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COMBAT DE PA-LI-K'lAO 320
Les généraux décidèrent de tourner les deux ailes ennemies ; Montauban s'appuyant sur le canal et le village de Lio-tsang, opérait à droite ; à gauche, le général Michel avec la cavalerie soutenue par le général Grant et l'infanterie, poussait vigoureusement l'ennemi sur la route de Kouatsoun et enfonçait son aile droite ; devant l'impétuosité de l'attaque des Alliés, dans laquelle périt le lieutenant de Damas, les Tartares reculent ; à 3 heures, les deux colonnes s'étaient rejointes et l'ennemi avait disparu ; l'infanterie française bivouaquait à Koua-tsoun, à dix kilomètres environ de T'oung-tcheou ; les Anglais poussèrent au delà jusqu'à Ïchang-Kia wan.
Le lendemain, 19, Lord Elgin envoyait M. W ade à T'oung-tcheou pour sommer le gouverneur de cette ville de rendre les prisonniers ; dans le cas où satisfaction ne lui serait pas donnée, les armées alliées marcheraient sur Pe- King ; hélas, les malheureuses victimes du guet-apens, en proie aux souffrances causées par les tortures et la chaleur, roulaient depuis longtemps sur la route de la capitale, brisées par les cahots des horribles véhicules chinois qui les transportaient aux lieux de nouveaux supplices.
Cependant Seng-Ko-lin-ts'in était déterminé à couvrir la capitale en arrêtant les Alliés au pont de Pa-li-K'iao, que traverse la grande route dallée qui conduit à Pe-King. Le 20, les Alliés décidaient d'attaquer l'armée tartare en évitant la ville murée de T'oung-tcheou et passant par le village de "Wang-koua-yé. C'est à huit li de cette ville que se trouve le pont de marbre qui traverse le canal conduisant du Pei-hoaux fossés de Peking, d'où le nom de Pa-li-K'iao (pont à huit li).
COMBAT DE PAï.I-k'iAO, 21 SEPTEMBRE l86o.
L'armée française marchait directement sur le pont de Pa-li-K'iao : les Anglais, prenanl la gauche, devaient tra-
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verser le canal sur un pont de bois, à trois kilomètres plus loin pour prendre l'ennemi à revers, pendant que nos troupes, environ 800 hommes, les attaquaient de face. Le 21, les colonnes se mettaient en marche par un temps beaucoup plus Irais ; Collineau menait le train à l'avant-garde avec Jamin à droite et Sutton à gauche ; un moment séparé du reste des troupes, le canon des Alliés arrêta l'élan des Tartares lancés contre lui. Le pont sur lequel flottait l'étendard de Seng-Ko-lin-ts'in était emporté ; à midi, le combat, commencé à 7 heures, était terminé ; ce qui restait des 3oooo Tartares de Seng-Ko-lin-ts'in fuyait au loin, éparpillé dans la campagne : les troupes alliées s'établirent dans les tentes abandonnées par les soldats du Seng-Wang. Ce brillant l'ait d'armes qui valut au général Montauban le titre de comte de « Pa-li-Kao » ne nous coûtait que 20 hommes hors de combat, dont 0 tués. Les pertes de la cavalerie anglaise n'étaient pas plus considérables. Je suis passé à Pa-li-K'iao une douzaine d'années après le combat, et les traces des balles sur le parapet du pont témoignaient encore de la chaleur de la lutte.
Ce ne fut que plus tard que l'on apprit que le général Cheng-Pao avait fait décapiter près du Pa-li-K'iao l'abbé Deluc et le capitaine Brabazon dont on ne put retrouver les corps.