ET TI-HOUANG
Le 4** jour de la 5^ lune (i4 juin), moi, Mien-Yu (Houeï Ts*inwang), étant de retour du camp de Seng-ko-lin-ts'in, j'ai reçu une lettre apportée par un courrier. Celte lettre était de Kiyincr ; il y annonçait qu'il s'était mis en route et qu'il avait quitté Tien-tsin. A cette lecture, je me suis senti saisi d'un frémissement inaccoutumé et j'ai communiqué la lettre de Kiyino- au Conseil de guerre temporaire. Là nous avons examiné secrètement l'affaire de concert avec Tching-houang et Yi-houang. Nous étions fort effrayés et ne savions quel parti prendre. Nous avions pensé que Ki-ying avait une connaissance parfaite du caractère des étrangers et c'est pour cette raison que nous avions demandé secrètement qu'on l'envoyât à Tien-tsin pour y diriger les affaires pendantes avec eux. Ce fonctionnaire avait été criminel, mais la grâce de l'Empereur l'avait fait admettre de nouveau au service malgré ses crimes. Quelle ne devrait pas être sa prudence, et dans ses observations et dans ses plans, s'il voulait prouver sa reconnaissance? Aurait-il donc cru impossible de pénétrer les intentions des étrangers ? C'est ainsi que n'ayant ni commencé ni achevé son œuvre; il a voulu, sous un prétexte quelconque, se débarrasser de l'affaire qui lui était confiée et revenir sur-le-champ dans la capitale. Une pareille