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LE BARON GROS AU PRINCE KOUNG

17 octobre 1860.

Le Soussigné, etc., etc., a reçu la dépèche que le Prince Koung lui a l'ait l'honneur de lui écrire le 12 de ce mois, et il veut v répondre avec une franchise qui ne pourra blesser en aucune manière S. A. Impériale puisque le Soussigné, sans jamais pouvoir s'écarter de la vérité, cherchera seulement à la rappeler à S. A. qui semble la mal comprendre ou l'avoir oubliée.

Le Prince Koung part d'un principe qu'il appuie sur un fait quin'existe pas: il dit, à plusieurs reprises, que la paix étant laite, il ne comprend pas pourquoi les troupes françaises marchent en avant et continuent les hostilités. Le Prince se trompe, la paix n'est pas faite, les hostilités commencées à Pe-t'ang n'ont jamais été suspendues, et tous les Commissaires impériaux, auxquels le Soussigné a dû répondre, ont été toujours prévenus que les hostilités ne cesseraient que lorsque la paix serait signée, or le Prince Kouni; sait bien que la paix n'a pas été signée.

A T'ien-tsin, tout pouvait se terminer à l'amiable, tout était convenu, lorsque la perfidie du Gouvernement chinois est venue tout rompre, et forcer les troupes alliées à marcher sur T'oungtcheoa, en déliant en même temps le Soussigné des engagements qu'il avait pris envers les Commissaires impériaux.

Tout pouvait encore être arrangé plus tard à T'oung-tcheou puisqu'il avait été convenu que les troupes alliées camperaient à 6 milles en avant de cette ville dans laquelle le Soussigné se rendrait ensuite avec une escorte d'honneur pour conclure la paix. S. A. I. sait parfaitement que le général Sêng-ko-lin-ts'in, violant les engagements pris par le Gouvernement chinois, a

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attaqué les armées ailiers avanl même qu'elles ne fussent sur le terrain désigné par les Commissaires chinois, el que par cette nouvelle perfidie que l'armée chinoise a payée cher, puisqu'elle a subi la défaite la plus complète, il a forcé encore les armées alliées à marcher en avant et a délié le Soussigné des engagements

qu'il \ «'liai I «le prendre de nouveau,

\ l'a h k'iao, l'armée chinoise a été mise en déroute bien plus encore qu'à Tchang-Kia wan, et là enfin, malgré la déloyauté avec laquelle le Gouvernement chinois a violé le droit des gens dans la personne de sujets anglais et français qui. se fiant mal heureusement à la parole des autorités chinoises qui les avaient bien accueillis à T'oung-tcheou, sons le caractère sacré de parlementaires, ont été pris, liés de cordes, et traités comme des malfaiteurs, tout pouvait encore s'arranger. Le Soussigné a écrit alors bien clairement à S. A. I. elle-même, (pie si, dans la journée du lendemain, les détenus anglais et français étaient rendusdans leurs camps respectifs, la paix pourrait être signée aux conditions convenues et que les troupes françaises se retireraient, mais que si les prisonniers n'étaient pas rendus dans la journée, ces troupes marcheraient immédiatement sur Pe-King. S. A. I. n'a pas voulu rendre les détenus dans la journée dont il est question. Elle a demandé au contraire que les troupes françaises s'éloignassent d'abord, que la paix fût signée, et elle a dit qu'alors seulement Elle rendrait les détenus. Le Prince a donc su ce qu'il faisait et en refusant de rendre les détenus, il a forcé les Uliés à marcher sur la capitale.

C'est pendant cette marche et par conséquent pendant la guerre que les troupes alliées ont pris le Palais d'été de l'Empereur. Elles ne l'ont point pillé, comme le dit S. A. L, elles n'ont fait que partager entre elles et conformément aux lois de la guerre une prise de guerre que le sort des armes avait fait tomber entre leurs mains, et le Prince doit savoir que si le palais a été ensuite saccagé et incendié, c'est par les bandes de brigands chinois qui se trouvent partout, et sur lesquelles à Ho-Si-Wou, par exemple, les Alliés ont été obligés de tirer, lorsqu'elles sont venues pour piller et ravager dans ce village les habitations de leurs propres compatriotes.

Ceci étant bien établi et S. \. I. ('tant un Prince trop éclairé pour en méconnaître la justesse, le Soussigné consent encore a saisir l'occasion qui se présente de conclure la paix, si le Gouvernement chinois, abandonnant le système de fourberie et de déloyauté qui lui a si mal réussi jusqu'à présent, veut enfin

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