A M. DE PERSIGNY
19 novembre i855.
M. le G*", le Docteur Parker, Ministre des États-Unis en Chine, en ce moment en route pour se rendre à son poste, m'a entretenu, à son passage à Paris, des instructions qu'il a reçues. Il avait vu antérieurement Lord Glarendon et il lui avait également fait part des intentions de son Gouvernement.
Nous approchons du terme où les traités qui règlent nos rapports avec la Chine pourront être revisés ; le Cabinet de Washington se trouve, à cet égard, dans le même cas que nous, et ce droit de revision est déjà acquis à l'Angleterre depuis le 29 août i854. En vertu de ce droit, le gouvernement de S. M. Brit**'^® a, dès le mois de février de l'année dernière, donné à son Plénipotentiaire en Chine, le Dr. Bowring, les pouvoirs nécessaires pour provoquer des négociations avec le Céleste Empire. Dès lors, aussi, bien que le temps légal, où nous pourrions entrer dans la même voie, ne fût pas arrivé pour nous, le Gouvernement de l'Empereur, ne pensant point que les autorités chinoises songeassent à s'en prévaloir, du moment où elles auraient accepté de négocier avec la Légation anglaise, invita notre Ministre à Macao à appuyer ces ouvertures et à s'associer aux démarches du D'' Bowring. C'est une démarche de la même nature que le Gouvernement des États-Unis nous propose à son tour et tel est l'objet des instructions que son Ministre emporte en Chine.
Il n'est pas douteux que la position des gouvernements qui ont des traités avec la Chine serait infiniment plus avantageuse si, au lieu d'être reléguées à l'extrémité de l'Empire, sans rap-
I. Alexandre, comte Colonna Walewsky, ministre le 8 mai î855, en remplacemept de M- Drouyn de Lhu^s,