PROJETS DES ALLIÉS
Toutefois l'action militaire était retardée jusqu'à l'arrivée
36a PRISE DES FORTS DE TA-ROU
des canonnières anglaises qui parvinrent enfin à l'embouchure du Pei-ho, le lo mai ; les nouveaux pourparlers engagés comme nous l'avons dit plus haut n'ayant conduit à aucun résultat satisfaisant, le baron Gros écrivait le 12 mai à l'Amiral :
« Dans cet état de choses, nous avons. Lord Elgin et moi, à prendre le plus tôt possible un parti définitif, mais pour en venir là, nous avons besoin, M. TAmiral, de savoir si les forces navales alliées qui, le 5 de ce mois, ne paraissaient pas aux Amiraux, ainsi que vous avez bien voulu me le dire, suflire pour entreprendre des opérations efficaces contre le Peï-lio peuvent, maintenant, avec le renfort des canonnières qui est arrivé, s'emparer des forts qui commandent l'entrée de la rivière et s'avancer sur Tien-tsin où se trouvent les approvisionnements considérables qui y sont arrivés depuis les premiers jours d'avril.
a Lord Elgin m'a dit qu'il avait déjà écrit à ce sujet à l'Amiral Seymour...
a Veuillez donc, je vous prie, M. l'Amiral, me faire savoir, lorsque cela vous sera possible si les moyens d'action dont vous disposez, réunis à ceux de votre honorable collègue d'Angleterre peuvent vous permettre de vous emparer des forts de Ta-kou et d'aller ensuite menacer Tien-tsin qui est, comme vous le savez, l'entrepôt de Pe-Ring, ou bien si vous croyez ne pouvoir faire autre chose que de prendre, occuper ou détruire les forts de l'embouchure du Pei-ho.
a Nous croyons. Lord Elgin et moi, que la première opération, si elle était possible, ce que les Amiraux sont seuls juges compétents à décider, serait, maintenant, la seule ch^ce de succès qui nous reste et je vous avoue qu'elle me semble bien faible encore, dans la position difficile où nous nous trouvons. Quant à la seconde opération, elle ne constituerait probablement qu'un acte d'hostilité contre la Chine ne pouvant amener aucun résultat utile et il y aurait à examiner alors si, comme je suis porté à le croire, il ne serait pas sage de l'abandonner. »
Le i3 mai, l'amiral Rigault de Genouilly répondait au baron Gros :
En présence de nos forces réduites par l'occupation de Canton, de la nature de nos corps de débarquement, qui ne comprennent, sauf deux cents soldats, que des matelots. M. l'Amiral Seymour