‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 51 sur 285 · M. DE COURCY A SIR JOHN BOWRING · texte numérisé non relu

M. DE COURCY A SIR JOHN BOWRING

Macao, le a a novembre i856.

Monsieur le Plénipotentiaire,

M. le Gte Kleczkowski a eu l'honneur de vous faire connaître, en mon nom, les motifs qui ont engagé M. TAmiral Guérin à retirer des Factoreries le détachement qu*il y avait envoyé pour y protéger le Vice-Consulat et le Pavillon de France.

Nous n'avons plus maintenant à Canton aucun intérêt matériel à couvrir de notre protection et nous croyons en conséquence,

I . Le comte Kleczkowski rendit visite en effet à Sir John Bowring le a I novembre pour lui annoncer que le lendemain le pavillon français ne serait pas hissé sur le consulat et qu*il ne restait aucun Français dans la factorerie.

GoKDiER. — Expéd. de Chine i857-58. 6

S'2 l'affaire de L « ARROW »

M. l'Amiral et moi, que notre impérieux devoir est de n'y point exposer plus long-tems nos couleurs nationales à des outrages qu'il ne faudrait attribuer, en ce moment, qu'à l'ignorance de la populace, mais dont nous devrions rendre le Gouvernement chinois responsable, bien qu'il nous fasse lui-même l'aveu de son impuissance à la contenir.

Toutefois, je n'aurais pas hésité, en ce qui me concerne, à diflérer quelque tems encore, l'exécution de la mesure dont M. le Cte. Kleczkowski vous a fait part, si je n'avais pris soin d'instruire le Gouvernement chinois, ainsi que j'ai eu l'honneur d'en informer V. E. par ma dépêche du i6 courant, de l'adhésion morale que j'entendais donner à votre cause dans ces graves circonstances, tout en maintenant une neutralité de fait qu'il ne me serait pas permis de rompre sans l'autorisation de S. M. Impériale.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer à V. E., M. le Plénipotentiaire, que cette adhésion est un nouveau témoignage aux yeux du Gouvernement chinois de cette identité d'intérêts et de cette unité de vues qui doivent diriger nos efforts vers le but commun de la revision des traités.

Veuillez agréer, etc., etc.

(Sig.) G^ René de Gourcy.

Je ne crois pas utile de donner le détail du dialogue écrit échangé les jours suivants entre Bowring et Yé.

AMÉRICAINS ATTAQUÉS, l5 NOVEMBRE

Les Chinois, avec la plus insigne maladresse, allaient transformer un des neutres en belligérant. Plus tôt que les Français, les Américains ayant pensé (i5 nbvembre) qu'il était inutile de rester dans les factoreries, M. Sturgis, chef de la maison Russell et G®, s'adressa au commodore Armstrong, commandant les forces américaines, qui désigna le capitaine Foote, du Portsmouthy pour aller à Canton chercher ses compatriotes. Au moment où le capitaine Foote et M. Sturgis passaient devant les batteries delà Barrière, le plus grand fort de la rive gauche fit feu sur leur bateau quoiqu'il portât les couleurs américaines. Croyant à une erreur, M. Sturgis

Page 1