M. HEED AU BARON GROS
dit, qu'un délai de sis jours est accordé au Commissaire T'an pour demander à la Cour de Pc-King des pleins pouvoirs semblables à ceux que l'Empereur Tao-kouang avait donnes aux Commissaires Impériaux Ki-Ying et I-Il-pou on i84a et 1844, en les envoyant dans le Sud pour négocier avec les Plénipotentiaires d'Angleterre et de Franc:'.
Le Soussigné prie le Commissaire T'an de s'adresser à Son Gouvernement et de solliciter l'envoi à Ta-kou et dans le délai fixé, de pleins pouvoirs écrits exactement dans les termes que lui ont désignés les Représentants des puissances alliées. Le Plénipotentiaire de Russie croit devoir engager le commissaire T'an à prendre cette demande en sérieuse considération, et le prévenir qu'en y faisant droit, le Gouvernement Chinois évitera les hostilités qui pourraient être la conséquence d'un refus.
Le Soussigné saisit celte occasion, &c,
(Sig.) C" PoUTIATINE.
Rivière du Pei-ha, abord du vapeur l'America,
4 MAI l858
L'attitude de M. Reed avait été toute autre que celle du comte Pouliatine ; sans doute son caractère susceptible et son peu d'expérience des usages diplomatiques le portèrent à agir à l'insu de lord Elgin et du baron Gros, et sans les prévenir, le 3 mai, il se rendit avec les personnes composant sa mission et escorté par les oCQcicrs de son bAliment, à un rendez-vous qu'il avait donné aux Commissaires impériaux. Le lundi 4 niai, il répondait à la communication qu'il avait reçue du baron Gros par une lettre clans laquelle il est impossible de ne pas y voir le reproche d'avoir manqué de confiance envers lui, comme aussi l'idée de motiver l'acte isolé qu'il venait de faire, par la conduite que les Plénipotentiaires avaient tenue envers lui :
Cette communication de V. E., écrit M. Reed, m'a tiré du
pénible état d'incertitude dans lequel je me trouvais relativcmi^ul
à vos intentions et à celles de Lord Elgin, depuis l'envni des
dépèches qui demandaient la nomination d'un Commissaire Nopr-
CoHDiEB. — Expéd. de Chine 1867 5S. 33
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rial. J'ai franchement acquiescé à cette démarche, comme je l'avais déjà fait à toutes les autres, quoique je puisse dire en toute sincérité que le délai de six jours fixé pour attendre l'arrivée d'un Commissaire Impérial à ïakou m'a paru trop court. Toutefois, ayant la plus entière confiance dans les intentions pacifiques de V. E. et dans votre désir de faciliter aux Chinois toutes les chances d'une négociation amicale, j'ai réglé exactement ma conduite sur la vôtre sans avoir donné un avis que l'on ne m'avait pas demandé.
Mais devant le refus de lord Elgin et du baron Gros d'accorder une entrevue au Commissaire impérial tant qu'il n'aurait pas prouvé qu'il était muni de pleins pouvoirs, M. Reed se considéra comme libre d'agir à sa guise :
En conséquence, écrit-il, je suis descendu hier à terre près des forts de ïa-kou, et j'ai eu une longue et intéressante conférence avec Leurs Excellences les Commissaires Impériaux. Il en est résulté pour moi l'entière conviction qu'il serait inopportun d'insister en ce moment sur la production de pleins pouvoirs par écrit, et que le Haut Commissaire est revêtu d'une haute autorité pour traiter, et qu'il ne demandera pas à en référer à Pe- King sur chaque point séparément, mais sur l'ensemble du traité ou sur la forme de la négociation, lorsque tout sera terminé. Cela ressemble tellement à une référence pour demander des ratifications, que je me suis rendu à leurs désirs, et que j'ai annoncé au Commissaire Impérial mon intention de traiter avec lui, ou du moins de lui soumettre les principaux points à débattre entre nous, dès qu'il m'aura montré l'original ou la copie de ma correspondance de février dernier, qu'il m'affirme être dans les Archives du Département compétent à Pe-King, et dès qu'il m'aura donné l'assurance positive que la lettre du Président des États-Unis adressée à l'Empereur de la Chine sera reçue et acceptée sur le pied de l'égalité. S. E. T'an me l'a promis, et un délai, de cinq jours à partir d'hier, a été fixé à cet effet. J'ai donc l'espoir de me rencontrer encore avec les Commissaires.
Le 7 mai, le baron Gros écrivait à M. Reed pour bien préciser la situation qu'il avait prise ainsi que lord Elgin lorsqu'ils avaient offert aux Plénipotentiaires de Russie et des États-Unis de réunir leur action à la leur. Après une nouvelle et longue lettre de M. Reed, le baron Gros lui écrivit la