LE BARON GROS AU PRINCE ROI NG
3o septembre 1860.
Le Soussigné, etc., a reçu ce matin à 8 heures la dépêche (pie S. A. I. le Prince Koung lui a fait l'honneur de lui écrire hier pour lui adresser des propositions inacceptables, au lieu de profiter simplement, en cédant, aux demandes modérées et raisonnables du Soussigné, de la meilleure occasion qui lui ait éié offerte de conclure promptement une paix honorahle.
S. A. I. a été clairement prévenue par la dernière dépêche du Soussigné que si, dans la journée d'hier, 29 de ce mois, les officiers français el anglais détenus contre le droit des gens dans Pe-king n'élaientpas rentrés dans leurs camps respectifs, les Commandants en Chef des troupes alliées auraient à agir suivant les circonstances.
La journée d'hier s'est passée sans que les détenus français et anglais aient été mis en liberté. Les Commandants en chef ont donc été ce matin informés de ce fait, et ils prendront, dès qu'ils le jugeront convenable, toutes les mesures qui leur paraîtront nécessaires pour obtenir par force du Gouvernement chinois ce que, malgré notre bonne volonté et notre condescendance, il nous a été impossible d'obtenir à l'amiable.
Le Soussigné, etc.
Bou Gros.
LE PRINCE K.OUNG AU BARON GROS 343
LE BARON GROS AU GENERAL MONTAUBAN
Pa-li k'iao, le Ier octobre 1860.
Monsieur le Général,
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint une traduction de la réponse que j'attendais du Prince Roung et une copie de la note que j'ai dû lui écrire hier. Vous verrez par ces documents que le Gouvernement chinois nous oblige de nouveau à recourir encore aux mesures coercitives et que c'est aux Commandants en chef des forces alliées à agir selon les circonstances et conformément au plan arrêté au quartier général français dans la conférence qui a eu lieu entre les deux ambassadeurs et les deux généraux en chef, hier dans la journée.
Si au dernier moment, le Prince, mieux inspiré, nous envoyait par tous les détenus anglais el français qui se trouvent entre ses mains, l'acceptation pure et simple de nos propositions, j'aurais l'honneur de vous en faire part immédiatement, mais je ne conserve, je l'avoue, aucun espoir à cet égard.
Veuillez, etc.
(Sig.) Bon Gros.
Une nouvelle lettre du prince Koung, écrite le même jour, était aussi peu satisfaisante que les précédentes.
LE PRINCE KOUNG AU BARON GROS
Le ior octobre 1860.
Roung, Prince de la famille Impériale et Haut Commissaire, l'ait la communication suivante:
Cette dépêche est écrite pour répondre à celle que j'ai reçuede V. E., ce matin à huit heures, et dont j'ai parfaitement compris le contenu.
Quant à la mise en liberté de vos compatriotes, je vous ai déjà dit que, la paix n'étant pas encore signée, ce ne serait pas les traiter avec considération que de vous les renvoyer immédiatement.
Quanl au traité conclu il \ a deux ans, et à la Convention négociée à T'ien-tsin, j'\ ai donné mon approbation la plus complète el je ne comprends pas que vous puissiez dire que je me refuse à accorder vos demandes. Il esl probable que V. E. n'aura pas lu attentivement les dernières dépêches que je lui ai adressées, ou que les interprètes ne les auront pas bien traduites.
Si votre noble Empire emploie la force des armes pour nous contraindre, non seulement nous aurons à regretter une paix déjà conclue, niais je craindrai que vos nationaux, en ce moment dans la capitale, ne puissent être suffisamment protégés. — Cependant, comme le consul anglais Parkes est connu depuis longtemps par son habileté à parler et à écrire le chinois, je vais nommer un délégué pour s'entendre avec lui, afin qu'ils règlent tout ce qui sera relatif à une entrevue avec les deux représentants de la France et de l'Angleterre et à la signature de la Convention. Pourquoi donc votre noble Empire est-il aussi méfiant? Que nos délégués respectifs se réunissent immédiatement pour convenir du moment où le traité sera siimé.
Telle est la réponse que j'adresse à S. E. le Baron Gros, etc.
Le Ier octobre 1860.
Le baron Gros fait encore preuve de patience puisque malgré la marche déjà commencée des armées alliées, il offre le Ier octobre au soir au prince Koung d'accepter des délégués pour arriver à une entente, si les prisonniers sont rendus immédiatement.