REPONSE DU BARON GROS A KOCJEI-LIANG
T'ien-Tsin, le 28 août 1860.
Le Soussigné, etc., etc., etc., a reçu hier la lettre que S. Exe. le Haut Commissaire Koueï-Liang lui a fait l'honneur de lui écrire le 25 de ce mois, pour lui annoncer qu'ayant reçu de Sa Majesté le sceau de Commissaire Impérial, il allait arriver à T'ien-Tsin pour s'occuper, de concert avec Son Exe. le Gouverneur Général du Pc Tche-li, et le Soussigné, de l'échange des traités et de la solution de chacun des articles de l'ultimatum présenté par la France au Gouvernement chinois, dans le mois de mais dernier, clauses, ajoute Son Excellence, qui peuvent toutes être arrangées à l'amiable.
Le Soussigné, en recevant cette importante communication, veut se féliciter d'abord d'avoir encore pour collègue, pendant la seconde mission qu'il remplit en Chine, l'homme éminent qui avait négocié avec lui le traité de T'ien-Tsin, signé en 1808, et il accepte avec plaisir les assurances qu'il lui donne que toutes les clauses de l'ultimatum pourront être concédées à l'amiable. Malheureusement une pénible expérience n'a que trop prouvé que la parole donnée et les engagements pris par le Gouvernement chinois ne sont pas toujours scrupuleusement tenus, et il faut maintenant que des faits accomplis ou des garanties matérielles
1. Pour copie conforme à la traduction française, sig. Bor Gros a. Jllue linok, p. 1 5 1 .
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suffisantes viennent assurer pour l'avenir les intérêts qu'il s'agit de protéger.
Le Soussigné veut donc, avant toute chose, bien préciser la position dans laquelle se trouve aujourd'hui la question actuelle et il le fera aussi succinctement cpie possible.
A la suite des événements qui ont eu lieu à l'embouchure de la rivière de T'ien-Tsin, au mois de juin de l'année dernière, les deux Gouvernements de France et d'Angleterre considérant leur pavillon comme ayant reçu une grave insulte de la part du Gou vernement chinois, lui ont demandé les satisfactions qui, seules pouvaient amener lerétablissement des honnes relations qui existaient auparavant entre la Chine d'une part et les deux autres puissances de l'autre. En ce qui concerne la France, le Ministre de l'Empereur à Chang-Haïa présente au Gouvernement chinois des demandes de réparation nettement formulées, et ce dernier a été bien averti que si dans un délai de 3o jours, le Gouvernement chinois n'accédait pas de bonne grâce à ce qui lui était demandé, la solution des affaires serait remise entre les mains des Commandants en chef, qui auraient à employer la force pour obtenir ce que l'on refusait d'accorder volontairement.
S. Exe. sait parfaitement que la réponse du Gouvernement chinois n'a été qu'un refus dérisoire et que dès lors, le temps des négociations à l'amiable ayant cessé, on a donné aux troupes qui arrivaient d'Europe, l'ordre d'employer la force pour contraindre le Gouvernement chinois à céder.
Les troupes européennes, débarquées à Pe-T'ang, ont enlevé d'assaut les forts de la rive gauche du Peï-ho; les forts de la rive droite ont dû se rendre le même jour. La rivière de T'ien-lsin a été débarrassée des obstacles que l'on avait accumulés pour en rendre l'entrée impossible, et les Commandants en chef, arrivant devant T'ien-tsin, par eau et par terre, se sont emparés de la ville et en occupent militairement les abords, sans vouloir v entrer, par ménagement pour la nombreuse population inoffensive qui s'y trouve.
Les Ambassadeurs de France et d'Angleterre signataires du traité de T'ien-tsin, s'y trouvent établis.
Le Soussigné regrette vivement qu'il ait été nécessaire d'en venir à l'emploi de la force et il doit déclarer qu'il lui est encore impossible de demander aux Commandants en chef de suspendre les opérations combinées pour assurer le succès de la mission qu'ils ont à remplir, mais ce qui n'empêchera pas S. Exe. et son honorable collègue de conférer avec le Soussigné pour rétablir la