LE BARON GROS AU PRINCE TSAÏ ET A MOU
Au camp do Ngan-Tsine, 11 sept. 18G0.
Le Soussigné, &c. , a reçu ce matin la dépèche que LL. EE. &c. . lui ont fait l'bonneur de lui écrire pour lui annoncer que l'Empereur leur avait donné l'ordre de se rendre à T'ien-tsin pour s'entendre avec le Soussigné, et ils l'engagent à éviter les inconvénients d'une mardi e sur T'oung-tcheou, dans la crainte (pie le peuple et les troupes n'en soient alarmées et que de lâcheuses conséquences n'en surgissent.
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LL. EE. savent parfaitemenl qu'à T'ien-tsin le Soussigné .1 donné des preuves irrécusables de son désir de voir se rétablir la paix, puisqu'il a été jusqu'à négocier officieusement, avec K.oueï-
Liang et ses collègues, une convention qui avait été acceptée par eux, après plusieurs discussions particulières, et que lorsqu'il a fallu signer cette convention, on a allégué qu'il était indispensable d'en référer à Pe-King.
La crainte d'éprouver de nouveaux retards el probablement aussi de nouvelles déceptions a déterminé le Sous>i»né à se rendre à T'oung-tcheou où de nouvelles négociations pourront encore avoir lieu, si toutefois de nouveaux obstacles ne viennent encore nécessiter l'emploi de mesures plus efficaces.
LL. EE. savent parfaitement que le Commandant en cbef des troupes françaises a fait tout ce qu'il faut pour prévenir les alarmes des populations; mais si les événements que LL. EE. semblent appréhender devaient résulter de la détermination prise par le Soussigné, ce serait le Gouvernement Chinois qui seul en serait responsable.
Le Soussigné, etc.
1 1 septembre 18G0, (Sig.) Bon Gros.
Le lendemain, 12 septembre, le baron Gros confirme ces vues dans une nouvelle dépêche adressée aux Commissaires impériaux.
LE BARON' GROS AUX COMMISSAIRES IMPERI Al \
Yang-tsoun, 12 septembre 1860.
Le Soussigné a reçu à lang-tsoun la dépêche que LL. EE. lui ont fait l'honneur de lui écrire le 1 1 septembre, dépèche dont il est inutile de rappeler le contenu. Le Soussigné voit avec un vif chagrin que le Gouvernement chinois semble vouloir encore ne pas comprendre la position dans laquelle son manque de lovauté l'a placé. Le Soussigné s'en réfère donc à toutes les dépèches qu'il a eu l'honneur d'écrire aux autorités chinoises depuis son arrivée dans le golfe de Pe Tche-li.
Les hostilités, commencées à cette époque, n'ont point été suspendues par cette seule raison que la Chine n'a pas encore donné'
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à la France les satisfactions qu'Elle exige : mais ces hostilités ont été un moment ralenties de fait, sinon de droit, et par bienveillance pour le Gouvernement Chinois, lorsqu'à T'ien-tsin le Soussigné a cru pouvoir espérer que la paix allait être rétablie sérieusement.
Déçu dans ses espérances, le Soussigné a dû demander aux Commandants en Chef des forces françaises d'activer les hostilités, et si à son arrivée à T'oung-tcheou, où il compte se rendre, les Commissaires Impériaux accèdent enfin de bonne foi aux demandes qui ont été faites, la paix sera rétablie, les hostilités cesseront, et l'Ambassadeur, accompagné seulement de l'escorte convenable à son rang se rendra amicalement à Pe-King pour y procéder à l'échange des ratifications du traité de T'ientsin. Si, au contraire, le Gouvernement chinois, méconnaissant encore ses véritables intérêts, permettait que l'on cherchât à entraver la marche des troupes qui se rendent à T'oung-tcheou, les hostilités continueraient au delà de cette ville et l'armée marcherait immédiatement sur Pe-King.
Que LL. EE. choisissent donc, ou la paix à T'oung-tcheou, ou la guerre avec ses conséquences. Le Gouvernement Chinois de- Arait comprendre qu'en dernier résultat elles ne peuvent pas lui être favorables.
Le Soussigné, etc. (Sig.) Bon Gros.
Par une nouvelle dépêche du i3 septembre, les Commissaires impériaux acceptent toutes les conditions des Alliés, font préparer à T'oung-tcheou ce qui est nécessaire pour les conférences après lesquelles les Plénipotentiaires pourront remonter à Pe-King avec une escorte conforme à leur rang ; Tsaï et Mou demandent également que les troupes ne dépassent pas Ho-si-wou. Les Plénipotentiaires acceptèrent les propositions des Chinois. .
LE BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPERIAUX
16 septembre 18O0.
Le Soussigné, etc., a reçu la dépèche que LL. EE. lui ont fait l'honneur île lui écrire le l3 de ce mois, pour lui dire que tout