‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 71 sur 285 · LETTRE DE YÉ A M. DE COURCY · texte numérisé non relu

LETTRE DE YÉ A M. DE COURCY

Canton, le 3 février 1857.

J*ai pris connaissance de la dépêche que Vous m'aviez adressée. Noble Envoyé, le 21® jour de la 12*' lune de Tannée dernière (le 16 janvier 1867) et que j*ai reçue le 8^ jour de la présente lune (le a février 1857). La nouvelle de Tempoisonnement du pain à Hong-kong m*a indigné et attristé d'autant plus profondément que l'amitié et la bonne harmonie subsistent, comme d'habitude entre la Chine et Votre Noble Empire. Mais depuis que, sans raison ou cause, les Anglais continuent leurs hostilités, durant des mois entiers, en incendiant et brûlant une infinité d'habitations du peuple et d'établissements de toute sorte, des familles entières sans nombre s'en trouvent nécessairement réduites à la misère et les populations de tous les districts ne respirent plus contre eux que haine et vengeance. On peut s'en apercevoir à tout propos, et votre dépêche le dit bien que « lorsque la haine s'empare d'un peuple il ne pense qu'à se venger et, en écartant les droits de la raison, il n'y a qu'un désir, celui de nuire à son ennemi ».

Quoi qu'il en soit, l'auteur de l'empoisonnement est un être abominable : mais il se trouve actuellement à Hong-Kong et il me serait difficile d'instruire son procès. Quant à ce que vous me dites par rapport à la distinction à établir « qui est l'ennemi et qui ne l'est pas », j'avais déjà donné mes instructions à ce sujet. Je suis convaincu, en même temps. Noble Envoyé, que vos nationaux ne feront rien de leur côté pour troubler la paix. Ce ne seront certes point les civilisés (les Chinois), qui manqueront à ce que les rites prescrivent à leur égard, pour donner origine à des troubles et démêlés.

Je profite de cette occasion pour vous renouveler les meilleurs souhaits de toute sorte de prospérité^.

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