YE A M. DE BOURBOULON
Canton, le ii avril 1857.
Le i6c jour de la 3* lune (le 10 avril), j'ai reçu» Noble Envoyé, votre communication officielle datée du 10® jour de la même lune (du 4 avril) me disant que « la dépêche que je vous avais adressée au sujet de Taffaire du Missionnaire Ghapdelaine n'était pas une réponse sérieuse à votre communication ».
J'avoue, moi Commissaire Impérial, que lorsque j*ai lu ce qui précède, cela m'a été tout à fait inexplicable. L'année dernière, en effet, à peine avais-je reçu le 4® jonr de la 8® lune (le 2 sept. i856) la dépêche du Noble Chargé d'Affaires, G^® de Courcy, que, sans perdre de temps, je lui adressai ma réponse en termes clairs et précis, en écrivant à la fois (au gouverneur du Kouang-Si) pour qu'il instruisît l'affaire dont il s'agit, n^ais comme par suite de l'insurrection, les chemins étaient devenus impraticables, les communications des autorités entre elles s*en trouvèrent arrêtées et on ne peut pas dire que le délai qui en est résulté ne fût pas justifié. Plus tard, lorsque vous m'avez écrit vous-même, Noble Envoyé, j'adressai une nouvelle dépêche au Gouverneur du Kouang-Si, en insistant sur une prompte réponse et j'ai demandé audit Gouverneur qu'il mît à exécution la démission du magistrat de Si-lin et procédât à l'enquête.
Pour tout ce qui regarde cette affaire, je puis dire que j'ai agi ^ avec la plus grande justice. Du chef-lîeu de la province du Kouang-Si au district de Si-lin, il y a plusieurs mille lis, et la distance qui sépare ce district de la capitale du Kouang-Toung est encore plus grande et elle ne peut se comparer à celle d'un endroit qui se trouverait proche et situé dans la même province.
D'ailleurs, les affaires publiques de l'Empire du Milieu, que le lieu où elles prennent naissance soit proche ou éloigné, doivent toutes être d'abord soigneusement examinées et éclaircies dans la province même, pour être ensuite portées de là à la connaissance Impériale.