‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 215 sur 285 · LE BARON GROS AU PREMIER MINISTRE A PE-KING · texte numérisé non relu

LE BARON GROS AU PREMIER MINISTRE A PE-KING

de guerre anglais qui se trouvaient à Chang-Haï de le suivre immédiatement dans le Nord, et il partit le lo avril au matin avec eux, ne laissant qu'un seul navire de guerre pour protéger les étrangers. Le comte Poutiatine était parti le 9 et M. Reed suivit le 1 1 . Le baron Gros ne put partir qu'après eux, à cause de la distance à laquelle était mouillée V Audacieuse, et il arriva seulement le mardi 20, sur ce navire, dans le golfe du Pe Tche-li, à huit milles à peu près de l'embouchure du Pei-ho ; les trois autres Plénipotentiaires y étaient déjà depuis quelques jours.

Le baron Gros considérait que son rôle ainsi que celui de lord Elgin était parfaitement tracé par la force même des choses et selon sa manière de voir « il fallait d'abord que les Plénipotentiaires se présentent tous les quatre à l'embouchure du Pei-ho et fassent parvenir, comme ils le pourraient, une communication directe à Pe-King, pour demander, ou leur admission dans la ville, comme négociateurs, ou l'envoi immédiat, soit à leur bord, soit sur un point convenable du littoral, de Plénipotentiaires chinois dûment autorisés pour traiter avec eux. Les ministres étrangers accorderaient encore huit jours pour recevoir une réponse, et, passé ce terme, ils attendraient encore indéfiniment mais en s'emparant tout de suite des forts qui défendent l'entrée de la rivière, ou de Tientsin même, si cela était possible, et, en même temps ils feraient bloquer le Pei-ho, le Grand Canal dans le Houangho, s'il y avait moyen, et ils occuperaient de concert (cette clause était absolument indispensable) Chousan et les autres points du littoral qui leur paraîtraient devoir être, entre leurs mains, de nouveaux gages à rendre en négociant plus tard.

« Il allait sans dire qu'au moment où le baron Gros et lord Elgin auraient à tenir un langage comminatoire au gouvernement de Pe-King, ils donneraient avis aux Plénipotentiaires de Russie et des États-Unis, qui seraient ainsi mis en demeure ou de continuer à agir avec eux, ce qui n'était pas

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