LES VICTIMES DU GUET-APENS DE T OUÎNG-TC1IEOU
Le vendredi, 12 octobre, quatre Sikhs arrivaient au camp ; ils avaient été pris avec le lieutenant Anderson, de la cavalerie de Fane, et De Normann, attaché de M. Bruce; le premier, pris du délire, était mort dans d'atroces souffrances le neuvième jour de son emprisonnement ; le second avait succombé trois jours après; plus tard, quatre autres Sikhs, capturés avec Phipps et des officiers français, arrivèrent à leur tour; puis vinrent trois soldats français qui étaient restés seuls.
Le dimanche i/j, dans l'après-midi, deux Sikhs rentrèrent au camp ; ils avaient été prisonniers avec Bowlby ; l'infortuné correspondant du Times, déjà âgé, était mort le cinquième jour -de sa capture. Puis ce fut, le soir, le défilé des cercueils renfermant les restes de De Normann, d'Aiidcrson et de deux Sikhs ; la chaux que les Chinois avaient pris la précaution de mettre près des corps n'empêchait pas de voir à quelles tortures les malheureuses victimes avaient été soumises.
Le 16, arrivèrent les corps de Bowlby et Phipps et des
autres Sikhs; jusqu'au 18, ce fut le lugubre défilé des
cercueils contenant les corps martyrisés des nos compatriotes,
, e colonel d'artillerie Foullon-Grandchamps ', l'officier d'ad-
1. Charles Foullon-firaïKlcliamps, né à Caen (Calvados), 1 1 novembre
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ministration \<lri •', le sous intendanl Dubut*, el leurs ordonnances, Bonicho, Ozouf el Blanquet. Il fallail ajouter à cette liste funèbre les noms de l'abbé Deluc el du capitaine Brabazon, décapités près de l\i li k'iao3.
Sur vingl six prisonniers anglais, treize étaient morts et treize étaienl rendus; sur treize Français, sept étaient morts, six étaienl revenus.
I n cri d'horreur se lit entendre dan- les camps alliés : l'aspect des cadavres restitués, l'étal des pi isonniers survivants témoignaient de la plus brutale manière à quels abominables traitements avaient été soumises les victimes du guet-apens de T'oung-tcheou : on comprenait les délais apportés par le prince ECoung à la remise à leurs compatriotes des martyrs de Pe-King et du Youen-Ming-Youem Les atrocités chinoises ne pouvaienl rester impunies: aucun doute n'était permis à cet égard ; quel était l'instigateur et le principal coupable de ce- crimes : il fallait remonter jusqu'à la personne de l'Empereur ; mais Hien-Foung avait fui à Djehol ; le bourreau avait mis prudemment une barrière entre lui et les justiciers. Les Anglais, et ils avaient raison, voulaient punir personnellement ce grand coupable; le général Grantet lord Elgin crurent lui porter \\n coup sensible en détruisant sa résidence d'été du Wan-cbeou chan, à côté de l'enceinte murée du Youen-Ming-Youcji ; je ne pense pas que la solution lût bonne : nous donnions au\ Chinois le sentiment que nous étions vraiment des Barbares ; d'autre part, on ne venge pas
i. Jean-Pierre-Prosper Ader, né à Neyrac (Lot-et-Garonne), iG janvier 181 \.