LES COMMISSAIRES CHINOIS
Le gouvernement chinois avait fait choix pour Hauts Commissaires de deux fonctionnaires considérables : le Grand Secrétaire Kouei-liang et le général Hou*. Cha-na ; ils ne lardèrent pas à être rejoints par le vieux Ki-ïing, ancien viceroi des Deux Kouang, jadis négociateur des traités de Nan- King avec l'Angleterre et de W ha m- poa avec la France, mais depuis en pleine disgrAce et de président de ministère devenu vice -président. L'empereur Hien-Foung en envoyant Ki-ying à Tien-tsin désirait-il avoir recours sérieusement à son expérience des étrangers, ou bien le vieux mandarin n'élait-il employé dans les nouveaux pourparlers que dans l'espoir secret qu'il se perdrait irrémédiablement ; ce dernier calcul était vraisemblable de la part des nombreux ennemis de Ki-jing qui eurent ainsi la joie de consommer la ruine du malheureux vieillard, victime en réahlé du parti hostile aux étrangers.
Le 9 juin, Ki-ying annonçait son arrivée au baron Gros :
KI-TIHG AU BAROn GROS, Q JUIN lODO
Kl, Vice-Président, Membre de la famille Impériale, fait I communication suivante ;
Ayant reçu de l'Auguste Empereur un décret qui me nonim
pour aller traiter les alfaires des diverses nations, je suis ari'L\
CoEDiEH. — Expéd. de Chine 1857-58. 25
aujourd'hui, et dans un jour ou deux, j'irai complimenter V» E. et lui souhaiter toutes sortes de prospérités.
J*ai rhonneur d'en informer d'avance V. E.
Dépêche spéciale adressée à S. E. K6, Haut Commissaire Impérial, etc., etc.
Le aS** jour de la 4* lune de la 8* année de Hien-Foung (9 juin i858)*.
Ki-ying n'annonçant pas qu'il était muni de pleins pouvoirs, notre ambassadeur dut décliner d'entrer en relations avec lui :
LE BARON GROS A KI-TING, Q JUIN l858
Au noble dignitaire Ki-Ying, Vice-Président d'un des Conseils, Membre de la famille Impériale de la Dynastie Ta-Ts'ing.
Le Soussigné, etc., a reçu la communication que S. E. le noble dignitaire Ki-ying, membre de la famille Impériale, lui a fait l'honneur de lui adresser pour lui annoncer son arrivée à Tientsin et lui demander une entrevue. Le Soussigné aurait eu un véritable plaisir à aller lui-même chercher S. E. dont le nom et la réputation sont arrivés jusqu'à lui depuis longtemps, si. Commissaire Impérial, et muni de pleins pouvoirs, il eût été charge de traiter les affaires qui concernent la France. Mais S. E. n'ignore pas que T'an, Tsoung et Wou n'ayant pas été pourvus de ces pouvoirs, le Soussigné n'a pu avoir l'honneur de voir ces personnages et qu'il ne peut pas agir différemment dans des conditions analogues I
Des négociations sont au moment de s'ouvrir et dès qu'elles seront terminées, comme le Soussigné l'espère, elles le sont heureusement, il aura l'honneur d'aller trouver S. E. et lui parlera avec plaisir des bons souvenirs qu'elle a laissés auprès de tous ceux qui, à d'autres époques, ont eu l'honneur de traiter avec Elle.
Le Soussigné souhaite à S. E. tout le bonheur qu'Elle mérite
et fait pour Elle les vœux les plus sincères.
9 juin i858.
Deux jours plus tard, Ki-ying recevait les pouvoirs nécessaires pour prendre part aux négociations :