Ibid., p
i3 factoreries formant un square et derrière lesquelles courait de l'Est à rOuest la rue des Treize factoreries (Thirteen factory Street). Devant la nouvelle factorerie anglaise et devant la factorerie hollandaise se trouvaient des terrasses dont les colonnes portaient, pour la première, Pro Rege et Senatu Angliœ, et la seconde, Je maintiendrai,
A l'extrémité Nord de Old China Street, s'élevaient sur la rue des Factoreries les beaux bâtiments d'architecture chinoise du <( Conseil des Factoreries étrangères » (Consoo House), propriété de la collectivité des marchands hanistes qui étaient d'ailleurs propriétaires, principalement Howqua et Pouan-Kei qua, des factoreries qu'ils louaient aux étrangers à un prix modéré payable une fois l'an ; on pénétrait dans la Maison du Conseil par un escalier de larges marches en granit et par de grandes portes en bois de teck.
« En payant une somme considérable, écrit Sonnerai, II, p. i5, il leur fut permis [aux étrangers] de bâtir la façade [de leurs hangs] à leur manière, pourvu que l'intérieur fût à la Chinoise, comme il l'est efifectivement ; chaque nation a son pavillon devant sa loge, non pas comme une marque de considération, mais comme une enseigne qui la distingue des autres. » En 1826, les pavillons anglais, hollandais, américain et espagnol étaient hissés tous les jours devant les factoreries ; le pavillon français, absent depuis trente ans, fut hissé le i3 décembre 1882, pour marquer la résidence de notre consul ; notre commerce était alors insignifiant ; la Suède, le Danemark et l'Empire (Autriche) avaient cessé tout commerce direct avec Canton.
Chaque factorerie se composait d'une série de bâtiments presque tous de trois étages, placés les uns derrière les autres, séparés par des cours, et numérotés i, 2, 3, etc. ; le rez-dechaussée était consacré aux bureaux, le premier aux salons de réception et le second aux appartements privés.
Le vendredi soir, i®*" novembre 1822, à 9 heures, un terrible incendie détruisit avec un grand nombre de maisons
indigènes, les hongs de Fat-qua, Tchoung-qua et Pouan-keiqua ainsi que toutes les factoreries étrangères, à l'exception de celles du consul américain (Wilcock), de M. Berry et d'une partie de celle de M. Magniac.
Au Nord de la vieille ville se trouve le quartier tartare ; sur la pente d'une colline appelée Kouan yin chan court la muraille; là s'élève, formant mirador, la pagode à cinq étages, Wou ts'eng leou, érigée en i368 sous les Ming et reconstruite en 1686. Dans la ville étaient bâtis : le yamen du collecteur de la gabelle. Yen yun sse, près de la Koue-té men, le yamen du Grand Juge provincial; Ngan tch'asse, et celui du chancelier littéraire, Hio youen, non loin, tous dans la partie Sud; la salle des examens littéraires, Kong youen, près du coin Sud-Est; l'hôtel du général tartare, Tsiang Kiun, et à proximité, près du centre, les yamens du trésorier provincial, Pou tcheng sse, et du gouverneur du Kouang-Toung, Fou-youen,
Dans la nouvelle ville, on voyait au Sud, près de la Tsing Hai men, le Yamen du Hoppo \ directeur des douanes maritimes, et près de la Yeou-lan men, celui du Gouverneur général dés Deux Kouang, transféré aujourd'hui dans la vieille ville, et dont l'emplacement est occupé par la cathédrale catholique française.
Au Sud, dans le faubourg, sur le bord de l'eau, s'étend le lieu des exécutions.
Des forts défendaient la ville ; nous indiquerons derrière les hauteurs du Nord, hors de la ville, le Yong-Ning-P*ao-t'ai, nommé par les Anglais Fort de Gough, du nom du général qui s'en empara en i84i.
A l'Ouest de la ville s'étend un faubourg populeux et commerçant, au Sud duquel, sur le bord de la rivière, près de l'angle Sud-Ouest (Kouai Kok leouj, se trouvaient les facto-
I. Voir mou Hist, des Rel. de la Chine^ly p. 160 (Paris, F. Alcan). — Aussi Les Marchands hanistes de Canton, par Henri Gordier, p. 1-2.
reries étrangères ; à l'Ouest de ces factoreries, sur le bord de l'eau, à la place d'une berge boueuse, appelée Cha-min (surface de sable), une île artificielle a été créée en 1869, pour y établir les concessions anglaise et française.
