GUET-APENS Ï)K T OUNG-TCHEOU
serait préparé à T'oung-tcheou pour l'y recevoir, afin que, dans des conférences tenues ensemble, les Plénipotentiaires français et cbinois s'entendissent sur les articles qui ont été convenus à T'ien-tsin au sujet du rétablissement de la paix, et qu'après avoir signé et revêtu du sceau la convention donl il s'agit, et que LL. EE. acceptent dans toutes ses clauses, le Soussigné se rendrait à Pc-King avec sa suite et l'escorte convenable à son rang, mais LL. EE. demandent avec instance au Soussigné que les troupes françaises, dont une partie est déjà arrivée à Ho-si-wou, ne remontent pas plus au nord et campent dans les environs de ce village, où les autorités cbinoises leur enverront ce dont elles pourraient avoir besoin. LL. EE. allèguent à ce sujet que, les troupes du Nord ne dépendant que des Autorités militaires, les Commissaires n'ont aucune action sur elles, et que si un conflit avait lieu, il pourrait nuire au désir qu'ils éprouvent de conclure la paix.
Enfin LL. EE. demandent que le Soussigné, en se rendant à T'oung-tcheou et à Pe-King ne se fasse accompagner que par une faible escorte et sans armes ; elles offrent aussi au Soussigné les moyens de faciliter son voyage et terminent leur dépêche en exprimant le vœu qu'elles font de voir la paix se rétablir et ne doutent pas que les sentiments du Soussigné ne soient identiques à ceux qui les animent à ce sujet.
LL. EE. rendent pleine justice au Soussigné, en ne doutant pas du vif désir qu'il éprouve de voir la paix se rétablir promptement, mais il ne peut vouloir qu'une paix qui donne une entière satisfaction aux demandes de la France, une paix garantie par des actes, car l'expérience a démontré combien peu le gouvernement chinois est fidèle à sa parole.
Par esprit de conciliation et à la prière de LL. EE. , le Soussigné consent à ce que lavant-garde de l'armée française, arrivée déjà à Ho-si-wou, n'entre pas dans T'oung-tcheou, et qu'elle campe à 5 ou 6 milles en avant de cette ville. Quant au Soussigné, il se rendra à T'oung-tcheou avec l'escorte convenable à son rang. Les Commandants en Chef accompagneront le Soussigné avec un millier d'hommes d'élite.
Cette dépèche sera remise à LL. EE. par le premier secrétaire de l'Ambassade de France, le Cte de Bastard, accompagné par deux interprètes, il donnera à LL. EE. toutes les explications nécessaires et on pourra prendre les arrangements qui seraient de nature à faciliter le voyage du Soussigné à T'oung-tcheou et à Pe-King.
LES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX AU BARON GROS 3l3
Le Soussigné espère ainsi que la paix sera bientôt rétablie, et que rien ne sera fait maintenant par les autorités chinoises pour tromper cet espoir.
Je saisis, etc.
En conséquence, le premier secrétaire de l'ambassade, le comte Léon de Bastard, porteur de cette lettre du baron Gros et accompagné de M. de Méritens, interprète, se rendit le 17 auprès des Commissaires impériaux à T'oung-tcheou : ceux-ci répondirent à la communication de notre ambassadeur par une dépêche acceptant toutes nos conditions.