YÉ A M. DE BOURBOULON I^I
Si un Mémorial était adressé à la Cour, en des termes obscurs ou confus, avant que le cas ait été dûment examiné au siège du Gouvernement (de la province qu'il concerne) et sans que le fait ait été bien constaté, S. M. Impériale, sans aucun doute, ordonnerait très-positivement que Ton procédât à de nouvelles investigations pour prononcer ensuite sur raffaire.
Mais elle ne prendra jamais une décision à la légère et sans que toutes les informations nécessaires soient prises et réunies.
Je suppose que les Affaires publiques de votre Noble Empire ne se traitent pas non plus différemment.
Comme le magistrat du district de Si-lin est un employé de la province du Rouang-Si, c'est au Gouverneur de cette province qu'il appartient de bien examiner, point par point, pour savoir conunent est mort ledit missionnaire et, ensuite, me transmettre ofliciellement à Canton toutes les circonstances du fait, pour que je puisse alors, d'après ces renseignements authentiques, adresser un Mémorial à la Cour et lui demander ses ordres.
Quant à l'expression <c satisfaction » mentionnée dans votre dépèche, comme l'article du traité relatif à la propagation de la foi chrétienne * par les sujets de votre Noble Empire dans les cinq ports ouverts au commerce n'en fait aucune mention, il me paraît que ce que vous dites. Noble Envoyé, dans ce paragraphe, n'est pas d'accor^ avec le traité ; ce n'est pas à dire, toutefois, que je ne veuille accéder en rien à ce que vous me demandez.
En somme, aussitôt que les renseignements relatifs à l'affaire du missionnaire Chapdelaine m'auront été transmis officiellement de la province du Kouang-Si, je ferai mon possible pour les porter à la connaissance de S. M. I., afin qu'elle me fasse connaître ses ordres.
Vous connaissez, Noble Envoyé, très-bien les affaires du Gouvernement, vous ne pourrez donc laisser d'en apercevoir également toute l'importance.
Je profite de l'occasion qui se présente de vous répondre. Noble Envoyé, pour vous exprimer mes souhaits des plus grandes félicités.
Communication en réponse fort importante.
Le 17* jour de la S'' lune de la 7" année de Hien-Foung'^.
I. Il n*y a pas d'article du traité où il soit fait aucune mention de la «c propagation de la foi chrétienne ou des missionnaires », mais Tarticle a 3 du traité, au 2^ alinéa, porte : « Si contrairement aux présentes dispositions, des Français quels qu'ils soient, s'aventuraient, etc., etc. ».
3. Pour trad. conforme, Macao, le ai avril 1857. (Sig.) J. M. Marques.