‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 207 sur 271 · La lettre porte Tingtchou · texte numérisé non relu

La lettre porte Tingtchou

Cordier. — Expcd. de Chine, 1860. 20

3o6 t'ien-tsih

ordre de choses el leur demander d'activer la suite des opérations militaires en voie d'exécution, et que, par condescendance pour le Gouvernement Chinois, comme pour donner du repos à mis troupes, sous le climat énervant de ces contrées, nous avons ralenties de fait au moins, sinon de droit.

A cette nouvelle de la marche immédiate des troupes alliées vers Pe-King, les Commissaires impériaux se sont émus et nous ont écrit pour nous supplier d'attendre quelques jours encore, tant ils étaient certains que des pleins pouvoirs allaient leur èlre envoyés. Mais quelle confiance pouvions-nous avoir en la parole de gens qui nous avaient trompés avec tant d'audace ! Une seule réponse était possible, c'était que nous allions partir, que nous nous arrêterions à T'oung-tcheou et que là tout pourrait peutêtre s'arranger ; mais que nous irions encore plus loin, si de nouvelles déceptions nous y attendaient.

L'escorte considérable, que les Commandants en chef avaient déjà préparée pour nous accompagner pacifiquement à Pe-King s'est transformée tout de suite en une division, à laquelle on a attaché quelques batteries d'artillerie, et au lieu d'aller à Pe-King avec mille hommes de chaque armée, en grande tenue, nous allons aller à T'oung-tcheou avec sept ou huit mille soldats et 3o pièces de canon.

Le Général Grant et Lord Elgin partent demain matin a\ec une avant-garde de i ooo hommes. Le Général de Montauban et l'ambassade de France quitteront T'ien-Tsin, après-demain matin, avec 3 ooo hommes; mais le reste de l'armée suivra par dissions, mais nous nous arrêterons tous à T'oung-tcheou, où nous saurons s'il faut nous retirer, la paix étant conclue, ou si nous aurons à nous porter plus au nord. Je suis convaincu du reste que le gouvernement cédera et que nous n'aurons pas à regretter le départ de l'Empereur pour la Tartarie. On le dit, d'ailleurs, très malade et hors d'état même d'être transporté.

Je crois, Monsieur le Ministre, que ces derniers événements sont plus utiles à nos intérêts que nuisibles, ils nous permettent de déployer des forces considérables jusqu'en vue de la capitale, el nous autorisent à devenir plus exigeants pour le Gouvernement chinois que nous ne l'aurions peut-être été sans cela.

Je laisse cette dépèche à T'ien-Tsin, d'où elle partira par la première malle que l'on enverra en Europe.

Agréez,... (Sig.) Bon Gros.

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