LE BARON GUOS A T AN
^\0N (^ROS A T\y, 5 MAI l858
\ bord de VAudacieuse^ le 5 mai i858.
reçu la dépêche que S. E., etc., lui a écrire en réponse à celle que le Soussigné 3o avril dernier pour lui demander de voure connaître s'il était muni des pleins pouvoirs )Our entrer en négociations avec lui.
réponse peu satisfaisante ne permet pas au Soussigné de 3r encore une entrevue au noble Gouverneur, puisque îs pleins pouvoirs de son Souverain qui l'autorisent à à résoudre toutes les questions pendantes entre les deux , il se trouverait en présence du noble Gouverneur qui, côté, n'aurait de pouvoirs que pour écouter ce que le lé lui dirait, et pour transmettre ses paroles à Pe-King. ussigné pense donc que S. E. pourrait et devrait écrire itement à Pe-Ring pour demander des pouvoirs semà ceiix que l'Empereur Ïao-Kouang avait donnés aux saires Impériaux ki-Yinget I-li-pou, en 1842 et en i844. sans lesquels il est impossible d'entrer en négociations ; s à dater d'aujourd'hui sont plus que suffisants pour une réponse* de Pe-Ring, et si, avant l'expiration de ce e Soussigné n'avait pas reçu l'avis que ces pleins pouvoirs vés, il se verrait obligé, bien à regret, de suspendre l'aclomatique et de remettre les affaires entre les mains de français.
ussigné ne doute pas que le noble Commissaire Impérial dans ce nouveau délai, accordé au Gouvernement chie preuve de plus de son esprit de conciliation et du désir qu'il éprouve de faire cesser un état de choses contraire rets des deux Empires.
(Sig.) B«° Gros.
sa réponse, T'an ne faisait que d'annoncer que le ement chinois confirmait simplement sa première ion, c'est-à-dire que les Commissaires impériaux l'ordre de venir demander ce que les Plénipotentiaires s voulaient et le faire savoir à Pe-King.
aron Gros envoya immédiatement à M. Reed et au
35o LES PLÉNIPOTENTIAIRES DEVANT LE PEI-HO
lions entre Etats civilisés et il me paraît que le décret exhibe par le Gouverneur Général du Tche-li contient tous les pleins pouvoirs que le GaJ^inei de Pe-King pouvait donner à son Plénipotentiaire vis-à-vis de demandes si importantes et en n>êmc temps si peu compréhensibles pour lui.
Dans des relations antérieures, les fonctionnaires chinois déclaraient pour la plupart du temps qu'il leur était impossible de rapporter à l'Empereur des demandes d'une importance bien moins grande ; le Gouverneur Général T'an n'a pas eu recours à un pareil subterfuge. 11 est hors de doute que si le siège des conférences était à Canton et même à Chang-Haï, il y aurait de grands inconvénients dans la nécessité d'en référer continuellement à Pe-Ring, mais, dans le Pei-ho, toute communication avec la capitale prendrait à peine 4 ou 5 jours. De plus, il est h peine possible, même en Europe, qu'un diplomate, dans une position aussi critique que celle de ï'an, ne se vît pas obligé de prier qu'on lui accordât le temps nécessaire pour demander de nouvelles instructions à son Gouvernement.
Ces considérations, et plus encore, le désir de n'avoir recours aux armes qu'à la dernière extrémité, désir essentiellement conforme aux sentiments magnanimes qui ont toujours distingué la nation française, décideront peut-être V. E. à consentir à ouvrir des négociations avec T'an. Il faut en même temps prendre en considération que vis-à-vis des immenses demandes faites par les quatre nations, sans explications détaillées, et de l'incertitude de la possibilité de quelques concessions de notre côté, le Gouvernement chinois pourrait tomber dans le désespoir et compromettre, par une résistance prolongée quoique inefficace dans ses résultats définitifs, la position avantageuse dans laquelle se trouvent maintenant les représentants des nations qui voudraient ouvrir la Chine.
Je vous prie, etc.
(Sig.) C*^ POUTIATINE.
Dans rétat des choses, lord Elgin et le baron Gros crurent devoir accorder encore un nouveau délai aux autorités chinoises, en colorant ainsi à leurs yeux, l'impossibilité où ils se trouvaient d'agir d'une manière efficace, et ils écrivirent au Gouverneur général T'an afin de lui demander de s'expliquer catégoriquement sur la nature des pouvoirs qu'il disait avoir reçus.
