LES CONSÉQUENCES DES TRAITÉS DE TIEN TSIK
derniers des conditions équivalentes par les traités qu'ils signèrent à T'ien-tsin le i/i3 juin et le 18 juin 1808.
11 fallait encore plusieurs expériences semblables pour que les Chinois se rendissent compte qu'ils n'étaient pas capables de lutter par la force contre les étrangers et pour que ceux-ci comprissent que sur le terrain de la diplomatie leurs adversaires inlassables n'étaient jamais à court d'arguments pour arrêter la marche d'un adversaire victorieux ; la parole des uns eut souvent raison des armes des autres.
Il était facile d'ailleurs pour tout esprit observateur de s'apercevoir que les traités de T'ien-tsin, tout au moins celui conclu par l'Angleterre, n'étaient qu'une trêve. La Chine désireuse d'éloigner de sa capitale les Barbares d'Occident s'était hâtée de signer le document libérateur, quitte à en rejeter plus tard les clauses qui lui paraissaient inacceptables.
Un des articles du traité anglais arraché — malgré les conseils de ses collègues français, russe et américain — par lord Elgin à la faiblesse chinoise suffisait à lui seul pour rendre le traité impossible à l'orgueil de l'Empereur mandchou : celui qui était relatif à la résidence permanente des agents diplomatiques étrangers à Pe-King ; Hien-Foung, il était évident, ne sanctionnerait jamais l'article d'un traité qui permettait à des barbares méprisés de résider dans sa capitale et que les hasards de la vie dans la même ville pouvaient l'exposer à rencontrer ; il ne quitterait sa demeure lointaine de Djehol que lorsqu'il serait assuré qu'un contact aussi dégradant lui serait épargné.
Sans aucun doute, les, Chinois avec leur ténacité remarquable tenteraient de regagner un peu du terrain perdu et d'obtenir sinon le retrait total, tout au moins l'abandon partiel des clauses des traités qui leur paraissaient léonines. Ils allaient d'ailleurs avoir l'occasion de rouvrir les négociations à propos de la discussion du tarif commercial dont rétablissement était prévu par les articles 26 et 28 du traité unglais cl les articles 9 et 27 du traité français.