CHAPITRE V
L'AFFAIRE DE L' « ARROW» (Suite).
Le 4 novembre, le bombardement de Canton continue.
Le 5, pendant trois heures, le Kouân-yin chan situé derrière la ville, subit le feu de trois grosses pièces d'artillerie. Le matin, Houqua remettait à l'Amiral, au Plénipotentiaire et au Consul britanniques trois adresses des habitants de Canton marquant que les Anglais, ayant bombardé la ville, devaient être satisfaits et suspendre les hostilités.
Sir John Bowring répondit le lo que les hostilités étaient dues à Tobstinatioii et au manque de courtoisie du Gouverneur général et que les auteurs de la pétition feraient bien, pendant qu'il en était temps encore, d'exercer une pression sérieuse sur leur premier magistrat afin qu'il cède.
Le 6 novembre, le Barracouta, le Coromandel et les chaloupes de l'escadre descendent le fleuve au lever du soleil ; après une lutte d'une heure, ces navires s'emparent de la « French FoUy » et détruisent une flotte de 23 jonques de guerre mouillées à l'abri des canons de ce fort.
Le 8 novembre, au matin, quatre brûlots furent dirigés par les Chinois sur les navires anglais à l'ancre dans la passe de Macao et l'un d'eux fit même explosion à l'avant du Barracouta,
Le 5 novembre, Yé lançait à la population de Canton une proclamation dans laquelle il disait que les barbares anglais avaient commencé les troubles sous un faux prétexte, leur but réel étant leur admission dans la ville, qu'il avait refusé de leur accorder.
76 l'affaire de l' « ARROW »
CONTINUATION DES OPÉRATIONS (ll-l4 NOVEMBRE)
Le 1 1 novembre, nouvelle communication de Yé à Tainîral Seymour. Celui-ci, laissant le Sampson et le Niger pour protéger la factorerie, alla mouiller dans l'après-midi audessous des forts de Boca Tigris avec le Calcutta, le Nankin, VEncounter, le Barracouta, le Hornet (^arrivé justement de Chang-Haï) et le Coromandel ; le capitaine Wilson, du Winchester et le commandant Bâte étaient aussi présents avec une partie de leur équipage sur des bateaux.
Le 12, au matin, l'Amiral demanda la reddition des forts qui lui fut refusée. En une heure de temps, les deux forts de l'île de Wantoung, armés de près de 200 pièces de canon, qui avaient déjà été pris lors de la première guerre en i84i, tombaient entre les mains des Anglais.
Le i3, les forts de Annung-hoy, avec 187 pièces de canon, en face de l'entrée de Boca Tigris, furent également capturés sans pertes pour les Anglais, qui restaient maîtres de toute la rivière ; dans toute cette opération, ils n'eurent qu'un homme tué et 5 blessés.
Le i4, Parkes, au nom de sir Michael Seymour, faisait passer dans la colonie anglaise une circulaire dont le contenu est clairement expliqué dans la lettre suivante adressée à notre vice-consul à Hong-Kong ; Parkes racontait les opérations qui venaient d'être exécutées et exprimait le regret qu'elles n'eussent pas eu raison de l'obstination du Commissaire impérial qui continuait à refuser de faire des concessions.