‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 201 sur 285 · ARRIVÉE DE MM. DE CONTADES ET OLIPHANT A CHANG-HAI SOQ · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE MM. DE CONTADES ET OLIPHANT A CHANG-HAI SOQ

les commentaires et les indiscrétions, la seconde avec la célérité et la dignité, obtenait encore, ce qui était bien à désirer pour les effets à produire à Pe-King une grande et importante publicité.

« 11 restait aussi ce point : décider à choisir le lieu où devait se faire la remise des dépêches ; Chang-Haï offrait tous les désavantages d*une transmission consulaire par le Tao-taï ; je dois ici, pour être explicite, avouer loyalement à V. E. que rien ne m'eût été plus facile que de faire accourir S. E. le Fou taï dans cette ville, au moyen d'une simple lettre de moi et de mon collègue d'Angleterre au Tao-taï, déclarant que la remise des dépêches des hauts Commissaires Impériaux ne pouvait être faite par leurs envoyés que dans les mains propres du Gouverneur du Kiang- Sou ou du Vice-Roi des Deux Kiang lui-môme, car il eût fait bien volontiers loo ou aoo lieues, plutôt que d'ouvrir, chose inouïe et sans précédents en Chine, l'immense ville de Soutcheou fou aux relations officielles des ambassadeurs extraordinaires, mais personne n'ayant pensé à ce mezzo termine, je n'eus garde d'en parler même à M. de Contades.

<r La ville de Sou-tcheou offrait au contraire pour la remise des premières dépêches directes de Leurs Excellences les Hauts Commissaires à la Cour de Pe-King, de nombreux et incontestables avantages, car indépendamment qu'elle est la capitale de la plus riche province de l'Empire, la résidence des plus hautes autorités, qu'elle possède une population de deux millions et demi à trois millions d'habitants, elle est encore le plus important emporium commercial de la Chine, et avec toute la dignité convenable, elle nous donnait le plus de publicité, le grand commerce et les banques de Sou-tcheou fou entretenant des relations journalières avec la capitale de l'Empire.

« Tant d'avantages en faveur de ce dernier mode de transmission ne pouvaier^ échapper à M, de Contades, ils avaient été effectivement l'objet des préoccupations et des études de sa jeune, mais active et intelligente expérience, durant son voyage de Hong-kong à Chang-Haï.

a Je n'eus donc aucune peine à lui faire adopter le seul moyen de rendre digne en même temps que prompte et décisive, la première ouverture directe d'une aussi haute dignité que V. E. avec la Cour de Pe-King.

« Le succès le plus complet a couronné nos efforts... »

Le Tao-taï de Chang-Haï était d'ailleurs absent de cette ville qu'il avait quittée pour faire une visite de quinze jours h

3lO DÉPART DES PLÉNIPOTENTIAIRES DE CANTON

Tchao, gouverneur du Kiang-Sou. Le 21 février, dans la soirée, \e Mississipi arrivait à Chang-Haï, et le 22, le viceconsul des États-Unis, M. Freeman, remettait à M. Oliphant, d'après les instructions de M. Reed, les notes russe et américaine incluses sous la même enveloppe ; le même jour, dans une entrevue des consuls de France et d'Angleterre avec MM. de Contades et Oliphant, leur départ fut décidé pour Sou-tcheou où ils remettraient au Fou-taï Tchao les lettres des Hauts Commissaires. MM. de Contades et Oliphant écrivirent au Fou-taï pour lui annoncer leur prochaine arrivée comme porteurs de dépêches importantes et MM. de Montigny et Robertson * transmirent leur lettre à Sou-tcheou au Tao-taï de Chang-Haï pour que celui-ci la remît au Gouverneur.

Je cède ici la parole à M. de Contades pour nous faire le récit de sa mission.

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