Canton est une ville entourée d'une muraille formant d'une façon générale un vaste segment dont la corde est à peu près parallèle à la rive gauche au Nord du fleuve Tchou- Kiang ; au sud de la ville, dite la vieille ville ou la ville intérieure, s'étend la nouvelle ville ou ville extérieure afiectant une vague forme rectangulaire, et, enfin, entre celle-ci et la rivière se trouve un faubourg populeux.
Seize portes donnent accès à la ville ; quatre d'entre elles font communiquer les deux villes : ce sont de l'Ouest à l'Est la Kouei Te (Kouai Tak) Meriy la Ta Nan Men, grande porte du Sud, centrale, la seule par laquelle on puisse pénétrer la nuit, la Wen Ming Men et, enfin, la Siao Nan Men, petite porte du Sud.
Les autres portes de la vieille ville sont : la Ta Pe Men (Pak Men), principale porte du Nord, par laquelle entrent les courriers venus de Pe-King par terre ; elle est reliée par une rue à la Kouei Te Men ; puis en allant vers l'Est, la Siao Pe Men, petite porte du Nord ; à droite de cette porte eut lieu l'escalade des alliés en décembre 1867 ; le mur de l'Est est percé d'une porte Ta ou Tch'eng Toung Men, grande porte de l'Est, qu'une rue à travers la cité relie à la Tch'eng Si Men, porte de l'Ouest.
Les portes de la nouvelle ville sont au Sud, en commençant à l'Est la Yong Hing Men, la Yong Ts'ing Men, porte de la Pureté éternelle, qui conduit au lieu des exécutions ; la Wou Sien Men, porte des Cinq Génies qui correspond à la Kouei Te Men ; elle est appelée aussi Porte des Alliés, car elle conduit au liçu où s'opéra le débarquement des troupes
franco -anglaises; la Tsing liai Men, porte de la mer tranquille ; la Yeou Lan Men, porte d'huile, ainsi que la suivante, est surtout destinée à l'entrée des grosses marchandises dans la ville; la Tchou (Tchuk) lan Men, porte des Bambous, la plus rapprochée des factoreries. Dans le mur de l'Ouest est percée la T*aï Ping Men, porte de la Grande Paix, pareille à la Si-Menj mais moins grande, qui fait pendant à la Siao Toung men, dans le mur de l'Est.
Quand on vient du Sud, laissant Hong Kong à droite et Macao à gauche, on dépasse l'île Lintin, on pénètre dans le chenal de Tchouen-pi et passant Hou-men, d'où les Portugais ont tiré Boca Tigris et les Anglais The Bogiie, puis l'île du Tigre, on pénètre dans le Tchoa-Kiang ou (( Rivière de la Perle » . On atteint Belcher Reacb , longe l'Ile de la première barre (First Bar Island), les six Iles plates ("The Six Fiat Islands) par la passe de Blenheirp (Blenheim Reach) que l'on quitte à l'île danoise (Danes Island) et s'engageant par la rivière française, on arrive à Wham-poa ; l'île de Wham-poa divise le fleuve en deux bras, au Sud, avec Tîle de Ho-nam ; Fiddler's Reach ; au Nord, avec la rive de Canton : Wham-poa channel ; en amont de l'île de Whampoa, se trouve l'île Kuper non loin de la ville de Canton.
En face de la ville de Canton se trouve la grande île de Ho-nam, avec, au Nord, les îles Kuper et de Wham-poa, en aval l'île française (French Island) dont elle est séparée par l' American Reach et par Hou-tcheou Reach, au Sud, les îles Tchang-chan, Haddington et Barrow, que baignent les passages EUiot le long de Ho-nam, et Blenheim Passage, suite de la passe de Blenheim ; en amont de Ho-nam, l'île de Gough, avec le fort et la pagode de Macao, séparé de Canton par la passe Starling.
En face de Canton, dans le chenal de Ho-nan, se trouvent les îles avec fortins désignés sous le nom de Dutch Fotly et de French Folly ; à la pointe en amont de l'île de Wham-poa, à l'endroit ou Fiddler's Reach et le Ïchou-Kiang se joignent
s'élevaient les forts de la Barrière qui se composaient de trois lignes de batteries au niveau de l'eau, une sur chaque rive du fleuve, et la troisième au bout d'une langue de terre fcHrmant l'extrémité d'une île au milieu du cours d'eau ; lors de la première guerre anglaise, une barrière avait été construite de iSSg à i84i avec des pilotis et des jonques chargées de pierres, ne laissant qu'un étroit passage sur la rive droite; nous verrons datns quelles circonstances ils furent détruits.