Pe-King.
Ces convictions, que lord Elgin ne partageait pas, finirent cependant par prévaloir : le 27 janvier, le baron Gros eut avec lord Elgin une longue conférence à bord du Primauguet et en se référant à la note qu'il avait remise à son collègue le i5, le premier demanda au second s'il n'y avait pas lieu d'examiner si une démarche simultanée faite par les quatre grandes puissances ne porterait pas un coup décisif sur l'esprit de l'Empereur et sur celui de ses ministres ; le baron Gros parla à lord Elgin de la nécessite où ils étaient de faire connaître au comte Poutiatine et à M. Reed l'état de choses actuel et de les mettre ainsi en demeure de joindre.
convenable, la mesure qui le concerne ne devrait pas tarder à être prise, et quant au lieu qui devra lui être assigné pour sa résidence, il me semble que Calcutta ou Madras, ainsi que V. E. m*en a déjà parlé, seraient préférables au Cap ou à Singapore, mais, quel que soit le lieu où le prisonnier des alliés sera détenu provisoirement, il va sans dire que le Gouvernement de rEmpereur remboursera à celui de S. M. Britannique la part qui doit être à sa charge dans les dépenses faites en commun , }
pour assurer l'existence convenable et la surveillance de l'ancien j
Commissaire Impérial, Vice-Roi de Canton. ^
Je prie, etc.
(Sig.) ; B^» Gros.
aÔO NÉGOCIATIONS AVEC PE-KING
leurs efforts aux leurs pour peser sur le gouvernement impérial ou de leur refuser leur concours s'ils croyaient devoir en venir là.
Le 2g, lord Elgin envoya le mémorandum suivant au baron Gros dans lequel, «'appropriant l'idée que ce dernier lui avait exposée, par écrit dans sa note du i5 et verbalement dans la conférence du 27, il proposait d'écrire aux Plénipotentiaires de Russie et des Etats Unis en faisant connaître à son collègue français les heureux résultats que pourrait avoir une démarche de cette nature.
MEMORANDUM DE LORD ELGIN, 29 janvier i858.
Furious, 29 janvier i858.
Le Soussigné recevra avec reconnaissance de son honorable collègue, le Plénipotentiaire de France toutes les observations et les critiques qu'il jugerait convenable de faire sur un projet de note qu'il se propose d'écrire au premier ministre de l'Empereur de la Chine, projet dont il joint ici une copie pour le soumettre à l'examen de Son Excellence.
Lorsque la rédaction de cette note aura été définitivement arrêtée, le Soussigné propose à son honorable collègue, s'il ne trouve aucune objection à y faire, d'en envoyer une copie, sous forme confidentielle, au Plénipotentiaire des États-Unis et à celui de S. M. l'Empereur de Russie, en accompagnant cet envoi d'une lettre qui pourrait faire entendre à chacun de ces deux Plénipotentiaires, que s'ils jugeaient convenable de se joindre aux Alliés pour faire avec eux le voyage de Chang-Haï, ces derniers seraient heureux de s'y rendre en leur compagnie.
Le Soussigné pense que l'adoption de cette mesure pourrait amener les résultats suivants :
1° Elle serait nécessairement considérée par les Plénipotentiaires dont il s'agit comme une marque de déférence pour leurs personnes et pour leurs gouvernements :
2° Elle leur donnerait, ainsi qu'à leur gouvernement, une preuve irrécusable de la modération et de la justice qui ont guidé la conduite tenue envers la Chine par les Gouvernements d'Angleterre et de France dans les questions actuelles ;
3** S'ils consentent à se rendre à Chang-Iiaï, les représenta-