‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 123 sur 271 · CAPTURE DE^TING-HAÏ · texte numérisé non relu

CAPTURE DE^TING-HAÏ

« Ce qu'il y aurait peut-être à faire en Chine : « Envoyer des renforts à Canton ; y prélever pour nos caisses, le tiers ou la moitié des revenus de la Douane ; mettre garnison dans les factoreries de Chang-Haï ; protéger les comptoirs d'Amoy, de Fou-tchcou et de Ning-po ; s'emparer de la grande île de Chousan et la garder pour la France, comme l'Angleterre tient Hong-kong, prendre la ville de Tam-soui dans l'île de Formose, où se trouvent d'abondantes mines de charbon. »

« Dès les premiers jours d'avril, au moment où la mousson commence à souffler du sud au Nord, il faudrait s'établir aux îles Mia tao, et de là croiser et arrêter dans le golfe de Pe Tche-li, toutes les jonques qui apportent les riz à Pe-King. »

CAPTURE DE TUNG-HAÏ, 21 AVRIL l86o.

Le 18 avril, environ 2000 Anglais de Hong-kong et 200 soldats français d'infanterie de marine tirés de Canton s'embarquaient pour les Chou-san et le lendemain l'escadre qui les portait jetait l'ancre à l'île de Kin-tang, à l'embouchure de la rivière de Ning-po; le général Grant et les deux amiraux commandaient l'expédition ; Montauban était resté à Chang-Haï.

Le 21 avril au matin, les forces alliées parurent devant Ting-Haï, capitale de la grande Chousan, dont ils trouvèrent les forts désarmés et les mandarins nullement disposés à la résistance ; le soir même, les étrangers occupèrent les forts, les portes de la ville et la rade. Une convention fut passée entre les alliés et les mandarins pour régler les conditions de l'occupation et quatre commissaires furent nommés ; deux Français : le lieutenant-colonel Martin des Pallicres, commandant militaire, avec M. de Méritens, interprète de la légation de France, comme commissaire, auquel fut adjoint plus tard le capitaine Dabry ; deux Anglais : le général llecves, comme commandant militaire, avec le viceconsul de Ning-po et un capitaine comme commissaires.

Le 10 avril, le général Grant retournait à Hong-kong.

\n[\ PREMIÈRES BOSTILITÉS. LES t'aI-p'iNG

Le 19 avril, l'amiral Charrier, arrivé la veille à Wousoung, rencontrait pour la première fois le général de .Monta 11 ban.

Pendant le mois de mai, la concentration de la flotte française s'opérait à Wou-soung, tandis que Hong-kong servait de base aux forces anglaises.

Le mois qui vient de s'écouler depuis la date de ma dernière dépêche, écrivait M. de Bourbonlon an ministre des affaires étrangères, Chang-Haï le 29 mai, à pari l'arrivée successive et la réunion à Wou-Soung" après un voyage en somme des plus heureux de toutes les forces composant notre expédition, — n'a été signalé par aucun fait saillant, marquant un nouveau pas dans la marche des événements et peut se résumer quant à la conduite des représentants des Gouvernements alliés, dans une attitude d'inaction qui trouve naturellement sa. raison d'être, si non son entière justification dans l'annonce de l'intention des deux Gouvernements de renvover ici les Ambassadeurs signataires du traité de T'ien-tsin pour prendre de nouveau en mains la haute direction des affaires si fâcheusement laissées inachevées par eux il y a deux ans.

Il y a du dépit dans cette dernière phrase.

les t'aï-p'ing

En dehors des étrangers, un grand danger menaçait la Chine et plus particulièrement les environs de Chang-Haï. J'ai raconté ailleurs1 la terrible rébellion qui mit le trône mandchou à deux doigts de sa perte : les T'aï-P'ing qui s'étaient emparés de Nan-King en i853, en avaient fait le siège de leur empire, se répandaient dans toute la vallée du Yang-tseu, cependant que le gouvernement impérial, au lieu de presser les rebelles dans leur capitale, perdait son temps et gaspillait son argent à fortifier les approches du Pei-ho.

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