ART. 5 DU TRAITÉ AMÉRICAIN
Le Ministre des États-Unis d'Amérique en Chine aura le droit, toutes les fois qu'il sera nécessaire, de se rendre et de séjourner dans la capitale de S. M. l'Empereur de la Chine, et d'y conférer avec un membre du Conseil privé ou tout autre dignitaire d'un rang égal au sien désigné à cet effet, sur les matières d'intérêt et d'avantage communs. Il ne se rendra à Pe-King qu'une fois par an, et il traitera les affaires sans y apporter de délai inutile.
Il pourra s'y rendre par terre ou par l'embouchure du Pei-ho, mais il n'aura point le droit de faire entrer des navires de guerre dans cette rivière, et il préviendra les autorités locales pour qu'elles lui fournissent les embarcations nécessaires pour continuer son voyage. Il ne prendra point avantage de cette stipulation pour demander à se rendre dans la capitale sous de vains prétextes. Toutes les fois qu'il aura l'intention de s'y transporter.
il devra en faire part au Conseil des Rites à Pe-King, qui prendra toutes les mesures nécessaires pour faciliter son voyage, et pour le protéger et le faire respecter sur la route. A son arrivée dans la capitale, il lui sera fourni une résidence convenable, préparée pour lui, et il paiera toutes ses dépenses. Sa suite entière ne devra point excéder vingt personnes, en dehors des serviteurs chinois ; aucun* négociant ne pourra en faire partie.
Il est vrai que rartîcle 6 prévoit le cas où une autre Puissance obtiendrait pour son représentant le droit de résidence dans la capitale de la Chine :
Si, à l'avenir, S. M. l'Empereur de la Chine, par un Traité conclu volontairement, ou pour toute autre cause, permettait au représentant d'une nation amie de résider dans sa capitale pour un temps plus ou moins long ; dans ce cas, sans nouvelle négociation, et sans permission expresse, le Représentant des États-Unis en Chine jouirait du même privilège.
Les négociations avec TAngleterre présentèrent les plus grandes difficultés, grâce à Tâpreté des négociateurs britanniques.
Le 25 juin, vers six heures du soir, les ministres russe et américain, comte Poutiatine et Reed se présentèrent chez le baron Gros de la part des Commissaires impériaux. « Ces derniers, écrit notre Ambassadeur*, me faisaient dire qu'ils venaient de recevoir un décret de l'Empereur qui, sous peine de la vie, défendait à ses Plénipotentiaires d'accorder aux étrangers la résidence permanente de leurs agents diplomatiques à Pe-King et la liberté de commerce direct dans l'intérieur de TEmpire, les deux clauses précisément que j'avais abandonnées. Ils ajoutaient qu'ils me suppliaient d'intervenir auprès de lord Elgin pour qu'il voulût bien y renoncer aussi, assurant qu'ils ne les avaient acceptées que par peur. J'ai