‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 31 sur 285 · I. Signé à Boca Tigris, le 8 oct. i · texte numérisé non relu

I. Signé à Boca Tigris, le 8 oct. i

3. « We believe it may be plainly stated at once, as a malter of fact, that the Arrow was not an English vessel, but only a Chinese vessel which had obtakied by false prelences the temporary possession of a British Flag. Mr. Consul Parkes, however, was fussy. » (Justin Me Carthy, A History of Our Own Times, III, 1880, p. 10.)

l' « ARROW » 5l

Il ne peut y avoir de doute, qu après l'expiration de la permission, protection ne pouvait être légalement accordée.

La seule excuse de la conduite hâtive de Parkes, encore •qu'elle n'ait pas été acceptée par tous les orateurs de la Chambre des Communes, c'est qu'au moment de l'afiFaire, les Chinois ignoraient les irrégularités de l'enregistrement de V Arrow ; s'ils avaient, sans le savoir, le droit strict pour eux, c'était pur hasard.

h^ Arrow appartenait à un certain Sou A-tching qui commença aie construire le 7 août i854 ; lorsque la lortcha fut terminée. Sou obtint son enregistrement \ moyennant i 000 •dollars, par l'intermédiaire de M. Frederick H. Block, chef <ie la maison John Burd & C°, de Hong-Kong ; VArrow faisait le cabotage, transportant le riz et autres marchandises, ses escales étant Fou-tcheou, Amoy et Chang-Haï. Cette lortcha n'était vraiment pas étrangère ; en équité, sinon en justice, le propriétaire anglais au nom duquel elle était enregistrée n'était qu'un prête-nom. Il était inutile, disait le vice- roi, non sans quelque apparence de raison, d'entamer une discussion à son sujet.

Cependant Lord Clarendon écrivait le 10 décembre à Sir John Bowring qu'il approuvait entièrement les demandes faites par Parkes qu'il trouvait modérées dans les circonstances, et qu'après avoir pris l'avis du jurisconsulte de la couronne, il pensait que l'autorité chinoise avait violé l'article IX du Traité Supplémentaire.

La communication de Parkes du 1 2 octobre, étant restée sans effet, le consul en adressa une seconde à Yé, le i4, à sept heures du matin, pour lui rappeler que les quarantehuit heures accordées pour une réponse expireraient le même jour à midi.

I. La Lortcha fut enregistrée le 37 sept. i855 et ce même jour Fong A-ming, comprador de John Burd & C<>, déclara en être le seul pro- {>riétaire. .

5a L AFFAIRE DE L « ARROW »

A lo heures du matin, Yé répondit qu'il s'était assuré que la lortcha n'était pas la propriété d'un étranger, qu'il n'y avait pas d'étrangers à bord, qu'au moment de l'arrestation des douze hommes, aucun pavillon n'était hissé (ceci paraît inexact), que dorénavant les oflSciers chinois n'arrêteront sous aucun prétexte des gens appartenant à des lortchas étrangères, mais que lorsque des Chinois construisaient des vaisseaux pour eux-mêmes, les étrangers ne devraient pas leur en vendre l'enregistrement, car il ne pouvait en résulter qu'une confusion entre les navires indigènes et les navires étrangers.

Au reçu de cette communication, Parkes la fit parvenir au Commodore EUiot qui s'embarquait à midi sur le Coromandel, prenait à la remorque des chaloupes de la Sybille, et après avoir donné, à Wham-poa, l'ordre au Barracouta de remonter le fleuve et de jeter l'ancre au-dessus de la Barrière, s'emparait, au-dessous de la Dutch Folly, d'une grande jonque, armée de lo à 12 canons et arborant les couleurs du Gouvernement ; il est vrai qu'on découvrit plus tard que la susdite jonque de guerre n'était qu'un vulgaire navire marchand faisant ordinairement le trafic de la rivière de Canton.

Le lendemain, Parkes écrivait à Yé pour lui annoncer la capture de la jonque, que des navires de guerre étaient ancrés devant les forts de Wham-poa, devant ceux de la Barrière Lei-ti et devant la ville, et qu'ils y resteraient jusqu'au règlement des aflaires.

Le 16, Bowring approuvait la conduite de Parkes et d'Elliot, et prévenait Yé qu'à moins d'une prompte réparation, les autorités navales anglaises recevraient des instructions pour faire observer les termes du traité qui avaient été violés par les fonctionnaires chinois ; il lui écrivait qu'il espérait que la mesure qu'il avait été forcé de prendre en saisissant une jonque impériale suffirait à montrer à Son Excellence les graves conséquences qui pourraient résulter d'une nouvelle hésitation de sa part à exécuter les stipulations du traité. Sir John oubliait que, cinq jours auparavant, il écri-

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