‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 155 sur 271 · LETTRE DU GENERAL MONTAUBAN AU BARON GROS · texte numérisé non relu

LETTRE DU GENERAL MONTAUBAN AU BARON GROS

IQ JUILLET l86o.

Quartier général de Tche-fou le 19 juillet 1860.

Monsieur l'Ambassadeur,

J'ai l'honneur de vous accuser réception de la dépèche que V. E. m'a adressée le 17 juillet courant.

Les communications qu'elle renferme étant entièrement conformes aux instructions que j'ai reçues de S. E. le Ministre de

LETTRE DU GÉNÉRAL MONTAUBAN AI BARON GROS ^Sn

la Guerre, il ne me reste plus qu'à poursuivre, d'après le désir que vous m'en exprimez, au nom du Gouvernement de l'Empereur, les opérations militaires qui doivent vous conduire à T'ien- Tsin, lieu chois' par vous et votre collègue, Lord Elgin, pour ouvrir des négociations avec le gouvernement impérial.

Dans cet ordre d'idées, vous me demandez, M. l'Ambassadeur, de vous faire connaître, en tems et lieu, les dispositions que j'aurais prises et les résultats obtenus, pour atteindre le but proposé ; voici où nous en sommes aujourd'hui :

Après des obstacles de toute nature dont V. E. a eu sans doute connaissance, je suis parvenu à compléter tout ce qui était indispensable pour le succès des opérations militaires dont la direction m'est confiée, et je suis prêt à partir, il ne me reste plus qu'à presser l'embarquement du matériel nécessaire.

Une circonstance imprévue s'est cependant présentée et pourra occasionner un retard qui, dans aucun cas, n'ira au delà du a5 de ce mois, pour que toute l'expédition (personnel ou matériel) commence son embarquement pour le personnel et l'achève pour le matériel.

Cette cause de retard, qui peut se produire, tient à un changement de plan dans la direction des opérations que je pensais pouvoir entreprendre en débarquant au sud des forts du Peï-Ho, par suite d'une reconnaissance faite par M. le Contre-Amiral Protêt, reconnaissance dont le résultat se trouve aujourd'hui complètement contredit par le rapport d'une dernière reconnaissance faite en commun par le service de la marine et celui de l'armée de terre.

Ce dernier rapport constate l'impossibilité physique d'un débarquement sur la cote du Pc Tche-li, au sud du Peï-Ho.

11 devient dès lors indispensable qu'une nouvelle conférence ait lieu entre les chefs anglais et français pour arrêter de nouvelles dispositions d'attaque, et Lord Elgin, avec lequel j'en ai causé, a expédié de suite un bâtiment à vapeur pour engager le général en chef anglais, Sir Hope Grant et l'amiral Hope, à venir se concerter de nouveau avec l'amiral Charncr et moi.

Tel est l'état actuel de la question, M. l'Ambassadeur, mais, je le répète, le retard, que peut occasionner cet incident, sera insignifiant et je pense que si nos Alliés sont prêts, nous pourrons être tous réunis le 27 dans le golfe de Pc Tclic-li, au point assigné pour le rendez-vous des deux Hottes.

La plus grande difficulté consiste en ce moment, dans la mise à terre des troupes assez prèa «le la Hotte pour que celle-ci puisse

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