VE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A M. DE PERSIGNT Q
ports directs et suivis, même avec le gouvernement de la Province où elles sont établies, leurs Légations, admises dans la Capitale même et accréditées auprès du Souverain, entretenaient des relations officielles avec le pouvoir central. Il est certain que notre commerce pourrait s'accroître d^ns de très vastes proportions si, au lieu d'être limité aux cinq ports qui lui sont ouverts, il avait partout accès sur l'immense étendue du littoral chinois. Les instructions du D' Parker portent spécialement sur ces deux points.
Indépendamment toutefois des stipulations spéciales à introduire à cet égard dans de nouveaux traités, le Cabinet de Washington .pense qu'il ne serait pas impossible de suggérer au gouvernement chinois une mesure qui, en l'aidant peut-être à désarmer l'insurrection, pourrait également être utile aux chrétiens de l'Empire et dont le résultat favorable à la fois au développement de la civilisation dans l'avenir et au rétablissement de la paix intérieure dans le présent, le serait aussi par cela même à notre commerce et à notre influence. Nos Plénipotentiaires essaieraient par leurs bons avis d'amener le gouv' chinois à supprimer les inégalités qui résultent de la différence des religions. Je n'ai pas l'intention de soumettre en ce moment à un examen de détail les propositions du gouvernement des États-Unis. Je ne veux pas rechercher si, au cas où la résidence de nos légations à Pe-King n'aurait point de chances d'être admise, nous ne devrions pas nous borner à réclamer le droit de correspondre directement avec les autorités centrales ; et si devant un refus d'ouvrir tout le littoral chinois, il ne conviendrait pas de limiter nos demandes sur ce point à la libre navigation sur le Yangtseu-Kiang jusqu'à Nan-King inclusivement et à la faculté de séjourner dans les villes situées sur le littoral de la province de Tche-Kiang. Je laisse également de côté la question de savoir l'accueil que pourraient recevoir les bons conseils qu'il s'agirait de donner au gouv* chinois relativement aux inégalités fondées sur la différence des religions. Mais, à première vue, les propositions du gouv* des États-Unis me paraissent conformes aux intérêts communs des trois puissances en Chine ; et elles sont tellement rapprochées dans leur esprit des instructions que le gouv* de l'Empereur a envoyées à M. de Bourboulon et celui de S. M. Bque^y£)r Bowring cu i854 que je regarde l'unité de vues comme déjà établie en principe. Nous sommes donc disposés à adresser à notre légation en Chine les directions et les pouvoirs nécessaires pour qu'elle se concerte avec la légation des États-Unis, Nous
lO OUVERTURE DES NÉGOCIATIONS
tenons, toutefois, avant de le faire, à nous être préalablement entendus avec le gouv* anglais. Il resterait aux représentants des trois cabinets à se mettre d'accord sur la forme et la limite des demandes, qui, à la distance où nous sommes, ne peuvent guère être indiquées que d'une manière générale ainsi que sur le moment le plus favorable pour y donner suite. Je vous invite à en entretenir lord Glarendon et à me faire connaître quelles sont à cet égard les intentions de S. M. Britannique.
DESroERATA DU D*^ PARKER
Le D' Parker désirait obtenir :
• 1° La résidence à Pe-King des envoyés des trois gouvernements français, anglais et américain en même temps que l'envoi de Commissaires impériaux devant aussi résider d'une manière permanente à Paris, Londres et Washington ;
2** L'extension illimitée du commerce des trois puissances avec la Chine ;
3° La liberté universelle d'opinion pour les sujets chinois ;
4® La réforme des cours de justice chinoises.
Le Plénipotentiaire britannique. Sir John Bowring, se ralliait aux deux premiers points, tout en faisant les restrictions suivantes : qu'il ne faudrait pas réclamer l'envoi de Commissaires impériaux chinois près les trois gouvernements, ni prétendre à une extension illimitée du commerce avec la Chine ; il devait suffire de l'ouverture du Yang-tseu Kiang et de quelques-unes des grandes places de commerce chinoises ; d'autre part, sir John se prononçait contre les deux dernières demandes dont il ne croyait pas la réalisation possible. Le chargé d'affaires de France, M. de Courcy, partageait l'opinion du ministre d'Angleterre.
Au sujet des propositions du D' Parker, le ministre des Affaires étrangères écrivait (lo mai i856) à notre chargé d'affaires en Chine :