‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 165 sur 271 · PE-T · texte numérisé non relu

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y consentirent et comme il était trop tard pour pouvoir arriver avanl la nuit, je leur conseillai de venir par terre dans la matinée, tout en nie laissant la lettre à porter, et en ce moment l'individu qui est à bord est un. des deux messagers, nommés cidessus, qui y est venu à la suite de cet arrangement.

(Sig.) M. C. Morrison '.

Consul.

Remplissant les fonctions d'interprète auprès du Commandant

en chef.

La communication faite au baron Gros par le minisire américain paraît avoir eu un caractère plus grave :

ÉTRANGÈRES

A bord du Du Chayla, devant Pe-t'ang, le - août 18G0.

Monsieur le Ministre,

Le gouvernement Chinois vient enfin de rompre le silence qu'il avait gardé jusqu'ici envers nous ; mais c'est par l'organe de M. \\ ard, le Ministre des Etats-Unis, qu'il a fait proposer à Lord Elgin et à moi un projet d'arrangement pacifique qui se termine cependant par un ultimatum menaçant, surtout pour les deux Ambassadeurs. M. Ward ne m'a pas donné une copie de ce singulier document, il n'a fait que me lire la traduction anglaise qu'il en avait, et voici, si je ne me trompe, ce qu'il contient de plus remarquable.

Le gouvernement rappelle, à son point de vue, cela va sans dire, les négociations de T'ien-Tsin, pendant lesquelles l'Empereur, dans son inépuisable bonté, a concédé plusieurs privilèges importants aux nations étrangères. Il parle ensuite de l'échec que les Anglais ont essuyé devant Ta-Kou en voulant, contrairement à la raison, détruire les fortifications d'une route fermée, alors qu'on leur en indiquait une autre libre de tout obstacle.

1. Martin C. Morrison, alors consul d'Angleterre à Fou-tcheou ; •j- novembre 1870.

LE BARON GKOS A M. THOUYENEL 2 53

Enfin, arrivant aux événements du jour, il dit que l'Empereur a appris avec un profond étonnement que des soldats et des matelots français et anglais avaient, par ordre des deux Ambassadeurs récemment arrivés en Chine, débarqué à Pe-t'ang le i"1 août, chassé les habitants de la ville et occupé les forts des deux rives de la rivière ; mais que Sa Majesté voulant encore donner aux nations étrangères une preuve de sa clémence, consentait à ne pas considérer la guerre comme déclarée et demandait que les troupes alliées retournassent sur leurs navires en même temps que les troupes impériales s'éloigneraient dans l'intérieur du pays; et qu'alors les deux Ambassadeurs pourraient s'entendre avec de hauts dignitaires, et se rendre à Pe-King pour y procéder à l'échange des ratifications des traités de T'ien-Tsin ; le Gouverneur général ajoute qu'en agissant ici, de grands malheurs seraient évités de part et d'autre et la paix assurée à jamais entre L'Empire et les deux nations alliées.

Le Gouverneur-général priait M. le Ministre des Etats-Unis de vouloir bien communiquer ces propositions aux deux Ambassadeurs, et l'engageait surtout à bien leur faire comprendre que leurs troupes, assurément très habiles et très fortes sur mer, ne le seraient pas sur terre en présence des innombrables armées impériales, et qu'un second échec subi par elles aurait de plus graves conséquences que le premier ; il devait aussi bien engager les deux Ambassadeurs à réfléchir sur leur position et leur conseiller de ne pas rendre leur retour dans leur patrie absolument impossible ! Si, dans un délai de (rois jours, les propositions du Cabinet de Pe-King n'étaient pas acceptées, ou si M. N\ ard n'avait pas jugé à propos de les communiquer au B°" Gros et à Lord Elgin, les troupes impériales campées non loin de Pé-t'ang agiraient conformément aux ordres qu'elles recevaient de l'Empereur. Je n'ai pas bien compris si l'intention de M. Ward était de laisser cette communication sans réponse ou s'il voulait faire savoir au Gouvernement chinois qu'il ne lui est pas possible de présenter aux Ambassadeurs des propositions aussi inacceptables que celles dont il est question. M. AVard m'a paru très affecté de l'aveuglement dans lequel se trouve encore le Cabinet de Pe- King, et il ne comprend pas que le haut dignitaire qui lui a écrit, et qu'il considère comme l'un des hommes les plus éclairés de l'Empire, ait pu accepter la mission dont il s'est chargé. Il désespère donc de pouvoir jouer ce rôle de médiateur qu'il lui est si fortement recommandé de prendre par son gouvernement et il retourné demain à Chang-Haï en passant par Tche-fou.

a 54 pe-t'ang

Kn quittant le Du Chuvla, M. Ward s'est dirigé sur Pe-t'ang, où Lord Elgin s'est établi à bord du Granada, petit navire a ffecté au service du général Hope Grant. Le ministre américain m'a prié de communiquer à mou collègue d'Angleterre les ouvertures qu'il venait de me l'aire de la part du gouvernement du Pc Tcbe-li, mais dans le cas seulement où il ne rencontrerait pas Lord Elgin à Pe-t'ang.

La dépèche du Gouvernement chinois datée du 'i de ce mois, a été reçue le 5 par M. Ward. Je dois la considérer comme non avenue, puisqu'elle ne m'a pas été adressée officiellement et qu'elle est encore bien plus inacceptable par le fond que par la forme !

Les deux corps expéditionnaires sont débarqués et ce sont eux qui, dans deux ou trois jours, répondront à l'inconcevable dépèche du gouvernement du Pc Tche-li.

Agréez, etc. Bon Gnos.

P. S. - - Au moment où j'allais fermer cette dépêche, M. l'amiral Charncr m'envoie un document dont je puis joindre ici la traduction. J'attends donc, à tout instant, une communication de lord Elgin, car je crois que le gouvernement Chinois semble encore vouloir nous considérer comme étrangers au conflit actuel.

La malle partie d'Europe le io juin dernier est arrivée hier, et ne m'a apporté que mes journaux et quelques lettres de famille.

Je puis encore ajouter quelques mots à cette dépèche. Lord Elgin est venu de Pe-t'ang pour conférer avec moi. La communication que lui a faite M. Ward n'est pas tout à fait semblable à celle que j'ai reçue de lui ; il ne lui a pas parlé du délai de trois jours. Lord Elgin croit en outre que c'est le gouverneur du Pe Tche-li qui a pris sur lui de s'adresser ainsi à M. Ward. Il m'est impossible de comprendre que le Gouverneur ait agi sans en avoir reçu l'ordre de Pe-King.

La dépèche que Lord Elgin a reçue ce matin du Gouverneur Général n'a aucune importance, et ne change rien à sa position actuelle. L'ambassade d'Angleterre lui répondra que les affaires étant remises entre les mains des Commandants des forces alliées, il faut attendre que leur tâche soit accomplie. C'est vendredi io de ce mois que les troupes se mettront en marche sur Ta-Kou.

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