Blue Booh, p. io5, 8 heures du matin
2. Ibid. — « His Majesty lias instructed an Impérial CommisMmicr to proceed (to this place) to negotiate, and that lie will arrive immediately. Respect this. »
3. Pour copie conforme à la traduction française (sig.) B°" Gros,
RÉPONSE DÛ BAUON GKOS y-j
Le Soussigné doit clone rappeler au Gouvernement chinois qui feint inutilement de l'avoir oubliée, ou qui veut la méconnaître, quelle est la situation dans laquelle se trouvent respectivement aujourd'hui la France et la Chine et il l'expose en peu de mots.
A la suite des événements qui ont eu lieu à l'embouchure de la rivière du Peï-ho, au mois de juin de l'année i8ôg, les deux gouvernements de France et d'Angleterre considérant leurs pavillons comme ayant reçu une grave insulte de la part du gouvernement chinois, lui ont demandé les satisfactions cpii seules pouvaient amener le rétablissement des bonnes relations entre la Chine d'une part, et les deux autres Puissances de l'autre. En ce qui concerne la France, le ministre de l'Empereur à Chang-Haï a présenté au Gouvernement chinois des demandes de réparation clairement formulées. C'est au mois de mars dernier que l'autorité chinoise les a reçues, et elle a été bien formellement avertie que si dans un délai de 3o jours, le Gouvernement chinois n'accordait pas, de bonne grâce, ce qui lui était demandé, les affaires seraient remises entre les mains des Commandants de terre et de mer, en route déjà pour venir en Chine, et que ces Commandants auraient à employer la force pour obtenir du Gouvernement chinois ce qu'il n'aurait pas voulu accorder de bonne volonté.
Le Gouverneur général sait, sans aucun doute aussi, que la réponse que le Gouvernement chinois a faite au ministre de France n'a été qu'un refus dérisoire, et que dès lors le temps des négociations ayant cessé, on a donné aux troupes qui arrivaient d'Europe l'ordre d'employer leurs armes pour contraindre leCouvernement chinois à céder.
Cette position est celle qui existe aujourd'hui et aucune démarche sérieuse de la part du Gouvernement chinois n'est venue la modifier.
Les troupes européennes ont déjà enlevé, sans peine, une partie des forts qui défendent l'entrée du Peï-Ho et celte rivière sera bientôt libre.
Le Soussigné regrette vivement qu'il ait été nécessaire d'en venir à l'emploi de la force, et il voit avec peine que dans la dépêche du noble Gouverneur, il ne se trouve aucune assurance de la part du Gouvernement Cbinois de la résolution où il serait de se conformer aux traités, assurance qui aurait, pu motrVer peut-être l'intervention du Soussigné pour arrêter le cours des opérations militaires en voie d'exécution.
Si mieux conseillé qu'il ne l'est en ce moment le Gouvernement chinois accède, sans arrière-pensée, aux demandes qui lui
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oui été faites au mois de mars dernier, et s'il donne de suffisantes garanties de sa lionne foi, L'ambassadeur de France sera prêt à écouter les liants fonctionnaires qui seront duement autorisés à traiter avec lui, et«al sera heureux «le contribuer ainsi au rétablissement de la paix.
Le Soussigné recevra toujours avec la considération qu'elles méritent les communications qui lui seraient adressées en bonne forme par un Commissaire impérial muni de pleins pouvoirs, mais il doit déclarer formellement qu'il n'est pas autorisé à se départir des demandes présentées an Gouvernement chinois dans l'ultimatum dont il a été parlé ci-dessus.
Le Soussigné souhaite au noble Gouverneur tout le bonheur qu'il mérite1.
Lord Elgin écrivait le 16 au général Grant qu'il avait reçu trois dépêches des Chinois, mais comme il était d'avis que les forts du Pei-ho devaient être entre les mains des Alliés avant d'accepter aucun ternie, il faisait traîner les choses en longueur, quoique la chose devint de jour en jour plus difficile, un Commissaire impérial étant en route, envoyé de Pe-King2.
Une nouvelle dépèche de Heng-fou annonce que A\ en Tsiun et Iïeng-K'i ont reçu Tordre de se rendre de Pe-King à Pe-t'ang au devant des Plénipotentiaires qu'ils accompagneront à la capitale pour l'échange des ratifications des traités.