‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 30 sur 285 · LE COMMODORE ELLIOT · texte numérisé non relu

LE COMMODORE ELLIOT

Sir John Bowring ayant conféré avec le commandant en chef de l'escadre, Sir Michael Seymour, celui-ci expédia des instructions au commodore Elliot afin qu'il s'entende avec le consul Parkes sur le parti à prendre et lui envoya le Coromandel pour faciliter les négociations.

Le tonnage de la Sybille n'ayant pas permis à ce navire de remonter à Canton, le commodore Elliot arriva dans cette ville le lo octobre au soir sur un vapeur transportant des passagers.

Le commandant et le consul se trouvèrent d'accord pour penser que des mesures coercitives seules forceraient les Chinois à réparer Tinsulte faite au pavillon anglais : le Commissaire impérial refusait non seulement toute réparation, mais aussi d'entamer aucune négociation ; c'était donc un déni de justice, — écrivait le consul à Sir John Bowring le 1 1 octobre, — constituant une règle, qui, à moins que le commissaire ne trouvât incommode de continuer à l'appliquer, serait suivie à l'avenir ; c'est en efiFet, poursuivait-il, un avis de sa part qu'il ne respectera ni pavillon anglais, ni enregistrement au consulat britannique, toutes les fois qu'un Chinois déclarera qu'un navire se trouvant dans ces conditions, n'était pas propriété anglaise.

I. Je respecte l'orthographe du Blue-Book, n'ayant pas les caractères chinois.

GoRDiER. — Expéd. de Chine 1857- 58. 4

5o « L AFFAIRE DE h « ARROW »

Par suite des instructions de Sir John Bowring, Parkes écrivait à Yé le 12 octobre, à midi :

Comme il est clair que les autorités chinoises ont violé l'article IX du Traité Supplémentaire * qui stipule que tout malfaiteur chinois réfugié à bord d'un navire anglais sera réclamé par l'intermédiaire des autorités britanniques, j'informe Votre Excellence que le Plénipotentiaire de Sa Majesté réclame des excuses pour l'attentat qui a eu lieu et demande de vous l'assurance que le pavillon britannique sera respecté à l'avenir ; et que si quarante-huit heures se passent sans qu'il ait été fait droit à sa réclamation, je me concerterai avec les autorités navales pour prendre telles mesures nécessaires afin d'obtenir réparation ; je dois aussi ajouter que s'il est prouvé que des navires ou des sujets britanniques se sont livrés à des actes de piraterie, ils seront poursuivis sans délai, et que sur la demande de l'autorité compétente, les coupables chinois ne trouveront pas un refuge à bord des bâtiments anglais, mais toutes les poursuites doivent avoir lieu selon les termes du traité.

La réclamation de Parkes eût été parfaitement fondée si V Arrow avait été vraiment un bâtiment ayant le droit de battre pavillon anglaise Parkes, dans sa précipitation, ne s'était jamais posé cette question, en quoi il eut tort; en réalité, la lortcha n'avait plus le droit d'arborer les couleurs britanniques depuis le 27 septembre. En effet, ainsi que l'écrit Bowring dès le 1 1 octobre :

Il paraît, après enquête, que V Arrow n'avait aucun droit de hisser le pavillon britannique ; la permission (licence), qui lui avait été accordée, a expiré le 27 septembre, date à partir de laquelle il n'avait plus droit à notre protection.

Et encore, le i3 octobre :

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