AMÉRICAINS ATTAQUÉS 8S
se leva et agita son pavillon ; un nouveau coup de canon lui répondit, en même temps qu'un fort de la rive droite ouvrait le feu. Par un hasard providentiel, personne ne fut atteint. , Le Commodore ayant retiré de Canton les forces améri- •caines, le lendemain (i6 novembre), à 3 heures et demie de l'après-midi, fit bombarder les forts de la Barrière par le Portsmouth dont le feu dura plus de deux heures; le 17, le commandant américain étant malade, fut obligé de retourner sur sa frégate à vapeur San Jacinto à Wham-poa, où s'étant -consulté aVec le D*" Parker arrivé de Macao, il écrivit le 19 à Yé ; la réponse de celui-ci, reçue le 20, n'était pas satisfaisante, et les Chinois avaient réparé les forts.
Les Américains rouvrirent le feu le 20, et le continuèrent le 21 et le 22 ; les opérations qui se terminèrent par la capture des quatre forts de la Barrière, coûtèrent la vie à sept Américains, cinq autres furent blessés. Le 26 novembre, le D' Parker prévenait le consul américain, M. Perry, que le Commodore James Armstrong continuerait les hostilités jusr ■qu'à ce qu'il eût obtenu satisfaction. Le 6 décembre, les Américains démolirent entièrement les quatre forts de la Barrière qui étaient extrêmement solides et armés de grosses pièces et le 7 décembre, ils retournèrent à Wham-poa.
Le 5 décembre, Yé avait écrit au commodore Armstrong une lettre qui indiquait son intention de régler les affaires.
Le 2 décembre, le consul Parkes donnait avis à sir John Bowring que par ordre du Commissaire impérial les douanes "étaient fermées depuis le 26 octobre, c'est-à-dire la veille de sa proclamation oJBTrant des récompenses pour l'assassinat des Anglais ; il avait donc arrêté en même temps le cofnmerce •étranger et le commerce anglais. On évaluait le i4 novembre à I 5ii 459 dollars la valeur des marchandises appartenant aux négociants anglais, conservées dans les magasins chinois, dont le Commissaire impérial avait interdit la livraison.
Le 3 décembre, le capitaine Cowper est tué pendant la
84 l'affaire de l' « ARROW »
démolition des maisons chinoises autour des factoreries. Le 4 décembre au matin, l'amiral Seymour bombarde et s'empare en ne perdant qu'un seul soldat d'infanterie de marine du fort « French FoUy » qu'il s'empresse de faire démolir complètement.
OCENDIE DES FACTORERIES, l4 DECEMBRE l856*
Un peu après onze heures du soir, le i4 décembre, alors que Parkes était absent de Canton, l'incendie éclate dans plusieurs endroits de la rue des Treize Factoreries. Les ruines de Hog Lane avaient été enlevées, mais celles des maisons détruites quelque temps auparavant par le capitaine Cowper, jonchaient encore en partie le sol ; de ces débris, le feu s'étend bientôt à Old China Street et aux bâtiments de derrière de la maison Dent ; malgré des secours rapides, la marée étant basse, l'eau manque et le feu ne tarde pas à s'attaquer aux factoreries qu'il dévore toute la nuit ; le lendemain matin, à la place des factoreries, il ne restait qu'un monceau de ruines au milieu desquelles s'élevaient les bâtiments de Russell et C° et de Fisher, agent de la Compagnie péninsulaire, ainsi que le pâté de maisons appartenant à W.-H. Wardley et C®. Sans aucun doute l'incendie avait été allumé par ordre des autorités, car on avait vu des hommes courir comme des démons sur le lieu du sinistre avec des torches enflammées. Ce qu'il y eut de plus regrettable dans ce désastre fut la perte de la bibliothèque du Club House formée par le D"" S. Wells Williams, ainsi que la destruction des presses qui avaient servi à l'impression des ouvrages du savant sinologue, du Chinese Repository et autres livres importants.
Le feu recommença le i5 ; M. 0. T. Lane, assistant du
I. Further Papers relative to ihe Proceedings of Her Majesiy's Naval Forces at Canton. Presented... 1857, ia-fol., p. 34.