PROJETS DES ALLIÉS
et moi, nous sommes tombés d'accord que les mesures à adopter contre le Gouvernement chinois, devaient consister dans un blocus du Pei-Iio, et dans un blocus du Yang-tseu-kiang, au point de jonction du Grand Canal. Ces mesures sont d'ailleurs au nombre de celles dont l'exécution m'a été prescrite en cas de besoin par S. E. M. le Ministre de la Marine dans une dépêche en date du 9 mai 1857.
« Un certain nombre de canonnières alliées, ayant été porté, sur la demande des Plénipotentiaires, au delà de la barre du Pei-ho et dans le voisinage des forts pour appuyer leurs négociations, il a paru en outre aux Amiraux qu'elles ne pouvaient quitter cette position, sans dommage pour l'honneur des armes, avant que ces forts n'eussent été enlevés et détruits. Il n'y a point d'ailleurs à songer à occuper ces forls d'une manière permanente, en raison de leur position malsaine, au milieu des marais salins, et parce que, en ces parages dangereux, les Bâtiments ne peuvent rester privés pendant longtemps de la meilleure partie de leurs équipages et de la majorité de leurs officiers. Le renfort de quelques 'canonnières d'un faible tirant d'eau qu'a reçu l'escadre britannique permet cette opération, bien qu'en raison de la nature du temps et de la mer, elle ne soit pas sans difficulté.
« J'ai eu l'honneur, M. le Baron, de vous faire connaître dans plusieurs conversations, mon opinion sur les opérations, dont vous m'avez entretenu plusieurs fois, contre Tien-tsin. Ma manière de voir à cet égard n'a pas varié, les escadres ne possèdent pas les moyens d'agir contre ïien-tsin. M. le Comte Poutiatinc m'a fait connaître hier que, d'après les renseignements nouveaux qu'il a obtenus, les navires de huit pieds anglais de tirant d'eau seuls, pourraient arriver jusqu'à cette ville, pas une seule canonnière française ne pourrait y parvenir, car elles tiraient huit pieds d'eau au lancement, sans aucun armement. Une expédition quelconque contre Tien-tsin qui ne serait pas suivie d'une occupation, me paraîtrait, fût-elle possible, et elle ne l'est pas dans l'état présent des choses, une expédition mauvaise en ce pays où il ne Tant menacer que lorsqu'on est sûr de pouvoir frapper.
« M. l'Amiral Seymour et moi, nous sommes d'ailleurs prêts à nous réunir à MM. les Plénipotentiaires de France et d'Angleterre pour nous entendre avec eux sur les mesures à prendre, compatibles avec nos moyens d'action et qui ne rentreraient pasdans celles que j'ai énumérées. »
Le jour même, après avoir communiqué à lord Elgin la réponse de l'amiral Rigault, le baron Gros écrivit à celui-ci.
Par suite de la réponse que vous avez bien voulu me faire et qui n*est pas tout à fait identique à celle que l'Amiral Seymour a adressée à Lord Elgin, je trouve avec un bien vif regret, dans la situation actuelle, une gravité qui me préoccupe.
Nous en avons mûrement étudié la portée. Lord Elgin et moi, et il a été convenu entre nous que nous ne devions pas rompre encore la correspondance établie entre les Plénipotentiaires de France et d'Angleterre et les Commissaires impériaux, correspondance qui constitue, pour ainsi dire, des négociations préliminaires.
Nous allons donc chercher dans nos instructions adaptées autant que possible aux circonstances actuelles, l'issue la plus conforme aux vues de nos gouvernements respectifs.