PROJET DE NOTE
Le Soussigné &a;„areçu la lettre que LL. EE. lui ont fait remettre par le Ier Secrétaire de Son Ambassade, qui avait en l'honneur de les voir à T'oung-tclieou, mais les graves événements qui se sont passés depuis ce jour-là ont empêché le Soussigné d'y répondre plus tôt.
Lorsque pour mettre à exécution les arrangements convenus entre LL. EE. et le Soussigné, et dont la dépêche dont il est question était la pleine confirmation de la part des Commissaires impériaux, les troupes alliées de la France et de l'Angleterre se sont avancées, pleines de confiance vers le terrain sur lequel il avait été convenu qu'elles établiraient leur camp et alors qu'elles en étaient encore assez éloignées, l'armée larlare, violant avec perfidie le droit des gens el les plus simples notions de l'honneur
3a8 l'A-l.l-k'lU). » I SEPTEMBRE l86o
a laissé blesser ou tuer quelques Européens qui revenaient paisiblement de T'oung-tcheou où ils s'étaient rendus comme parlementaires el pour y prendre des arrangements relatifs à la position que la paix allait créer, et dans son orgueil, le Seng-wang a cru pouvoir attaquer l'avant-garde des Alliés qui lui a fait subir une déroute complète.
Les troupes alliées, par suite de la conduite déloyale du Seng- Il ang se sont trouvées déliées des engagements qu'elles avaient pris et qu'elles remplissaient avec honneur. Elles ont, à leur tour attaqué le camp de Palikiao, où s'était réfugié le Srni/- Wang après sa première défaite et l'ont forcé à fuir une seconde fois, laissant son camp tout entier au pouvoir des Alliés, après avoir sacrifié inutilement les meilleurs de ses soldats.
LL. EE. ont écrit plusieurs fois au Soussigné que leur parole était sincère et qu'ils n'agiraient pas comme Kouei-liang, qui avait manqué à la sienne; le Soussigné les croit fermement. Il ne sera donc pas déçu dans son espoir. La paix peut être encore signée à T'oung-tcheou, comme il en avait été convenu de part et d'autre, il n'y aura de changé dans la position que la double défaite des troupes du Seng- Wang, et le campement des forces alliées qui se trouvera auprès de T'oung-tcheou, au lieu d'être auprès de Tchang-kia-wan.
Les conférences peuvent donc être tenues à T'oung-lcheou comme il en avait été convenu, et après y avoir signé une convention de paix, le Soussigné pourra se rendre à Pe-king pour y procéder à l'échange des ratifications du traité de i858. Les troupes françaises, campées près de la capitale, retourneront alors à T'ien-tsin lorsque tout sera terminé à Pe-Ring.
Le Soussigné attendra pendant deux fois 2/jbeures une réponse à cette importante communication, cjui donne encore au Gouvernement chinois un moven de conclure la paix.
Le Soussigné doit déclarer formellement à LL. EE. que S. M. l'Empereur des Français désire sincèrement que l'Auguste Dynastie qui règne aujourd'bui sur l'Empire Cbinois se maintienne sur le trône et s'y raffermisse ; or, dans l'esprit du Soussigné, la prise et l'occupation de Pe-King par les troupes alliées, pourrait lui faire courir de véritables dangers, et le Soussigné veut encore tenter un dernier moven de conciliation avant de laisser cette chance se produire. Ainsi donc, ou la paix encore à T'oung-tcheou, ou la marebe des troupes alliées vers le Aord.
Le Soussigné profite, «\r.
(Sig.) : Bon Gros.