RÉPONSE DE M. DE BOURBOULON A HO, II AVRIL
Bourboulon, Envoyé extraordinaire, etc., etc., à Ho, Commissaire Impérial de Chine, Gouverneur général des Deux kiang, etc., etc.
Chang-Haï. le n avril 1860.
Le Soussigné a l'honneur d'accuser réception au Gouverneur
\l. DE BOURBOULON REMPLACÉ PAR LE BARON GROS 167
Général des deux Kiang de la dépèche que S. E. lui a transmise tout récemment, portant la date du 5 courant et lui communiquant la réponse faite par le Cabinet de Pe-King à l'ultimatum du Gouvernement Impérial de France. Cette réponse n'étant pas une acceptation pure et simple dudit ultimatum, le Soussigné regrette d'avoir à annoncer au Gouverneur Général des Deux Riang qu'il la considère comme un refus catégorique de la part du Gouvernement chinois, de toute satisfaction pour une longue série de griefs dont la France a à lui demander le redressement, justifiant à l'avance toutes les mesures que le Soussigné, dans la poursuite de cette juste réparation, jugera le mieux appropriées à cet effet. Il y a d'ailleurs un fait qui, à part ce refus, sullirait à lui seul à rendre impossible tout arrangement pacifique du différend qui divise les deux Empires. Ce fait c'est l'oubli constant de la part du Cabinet de Pe-Kirig des égards et de la courtoisie dus au Haut" Représentant de l'un des plus puissants Empires du monde. Le Soussigné ne saurait admettre en effet, qu'en s'adressant au premier Ministre de Chine, comme il l'a fait pour lui transmettre l'ultimatum de son Gouvernement, il n'en reçoive pas une réponse directe. C'est un procédé, répété du reste plusieurs fois, cpii ne témoigne que de l'arrogance et ce ton est inexplicable dans la position respective où se trouvent la France et la Chine. Le Soussigné s'empresse d'en informer le Gouverneur Général des Deux Kiang et le prie de vouloir bien porter ce qui précède à la connaissance du Cabinet de Pe-King.
(Sig.). A. Bourboulon.