LE BAHO^ UHOS A TAS, 5 MAI IfSoO
A bord de l'Audacieuse, le 5 mai i8â8.
Le Soussigné, Ole, a reçu la dépêche t]ue S. E., etc., Jui a fait l'honneur de lui écrire en réponse à celle que le Soussigné lui avait adressée le 3o avril dernier pour lui demander de vouloir bien lui faire connaître s'il était muni des pleins pouvoirs nécessaires pour entrer en négociations avec hii.
Cette réponse peu satisfaisante ne permet pas an Soussigné de demander encore une entrevue au noble Gouverneur, puisque muni des pleins pouvoirs de son Souverain qui l'autorisent à traiter et à résoudre toutes les questions pendantes entre les deu\ Empires, il se trouverait en présence du noble Gouverneur qui, de son côté, n'aurait de pouvoirs que pour écouter ce que le Soussigné lui dirait, et pour transmettre ses paroles à Pe-King.
Le Soussigné pense donc que S. E. pourrait et devrait écrire tinmédiatement k Pe-ktng pour demander des pouvoirs semblables à ceù» que l'Empereur Tao-Kouang avait donnés au\ Commissaires Impériaux ki-Yingell-li-pou. en iSiïeten iS^Zj. pouvoirs sans les(|ucls il est impossible d'entrer en négociations ; six jours à dater d'aujourd'hui sont plus que sufTisants pour obtenir une réponse" de Pe-king, et si. avant l'expiration de ce terme, le Soussigné n'avait pas reçu l'avis que ces pleins pouvoirs sont arrivés, il se verrait obligé, bien à regret, de suspendre l'action diplomatique et de remettre les alTaires entre les mains de l'Amiral français.
Le Soussigné ne doute pas que le noble Commissaire Impérial fie voie dans ce nouveau délai, accordé au Gouvernement chinois, une preuve de plus de son esprit de conciliation et du désir sincère qu'il éprouve de faire cesser un état de choses contraire aux intérêts des deux Empires.
(Sig.) B"° Ghos.
Dans sa réponse, T'an ne faisait que d'annoncer que le gouvernement chinois confirmait simplement sa première déclaration, c'est-à-dire que les Commissaires impériaux avaient l'ordre de venir demander ce que les Plénipotentiaires étrangers voulaient et le faire savoir à Pe-King.
Le baron Gros envoya immédiatement à M. Rced et au
comte Poutiatine une copie des communications qu'il avait échangées avec T'an et l'ambassadeur russe répondit qu'il lui paraissait parfaitement juste que l'on exigeât au moins du nouveau Commissaire impérial l'exnibition de pleins pouvoirs identiques à ceux que l'empereur Tao-Kouang avait donnés aux Commissaires impériaux Ki-Ying et I-li-pou en 18^2 et en i844.
LE COMTE POUTIATINE AU BARON GROS, 6 MAI iSoS
A bord de V America, dans la rivière Pei-ho,
6 mai i858.
Monsieur le Baron,
J*ai reçu la lettre que V. E. m*a fait Thonneur de m'adresser en date du 5 mai courant, et je m*empresse de lui exprimer mes sincères remerciements pour la suite qu'Elle a bien voulu donner à ma dernière communication.
Le délai de six jours que V. E. vient d'accorder au Cabinet de Pe-King est une nouvelle preuve de votre ferme désir d'éviter autant que possible les mesures violentes. Il n'est que juste d'insister sur l'exhibition par le Commissaire T'an de pleins pouvoirs de la même forme que ceux qui ont déjà été donnés par le Gouvernement chinois, à une occasion antérieure et semblable, à un de ses Plénipotentiaires. C'est aussi mon intime conviction qu'en traitant d'affaires avec les Chinois, il n'y a pas de possibilité d'arriver à un résultat satisfaisant sans fermeté et menaces, et, permettez-moi de le dire, je pense que de cette manière on réussira aussi bien et mieux peut-être qu'en procédant par voie de force.
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint une note que j'adresse au Commissaire T'an ; j'espère agir en cela conformément aux intentions de V. E.
Je vous prie, &c.
(Sig.) C*® Poutiatine.
LE COMTE poutiatine, 6 MAI l858, A t'an
Le Plénipotentiaire de Russie a reçu des Plénipotentiaires de France et d'Angleterre une communication, dans laquelle il est ,